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Morbihan (56)
La restructuration des organisations d'élevage à l'assemblée du Contrôle laitier
 
Le Contrôle laitier avait un ordre du jour particulièrement riche cette année pour son assemblée générale, le 12 mars dernier au Lycée Le Gros Chêne à Pontivy. Nous y reviendrons ultérieurement. Le thème central était consacré à la restructuration des organisations d'élevage, avec en particulier l'intervention de Vincent Andrieu, président de France Contrôle laitier, et l'avis de responsables départementaux de diverses organisations (Chambre d'agriculture, EDE, Camia, Contrôle laitier).
Les interventions d'éleveurs ont montré qu'ils sont plutôt favorables à une remise à plat, mais on peut cependant regretter que cela tourne parfois plus au règlement de compte qu'au souci de solutionner des problèmes réels. La preuve de l'efficacité passée a été faite et tout n'est certainement pas à jeter dans les organisations que les agriculteurs eux-mêmes ont contribué à mettre en place.

La Loi sur l'Élevage a vécu

La structure actuelle de l'organisation de la génétique en France est liée à la Loi sur l'élevage de 1966. «Une loi fondatrice et structurante, initiée à un moment où nous étions en croissance et où les services se bâtissaient dans une période euphorique», selon Vincent Andrieu. Tout le monde reconnaît que cette loi a effectivement permis à la génétique bovine française de devenir l'une des plus performantes.
Mais depuis, bien des choses ont changé. Le vent du libéralisme européen est passé par là et fait la chasse à tous les monopoles. Dans le même temps, les quotas laitiers (et aussi le progrès génétique) ont eu pour conséquence une chute très sensible du nombre de vaches laitières. Ces dernières années s'est rajouté le désengagement financier de l'État, laissant une charge de plus en plus lourde aux éleveurs.
Cette charge, les éleveurs, de moins en moins nombreux (ils ne seront plus que 75 000 producteurs de lait dans 10 ans en France), ne peuvent plus l'assumer et la nécessaire «restructuration» est dans tous les esprits. Elle est nécessaire au plan de l'organisation générale nationale, mais aussi sur le terrain pour les différentes organisations de services.

Rebattre les cartes

Au plan national, les Centres d'insémination et les Contrôles laitiers mènent une réflexion, en particulier pour définir les stricts besoins en matière de génétique et proposer un cadre optimisé moins coûteux. Une réflexion qui devrait bientôt aboutir.
Cette évolution aura aussi directement des répercussions pour les organisations d'élevages de terrain (EDE, Contrôle laitier, centres d'insémination …). Mais, pour Vincent Andrieu, il faudra aller plus loin et «rebattre les cartes pour l'ensemble des organisations de services aux agriculteurs».
Le président national ne se prononce pas sur les solutions : «Je n'ai pas de crédo, c'est d'abord le travail des hommes sur le terrain. La solution simpliste consiste à penser que la restructuration est à faire d'abord chez les autres. Faut-il des mariages par famille (regroupements régionaux), ce qui en général est le plus facile à faire ou un regroupement d'organisations diverses. L'éleveur que je suis est perturbé par le nombre d'organisations auxquelles je dois adhérer. Il faut se poser la question du nombre de centres de décisions et de la taille critique. Il faudra oser la confrontation d'idées et se poser les questions par ordre d'importance. Mais nous ne ferons de progrès que dans un cadre respectueux du travail de chacun».
Y a t'il urgence à ces restructurations ? Pour Vincent Andrieu, «elle est forte pour l'organisation de la génétique et dans le sillage les services devront suivre». Pour lui, l'urgence est surtout de le faire avant d'être complètement sous la pression économique : «Il vaut mieux le faire avant d'être acculés et elle se fera sans doute plus vite là où il n'y a pas l'urgence économique».


Les restructurations dans le département

Les responsables de diverses organisations étaient invités à l'assemblée du Contrôle laitier pour donner leur sentiment sur l'adaptation de leur structure aux évolutions. Tous sont évidemment d'accords sur les constats et la nécessité de faire évoluer leur organisation.

Pour la Camia, Dominique Gragnic a souligné que la coopérative est en adaptation permanente depuis les quotas : "L'activité a baissé de 45% et le personnel a diminué dans des proportions comparables. Nous nous désengageons également de la formation pour revenir à notre métier principal".

Pour le Contrôle laitier, Hervé Michard a souligné cette même adaptation à l'activité : "Des adhérents en moins, c'est des techniciens en moins." Le Contrôle laitier travaille également de plus en plus au niveau régional : contrôle des machines à traire, formation, harmonisation de la carte des services …

Pour les EDE, le président Jean Paul Huet a confirmé la régionalisation : "L'EDE départementale va disparaître pour devenir EDE régionale avec des pôles de travail, en conservant des antennes départementales". Il a également rappelé la régionalisation déjà effectuée des fermes expérimentales et des programmes de recherche.

Pour la Chambre d'agriculture, le président Yves le Gourriérec a rappelé la difficulté de concilier la réponse aux besoins et la nécessaire diminution des coûts. Pour optimiser les ressources, il a rappelé la régionalisation effective des fermes expérimentales et de la recherche appliquée depuis plusieurs années, la restructuration des centres de formation du département qui se poursuit maintenant par une réflexion régionale, la mise en commun de moyens informatiques (un seul site internet régional) ou encore la définition de pôles d'intervention au plan régional pour diminuer certains coûts.



Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 26 Mars 2004
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