Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°3797 |
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Morbihan (56)
Avec les restructurations externes, le Morbihan manquerait de porcelets
 
Le moins que l'on puisse dire est que la situation vis-à-vis des règles environnementales est loin d'être claire. Pour l'instant, la restructuration reste liée à la directive nitrate en Zes et la "respiration" annoncée par le ministre de l'agriculture il y a déjà bien longtemps n'est pas applicable faute de nouveaux textes.
Tout ceci, rend la situation intolérable pour les producteurs, pris entre des cours qui restent excessivement faibles et des obligations de traitements pour certains. Ceci est encore plus vrai dans le Morbihan où les ateliers porcins restent dans l'ensemble de tailles modestes.
Un protocole sur le regroupement d'ateliers en ZES avait été acté par le CDH morbihannais pour faciliter la volonté professionnelle d'avancer sur la résorption. Une association écologiste a dénoncé le "laxisme" morbihannais et alerté la préfète de région sur ce dossier des restructurations.
Selon Hervé Knockaert, directeur de la DDSV, une réunion régionale importante doit avoir lieu la semaine prochaine, pour une harmonisation des règles : "Les grands principes sont définis et nous sommes en phase finale de négociation régionale. Des discussions sont encore en cours, mais pour la restructuration, il y aura bien un cadrage régional".
Les responsables porcins FDSEA et JA du département craignent cette harmonisation car les situations sont très différentes selon les départements.


Limiter le rapatriement des charcutiers

Une des particularités du Morbihan est d'avoir une activité d'engraissement de porcs relativement importante, souvent en complément d'une autre production. Ainsi, il manquerait dans le département 94 000 truies pour remplir les places potentielles d'engraissement s'il n'y avait pas de porcelets à venir des autres départements, en particulier du Finistère et un peu moins des Côtes d'Armor.
D'où la crainte pour les Morbihannais de voir les éleveurs de ces départements rapatrier les places de porcs charcutiers. Ou, pire encore, acheter des droits à produire à prix élevé. C'est pour cela que la profession morbihannaise a demandé aux départements limitrophes une limitation des transferts pour éviter une perte du potentiel départemental qui pourrait s'avérer importante, avec en plus une surenchère des éleveurs de ces départements. En se basant sur les prix de cessation avicole (14 euros le m2 avec 4,3 unités d'azote), les prix pratiqués par les Finistériens pour la place de porc seraient de 46 euros (300 F). C'est pour ces raisons que les responsables morbihannais demandent de limiter l'accès à la restructuration aux sites d'élevage d'un même département et les cantons limitrophes
Les Finistériens n'ont évidemment pas apprécié cette intervention morbihannaise et ont demandé en contre-partie de bloquer tout projet de restructuration ayant pour objet une progression du cheptel truies. Chacun défend son bout de gras.

Autoriser de nouvelles places de truies

Cette mesure de blocage du cheptel truies pénaliserait évidemment beaucoup le Morbihan qui est très déficitaire en reproducteurs alors que le Finistère en particulier est très excédentaire.
Si cette mesure s'appliquait, on pourrait imaginer un scénario où les éleveurs finistériens excédentaires en truies rapatrient leurs places d'engraissement et l'on pourrait ainsi avoir dans le Morbihan de 700 à 800 000 places d'engraissement inoccupées. Ce qui serait évidemment intolérable pour l'économie porcine morbihannaise, tant au niveau des éleveurs que des abattoirs et de la transformation.
Pour les éleveurs morbihannais, il est vital que l'on puisse augmenter le nombre de truies, évidemment à production brute d'azote équivalente, c'est-à-dire en pratique en remplacement de places de charcutiers
Face à une telle situation, on pourrait craindre aussi que des importations de porcelets (ou plutôt des "échanges intra communautaires" pour reprendre l'expression de H. Knockaert) se mettent en place, avec tous les risques sanitaires que cela comporte. Sur ce plan, le directeur de la DSV affirme : "Les échanges sont autorisés et nous ne pouvons pas les empêcher, mais si des porcelets arrivent, je ferai faire des enquêtes dans les élevages, mais pour l'instant je n'en ai pas connaissance".
Toujours dans le domaine de l'environnement, la profession morbihannaise demande également la possibilité d'un traitement partiel de l'azote pour les exploitations en faible dépassement. Ce traitement devant ramener la production azotée en dessous du plafond d'obligation de traitement cantonal. Ce serait la seule solution pour permettre aux petites exploitations porcines de traiter sans se mettre en péril sur le plan économique.

J L Le Rest





Des avancées pour l'équarrissage

À côté de tous les dossiers difficiles de l'environnement, il est au moins un dossier, celui de l'équarrissage, qui semble avancer favorablement pour les éleveurs. Pour le porc, la Commission Européenne aurait donné son accord pour que le coût soit porté en pied de facture, au moins pour le porc frais. C'est donc une avancée mais avec pour l'instant une incertitude pour les produits transformés.
Ce problème de l'équarrissage est extrêmement important car, s'il n'était pas répercuté au consommateur, le coût en serait très élevé pour les éleveurs. Ainsi, dans le Morbihan, la facture globale, toutes productions confondues, s'élèverait à près de 13 millions d'euros. Soit en moyenne par exploitation plus de 1 700 euros (plus de 11 000 F). Pour un élevage de volailles de 2 500 m2, le coût serait de 4 500 euros, pour 146 truies de plus de 4 700 et pour 40 vaches de 471 euros.


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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 16 Avril 2004
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