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Ille et Vilaine (35)
Le travail saisonnier mérite d’être mieux connu
 
Si l’emploi en production dans le secteur agricole représente 4500 équivalents temps plein (en pratique plus de personnes), les travaux saisonniers sont loin d’être négligeables avec plus de 500 équivalents temps plein (environ 900 personnes). Les cultures spéciales correspondent à 180 équivalents temps plein. L’Association Emploi Formation (AEF) avait mis le travail saisonnier à l’ordre du jour de son bilan annuel.

Est-il facile de recruter du personnel pour quelques semaines ou quelques mois ? Tous les moyens sont utilisés (ANPE, AEF, points relais locaux…) y compris le bouche à oreille sans oublier les anciens saisonniers qui reviennent. Reste ensuite à les intégrer dans l’entreprise.

Et là il y a problème si on juge par le chiffre surprenant de 8000 déclarations d’embauche pour seulement 1000 emplois. « Trop d’essais ne sont pas concluants », constate Loïc Chauvin le président de l’Union départementale des producteurs de légumes (une cinquantaine). Il souhaite donc de la part des organismes une meilleure sélection des candidats. Ce qui revient à mieux les informer du travail qui les attend. Martine Milan productrice de tomates à Servon le fait à son niveau en invitant au préalable les jeunes à venir sur place de façon à leur expliquer le travail qu’ils auront à faire.

Méconnaissance

« Beaucoup de jeunes ignorent que l’agriculture propose des emplois saisonniers. Ils ne savent pas où s’adresser, ni quelles sont les conditions de travail considérées souvent comme pénibles avec des horaires difficiles », constate Olivier Préault du Centre régional information jeunesse. Pour y répondre, Martine Milan adapte aussi les horaires, par exemple 4 heures par jour 3 jours par semaine pour les jeunes, 5 à 6 heures pour les femmes qui le souhaitent. Par ailleurs, les conditions de travail sont meilleures avec les nouvelles serres. Une porte ouverte aura lieu le 4 avril à Mordelles. Objectif : mieux informer les candidats potentiels pour ce type de travail.

Le secteur des travaux agricoles recrute moins de saisonniers. « Compte tenu des machines performantes et coûteuses, des délais très courts, il nous faut du personnel qualifié », explique Jean Gadby au nom des entrepreneurs. En plus, le personnel doit accepter des horaires parfois difficiles, voire longs en saison.

Il ressort aussi des différents échanges que l’ANPE connaît mal le secteur agricole et donc n’oriente pas vers ce secteur. D’une manière générale, le travail saisonnier en agriculture est mal connu. Aux acteurs de mieux communiquer.


Moins d’offres et moins de demandes d’emplois à l’AEF en 2003
L’Association Emploi Formation (AEF) qui regroupe les employeurs et les salariés de la production agricole gère une bourse d’emploi. En 2003, l’activité a chuté : 233 offres d’emploi contre 376 l’année précédente, mais également recul net des demandeurs d’emploi : 282 contre 401. « Les incertitudes qui pèsent sur les productions, les mises aux normes, la réforme de la Pac ont contribué à cette réduction de l’emploi », estime Michel Marquet, le président de l’AEF.
Ce sont les élevages laitiers et porcins qui sont les plus gros demandeurs et ceux qui offrent des contrats à durée indéterminée. Les cultures spécialisées (un quart des offres), le machinisme (7 %) et le paysage (3 %) recherchent plutôt des salariés sur des durées limitées. S’il y a recrutement, c’est dans un cas sur deux en raison d’un départ et une fois sur sept, il s’agit d’une création de poste.
Moins d’offres, mais aussi moins de demandeurs. Cela tient en partie au fait qu’un demandeur sur trois dispose d’un travail et n’envisage changer et de s’inscrire à l’AEF que s’il y a des propositions. Deux demandeurs sur trois recherchent un poste en élevage. Les offres ne sont pas suffisantes, sauf en porc. Le déséquilibre est sensible en machinisme et surtout en paysage avec moins d’offres que de candidats. En revanche, les cultures spécialisées recherchent du personnel. L’AEF reste mal connue de certains employeurs et même de l’ANPE. Il y a donc une certaine difficulté à faire se rencontrer les offres et les demandes.
L’activité de l’AEF ne s’arrête pas à la bourse de l’emploi. Elle est impliquée dans la formation des employeurs et des salariés, dans la promotion des métiers, dans les conseils à l’embauche et dans la création et le suivi des groupements d’employeurs (32 en fonctionnement).





Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 26 Mars au 2 Avril 2004
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