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Si les diarrhées colibacillaires s'expriment en post-sevrage, c'est qu'il y a des facteurs de risques présents dans l'élevage», a embrayé Philippe Leneveu en abordant le thème des pathologies digestives du sevrage à la vente, lors du forum organisé par le groupement Cecab. Et d'ajouter : «En 1997, le Professeur Martineau affirmait dans son livre sur les pathologies du porc que les diarrhées colibacillaires en post-sevrage ne sont pas primitivement infectieuses. On en déduit qu'il y a donc une dominante zootechnique».
Le sevrage, période charnière
Le sevrage est une période charnière dans la vie du porc. «Il y a le stress de la séparation et de l'adaptation à un nouveau milieu, le passage d'une alimentation lactée à une alimentation solide. Sans oublier qu'au moment du sevrage, le porcelet est au creux de la vague sur le plan de l'immunité. Alors que son immunité passive, fournie par le lait de la mère, diminue fortement, l'immunité active du porcelet se met seulement en place». Lors de cette période critique, l'éleveur a donc intérêt à protéger au mieux les jeunes animaux très sensibles à toute agression par les agents pathogènes présents dans son environnement.
«Les conditions d'élevage sont primordiales pour éviter de glisser sanitairement», appuie en effet le vétérinaire de l'Ispaia qui invite les éleveurs «à semer pour récolter».
Il poursuit : «Car vous aurez beau traiter longtemps vos animaux, le succès ne sera pas au rendez-vous si les fondamentaux en matière de conditions d'élevage ne sont pas réunies». Et de citer un facteur parmi d'autres qui est important pour la bonne santé du porcelet : «En hiver, on est souvent surpris d'un flux d'air en provenance des fosses. Cette inversion des circuits d'air favorise les contaminations ascendantes». Ce n’est pas forcément simple ou possible à corriger mais c’est un élément sur lequel il convient de réfléchir lorsque l’on rénove par exemple. Plus largement, et l'on ne le répétera jamais assez, tout ce qui touche au confort des porcelets est déterminant : température ambiante, hygrométrie, densité animale, accès à l'eau et à l'aliment, hygiène générale, qualité de l'eau, etc.
Favoriser l'ingestion précoce
Échafauder la résistance du porcelet démarre très tôt en maternité. «L'ingéré sous la mère est capital. Mais plus que la quantité elle-même, c'est le comportement vis-à-vis de l'aliment qui compte». Outre le fait que le porcelet apprenne tout simplement à mastiquer, l'ingestion précoce d'aliment favorise le développement des villosités intestinales qui permettent l'absorption des éléments nutritifs. Elle contribue à l'adaptation alimentaire. Elle favorise les performances en post-sevrage.
Pour favoriser cette ingestion dès le plus jeune âge, il faut veiller à apporter de l'aliment frais et de renouveler souvent. L’essentiel de cette consommation se fait en quatrième de lactation. Des essais anciens ont également montré que l'augette placée près du nid se conditionne l'absorption d'aliment sous la mère : 600 g par porcelet contre seulement 200 g dans d'autres conditions.
Cette attention toute particulière sur la quantité ingérée sera poursuivie en post-sevra-
ge : «La quantité ingérée en 1e semaine est un critère de suivi, un baromètre», estime P. Leneveu.
Didier Le Du
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