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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°3746 |
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Ille et Vilaine (35)
Questions et réponses autour de la filière porcine
 
Lors de leur assemblée générale, les Jeunes Agriculteurs se sont interrogés, en prenant le cas de la production porcine, sur la place de l’adhérent au sein du groupement. Est-il avantageux pour lui que sa coopérative soit engagée financièrement dans l’aval (abattoirs) ? Est-ce que la transparence est bien réelle dans les relations entre les structures sans outils de transformation et les abattoirs ? Le marché du porc est-il représentatif ? Comment aller au-delà des querelles de chapelles dans l’organisation de la filière ? Ce qui se passe dans le porc ne préfigure-t-il pas ce qui pourrait arriver en production laitière ?

Pour éclairer le débat, le syndicalisme jeune a fait intervenir Guillaume Roué, le président de l’interprofession porcine. Ce dernier reconnaît « qu’un doute s’est installé dans le fonctionnement des coopératives et qu’un besoin de clarification est nécessaire ». Les éleveurs sont représentés par le conseil d’administration lequel délègue à des opérationnels la marche de la structure. « Il faut donc une confiance réciproque » souligne le responsable de Prestor, qui ajoute « qu’elle se contrôle et que c’est aux éleveurs de définir les lignes directrices. Mais dans certains cas, les agriculteurs n’ont pas suffisamment de culture économique pour apprécier les enjeux ». Alors il fait un appel du pied aux Jeunes Agriculteurs pour qu’ils participent davantage à la vie de la filière, « il faut avoir des convictions et savoir prendre sa place ».
Perspectives

Le rapport Porry qui prévoit une division par quatre du nombre de groupements porc de façon à créer des groupes ayant suffisamment de poids vis-à-vis des salaisonniers et de la distribution est « un bon rapport. Il ne fait qu’amplifier la tendance ». C’est une piste pour aller vers plus de compétitivité. Celle-ci sera dopée si la filière est offensive et conquérante. «Il faut maintenir une politique d’exportation », plaide le président.

Quant à savoir s’il y aura un jour un bureau de vente commun aux groupements bretons, Guillaume Roué n’en sait rien. Pourtant, à l’exportation, il faudra être plus sérieux : on ne peut abandonner un marché comme le Japon pendant deux ans pour des raisons sanitaires et y revenir facilement. « Il faut se grouper pour le faire. Avec un minimum de confiance, chacun doit y trouver un intérêt ».

Pour rassurer le consommateur sur la traçabilité et la qualité, il n’y a aucune raison d’avoir une dizaine de certification conformité produit (CCP). « Il s’en fiche et surtout ne s’y retrouve pas, un seul cahier des charges est suffisant ».
Des questions

Des enjeux de taille restent à résoudre pour la filière porcine. Il s’agit de la communication, le président de l’interprofession la cite en premier. Il est vrai que l’image de l’éleveur est largement dégradée. S’y ajoute l’environnement. « Si les éleveurs ont une part de responsabilité, les efforts commencent à porter leurs fruits. Désormais, c’est une donnée, il faut l’intégrer dans les coûts ».

La filière devra aussi apprendre à gérer d’avance les risques. Ainsi face à une maladie, un problème d’antibiotiques…, comment gère-t-on ? Il faut essayer de prévoir à froid la stratégie à mettre en place. Ce qui n’a pas été fait avec l’environnement.

Et puis il y a la question de la répartition des marges entre les acteurs de la filière. Guillaume Roué ne pense pas que cela puisse se faire dans la douceur, « il faudra montrer les dents ». Un dossier que le syndicalisme agricole connaît bien.

Quelques propositions des JA dans leur rapport
Face au coût de reprise à la hausse, les Jeunes Agriculteurs proposent de mettre en place un diagnostic de reprenabilité plus près de la réalité économique que patrimoniale. Il serait à réaliser par l’Adasea, organisme neutre.
Droits à paiement mis en place par la nouvelle Pac : les échanges doivent être encadrés au sein d’une structure comme la CDOA.
Diminuer les charges avec la réduction des coûts alimentaires (déshydratation), de mécanisation (cuma et ETA), les techniques culturales simplifiées, le coût des services dissocié des intrants fait partie des points mis en avant par les JA.

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 26 Mars au 2 Avril 2004
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