|
La FDSEA tenait son assemblée générale annuelle le 15 mars dernier à Locoal Mendon. Une assemblée avec une bonne participation des délégués locaux et aussi … d'élus (à réélire). Précédée d'un huis clos entre adhérents, l'assemblée bénéficiait de la présence du président national, Jean Michel Lemétayer. Au-delà des activités de l'année passée, deux points ont dominé cette assemblée. D'une part la réflexion sur un «nouveau projet» pour le syndicat et d'autre part les problèmes d'actualité et en particulier les préoccupations en lait.
Une réflexion interne
Comme partout et dans tous les secteurs économiques, le syndicalisme est victime de la conjoncture et beaucoup plus encore en agriculture où l'évolution démographique très défavorable se rajoute. La Fdsea du Morbihan n'échappe évidemment pas à la règle et connaît une érosion progressive de ses adhérents. Sur ce plan, elle a au moins le grand mérite de la transparence en annonçant très clairement son nombre d'adhérents : ils sont 2 100 pour 1 550 exploitations adhérentes (effet sociétés). En 1998, le nombre d'exploitations adhérentes était de 2 300.
Ce constat amène évidemment à réagir et c'est ce que fait la Fdsea en se dotant d'un nouveau projet pour tenter de remobiliser les agriculteurs. Car il est évident que l'impact d'un syndicat est lié à sa représentativité et aussi à ses moyens humains et financiers.
Partant des évolutions de l'agriculture et du contexte, les responsables ont réfléchi pour essayer de donner de nouvelles perspectives aux agriculteurs et redéfinir des leviers d'actions. Tout d'abord en s'inscrivant dans une démarche de redéfinition du projet agricole départemental. Puis en renforçant le pouvoir syndical, par le nombre et la réponse aux attentes des adhérents.
Pour cela, la Fdsea doit répondre à trois questions : Quelle agriculture pour le Morbihan, quelles valeurs défendre, quels sont les moyens à mettre en face. Les responsables ont défini trois grandes ambitions pour fédérer les agriculteurs. Elles concernent les hommes, les produits et les territoires.
Tout cela doit déboucher sur une fédération plus forte, avec plus d'adhérents, une véritable vie syndicale et une influence plus forte encore. Avec l'aide du nouveau directeur (voir ci-contre) et de toute l'équipe administrative, les responsables ont l'ambition de réussir : «Sinon on va devoir réduire la toile», affirme le président Laurent Kerlir.
Inquiétudes en lait
Les problèmes laitiers ont occupé une bonne part de l'assemblée et des interventions du président national. Il est vrai que l'accord national sur la baisse du prix inquiète, d'autant qu'il risque même de ne pas être appliqué dans l'Ouest. J. M. Lemétayer se dit «déçu de l'attitude des organisations économiques car elles font payer la situation aux seuls producteurs alors qu'elles n'ont rien fait pour restructurer le secteur industriel laitier. Il faut regarder en face la nécessaire restructuration car à chaque fois qu'une entreprise prend un marché, c'est en baissant les prix. Je lance un appel aux entreprises pour qu'on s'en sorte ensemble et non les uns contre les autres».
Pour diminuer les coûts, le président national va très loin : «Je me demande s'il n'y a pas un tour de table à faire pour réfléchir à une seule entreprise de collecte. On va vers des différences de prix en fonction des valorisations et parfois même pour des agriculteurs d'un même village. Ce ne sera pas supportable». Et il conclut en affirmant : «Il se passera des choses avant que le lait soit payé moins cher dans l'Ouest».
Il n'y a pas que les entreprises laitières dans la ligne de mire de J.M. Lemétayer. Les grandes surfaces le restent également, d'autant plus qu'elles n'ont pas tenu leurs engagements sur les marges arrière. Et d'inviter à continuer les relevés de prix dans le cadre du «Pac 40» mis en place «pour avoir des arguments de discussion».
Paroles de Président national
Jean Michel Lemétayer a répondu à bon nombre de question des participants à l'assemblée générale. En voici quelques-unes :
«Sur les pratiques commerciales, dénoncées lors du blocage des plates-formes d'approvisionnement, les faits nous ont donné raison puisque 400 distributeurs ont été sanctionnés pour leurs pratiques».
«Sur les marges arrière par contre, on avance pas et même on recule puisqu'elles ont encore augmenté l'an dernier. Le rapport de force est inégal, la distribution a tous les pouvoirs».
«Pour l'équarrissage, en aucun cas les producteurs n'accepteront de payer. La sécurité sanitaire doit être payée par les consommateurs».
«La complexité de la Pac me chagrine, on nous complexifie tout. Nous sommes des acteurs du vivant et nous ne voulons pas être des industriels de la paperasse».
«Pour la période transitoire de la Pac, nous demandons que jusqu'en 2006 on applique les mêmes règles qu'avant lorsqu'il y a des transferts».
Jean Louis Le Rest
|
|