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Initiée en février 2003, la «Charte de bonnes pratiques vétérinaires en production porcine» a été publiée en décembre dernier et est en cours de signature par les professionnels de la branche. Un collectif de vétérinaires de terrain, salariés ou indépendants (AFMVP, AVEGS, AVSO, ITP, SNGTV), s'est réuni à plusieurs reprises pour élaborer ce document scientifique.
«L'idée vient à l'origine de l'ITP (Institut technique du porc) et du CDMP (Centre de documentation des métiers du porc) qui voyaient davantage un support de communication. Nous ne visons pas une diffusion grand public. Ce document explique nos pratiques au moment où des lois se mettent en place. Il a d'ailleurs été transmis à la DGAL (Direction générale de l'alimentation) qui pourra en tenir compte dans l'élaboration des réglementations», explique Jean-François Perzo, président de l'AVSO (Association des vétérinaires salariés de l'Ouest) et vétérinaire de la Cam (Mayenne).
Respect des bonnes règles zootechniques
La charte recommande dans un premier temps aux vétérinaires de promouvoir le respect des bonnes règles zootechniques dans les élevages : conduite en bande, hygiène, logement, gestion de l'ambiance et de l'alimentation, gestion de la quarantaine. «La maîtrise de ces différents facteurs permet à l'éleveur de préserver la santé des animaux et ainsi de limiter la prescription de traitements médicamenteux». La charte souligne par ailleurs que «les bonnes pratiques vétérinaires s'inscrivent dans une démarche générale de protection de la santé publique».
Pour pouvoir prescrire, le vétérinaire doit disposer d'une connaissance suffisante de l'élevage et donc des éléments nécessaires pour établir sa prescription. Ces informations proviendront de sources diverses : consultations ou visites d'élevage vétérinaires, commémoratifs récents et réguliers de l'élevage (prescriptions précédentes, comptes rendus d'analyses de laboratoire, d'abattoir, GTE, GTTT…), appels téléphoniques réguliers de l'éleveur à son vétérinaire, rapports de visite des différents intervenants techniques de l'élevage.
«Lorsque plusieurs vétérinaires interviennent sur un élevage (c'est le cas la plupart du temps), chaque prescripteur doit pouvoir accéder aux informations afin d'être en mesure d'assurer une continuité de soins aux animaux», continue Jean-François Perzo, en rappelant que la prescription conditionne la délivrance des médicaments vétérinaires et des aliments médicamenteux. «C'est la loi».
Adapter les traitements à la situation sanitaire et au savoir-faire
Le vétérinaire devra adapter les traitements préventifs et curatifs à la situation sanitaire de l'exploitation agricole, mais aussi au savoir-faire de l'éleveur. «Ce dernier doit être capable de bien utiliser le médicament». Les ordonnances décrivent avec précision le ou les médicaments prescrits : dénomination, forme pharmaceutique, posologie et voie d'administration, temps d'attente avant abattage et quantité à délivrer. Le vétérinaire informe l'éleveur sur les moyens à mettre en œuvre pour appliquer la prescription. «Cela peut-être un mode d'emploi sur papier», note Jean-François Perzo.
Par ailleurs, le vétérinaire est tenu de viser le registre d'élevage à chaque visite, en y précisant la date de son intervention et son nom. «Il note s'il a rédigé une ordonnance ou un compte-rendu (informations sur l'état sanitaire des animaux, diagnostics, analyses, traitements…)». Autant de pratiques qui renforcent la transparence.
Autres points de la Charte :
- Les médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l'espèce porcine sont utilisés en première intention par le vétérinaire. Sortant de ce cadre, il engage sa responsabilité professionnelle.
- Lorsqu'une AMM dans l'espèce porcine existe pour une indication donnée, le vétérinaire suit les posologies préconisées par le fabricant. "L'utilisation de concentrations insuffisantes d'antibiotiques peut favoriser le développement de souches résistantes aux anti-infectieux. L'éleveur ne fait pas un bon calcul quand il écourte la durée de traitement ou réduit les quantités, car le traitement suivant ne marchera peut-être pas".
- La prévention anti-infectieuse en milieu infecté (traitement des animaux en incubation) est réfléchie en fonction du contexte sanitaire et son maintien est régulièrement réévalué. De plus, cette prévention associe au maximum 2 spécialités anti-infectieuses.
Agnès Cussonneau
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