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À sa dernière assemblée générale, le Contrôle laitier du Morbihan a présenté une étude comparative sur la complémentation de vaches dont la moyenne d'étable est à plus de 9 000 kg. Elle est réalisée à partir des résultats des bilans de campagne au 31 mars 2003. Il s'agit donc bien de résultats réels observés et non de simulations. Cette étude était aussi un moyen de valider ou d'infirmer les préconisations des techniciens du Contrôle laitier.
Plus d'azote et moins d'énergie pour les concentrés du commerce
L'étude compare deux groupes d'élevages à plus de
9 000 kg où les uns utilisent exclusivement des aliments concentrés du commerce et les autres des aliments simples soja et céréales. Le premier groupe compte 105 élevages et
le second 31. Les productions moyennes sont tout à fait comparables (un peu plus de 9 500 Kg). C'est le cas également pour les niveaux vêlage tant des primipares que des multipares ou encore des systèmes fourragers (38-39% de maïs dans la SFP).
Les quantités de concentrés consommées sont un peu supérieures dans le lot céréales + soja (1656 kg contre 1 475 kg, voir tableau). Ce qui correspond respectivement à 173 grammes de concentré par litre de lait contre 155 g. On note surtout une différence au niveau de la composition. Les concentrés du commerce utilisés sont un peu plus faibles en UFL (0,98 contre 1,01) mais surtout sensiblement plus riches en azote (234 PDIN contre 191). Ce qui, compte
tenu des valeurs et des quantités distribuées, permet au groupe céréales + soja de produire 1,6 kg de plus sur les UFL mais 1,9 kg de moins sur les PDIN.
Plus de taux avec céréales et soja
Si les quantités de lait produites sont à peu près les mêmes pour les deux lots, les taux sont un peu différents et favorables au soja + céréales. Le TB est supérieur de 0,8 point et le TP de 0,5 (sans doute grâce à une meilleure couverture en énergie). Ceci correspond à un prix supérieur de 4,60 euros/1 000 litres. Ce qui pour un quota de 250 000 litres représente une plus value de 575 euros.
Au plan de la fécondité, les différences ne sont pas très significatives mais vont dans le sens favorable au soja + céréales (404 jours d'intervalle entre vêlages contre 406 jours). La fertilité va dans le même sens avec 45,2% de réussite en 1ère IA contre 42,7.
Des différences de coûts
Le prix des concentrés soja + céréales est logiquement moins élevé que celui des autres concentrés (166 euros la tonne contre 207 en 2002). Ce qui, compte tenu des quantités effectivement utilisées et des productions effectives, donne un coût aux 1 000 litres de 32 euros pour le soja-céréales et 35 euros pour l'aliment acheté. Soit pour un quota de 250 000 litres et les quantités réelles consommées, une économie de 867 euros pour les céréales-soja.
Si l’on rajoute la plus value sur les taux et la dépense en moins, l'économie annuelle est de 1 442 euros pour 250 000 litres de quotas et 2 018 euros pour 350 000 litres.
De ces montants, il y aurait éventuellement lieu de déduire les coûts d'investissement. Le Contrôle laitier a calculé qu'avec un investissement à neuf (cellule, ventilateur, vis aplatisseur et divers) le retour sur investissement se fait en 3 ans et demi pour 250 000 litres et 2 ans et demi pour 350 000 litres de quota.
Une étude sur les concentrés et les minéraux
Dans le cadre de son observatoire des aliments, le Contrôle laitier réalise pour la seconde année des analyses de concentrés vaches laitières du commerce. 35 aliments ont été prélevés. Au vu des premiers résultats, certains s'avèrent toujours un peu "hors normes" (par rapport aux valeurs annoncées). Pour le calcul des valeurs alimentaires, certains fabricants se refusent toujours à fournir la formule ouverte.
Dans le même temps, une série d'analyses est également en cours sur les minéraux (31 échantillons de 13 fournisseurs). Les premiers résultats font apparaître quelques petites différences avec les teneurs annoncées. Et surtout, on constate qu'il n'y a pas obligatoirement de relation entre le prix et la qualité. Le prix moyen à la tonne s'établit à 476 euros, avec des extrêmes de 295 à 1 680 (soit de 1,93 F à 11 F le kilo). À moins de 400 euros la tonne, les éleveurs peuvent avoir un bon minéral.
Jean Louis Le Rest
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