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La dernière session de la Chambre d'agriculture a été pour l'essentiel consacrée aux perspectives de la démographie agricole et des volumes de production libérés de ce fait jusqu'en 2013.
Cette étude est basée sur les seuls départs en retraite à l'âge normal, sans intégrer les départs prématurés. De ce fait, les résultats sont différents d'une étude démographique régionale qui elle les intègre. Pour la Chambre, ces départs prématurés ne peuvent être basés que sur des hypothèses et peuvent varier beaucoup en fonction de la conjoncture et des perspectives.
Une pyramide des âges équilibrée
Sur 10 200 exploitations recensées, seulement 7 400 ont été retenues pour l'étude, mais elles représentent la quasi-totalité des productions animales. Le premier constat est le rééquilibrage de la pyramide des âges des chefs d'exploitation. En 1985, plus de 60 % des producteurs de lait avaient plus de 50 ans alors qu'ils ne sont plus que 35% actuellement.
Plus globalement, dans chaque tranche d'âge de 30 à 60 ans, on constate maintenant un équilibre et il n'apparaît pas de «papy boom», contrairement à ce que l'on pouvait attendre.
En fonction de ces âges, la restructuration «potentielle» des exploitations serait de 20% d'ici 2007, 32 % jusqu'en 2010 et
42 % jusqu'en 2013, avec toutefois une évolution annuelle qui va diminuant (300 exploitations par an dans les 5 prochaines années et 250 par an de 2011 à 2013). Ces départs en retraite concerneraient, jusqu'en 2013, un tiers des terres.
Une étude plus fine pour les productions animales, fait apparaître sur la même période des «mouvements» de 30 à 33% pour le lait, le porc et la volaille et supérieurs à 40% pour les vaches allaitantes ou encore les veaux de boucherie et les brebis.
Ainsi pour le lait, qui concerne une majorité d'agriculteurs, les volumes libérés seraient, en moyenne sur les prochaines années, de 27,5 millions de litres par an (2,7 % du quota) contre 50 millions de litres en 1985.
Marges de manœuvre limitées
Pour la Chambre d'agriculture, le premier enseignement de cette étude est clair : «La seule évolution démographique liée aux départs en retraite ne dégage pas à elle seule les marges de manœuvre suffisantes pour faire face aux enjeux qui nous sont posés et pour répondre à la nécessité d'évolution de nos structures d'exploitation». Ainsi, à titre d'exemple, les volumes libérés annuellement en lait permettraient d'installer 110 exploitants à 250 000 litres ou de conforter 500 exploitations à
55 000 litres. Rappelons que l'an dernier il y a eu en Morbihan 74 installations en lait (contre 194 en 1996).
Pour les autres productions animales, les conclusions pourraient être assez comparables. Plusieurs élus ont regretté que l'évolution n'ait pas été étudiée pour les productions végétales. Elle pourrait l'être de la même manière que pour les productions animales et, on peut imaginer que les conclusions ne seraient pas très différentes.
Revoir le projet Agricole départemental
Face au constat, la Chambre d'agriculture n'envisage évidemment pas l'attentisme «qui se traduirait par un affaiblissement d'un grand nombre d'exploitations, un découragement des agriculteurs et un fort taux de départs précoces».
Elle préconise un scénario volontariste «qui aboutit à revisiter les orientations du Projet Agricole Départemental (PAD) et à modifier ensuite les outils d'application. C'est ce scénario que les JA et FDSEA ont choisi, c'est aussi notre volonté».
Pour la redéfinition à donner au PAD, la Chambre d'agriculture préconise deux orientations majeures. D'une part maintenir un politique d'installation et d'autre part favoriser les types d'exploitations qui permettent d'optimiser les moyens de production et l'organisation du travail «afin de répondre aux objectifs de compétitivité, de revenu et de qualité de vie».
Dans ce cadre, la Chambre propose de réfléchir à une politique incitative d'installations en association et de regroupements pour les exploitations existantes, à reconnaître la place des salariés avec des règles revues en conséquence. Elle souhaiterait aussi un accès plus important à la préretraite pour les plus de 55 ans ayant commencé à travailler très tôt. Ce qui permettrait plus de moyens de production pour installer et conforter.
Jean Louis Le Rest
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