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Morbihan (56)
C'est sur le pâturage des génisses qu'il y a le plus à gagner
 
Il y a bien longtemps que l'on dit que les génisses laitières mériteraient autant d'attention que les vaches laitières dans les élevages. Si c'est bien le cas chez certains, on en est bien loin chez d'autres. Et si l'on en juge par la relative faible participation aux portes ouvertes dans des élevages organisées par Élevage Croissance, Contrôle laitier et Camia), ce n'est effectivement pas souvent la préoccupation majeure. Certes les producteurs de lait ont d'autres soucis actuellement, mais la défense des prix ne doit pas faire oublier les diminutions de coûts et les performances technico-économiques. D'autant que celles-ci sont moins aléatoires que les prix.

Un vêlage à 25 mois et un bon poids

Pour des génisses Prim'Holsteins, un objectif raisonnable sur le plan technique et économique est de viser un vêlage relativement précoce, autour de 25 mois. Cela impose d'avoir des croissances correctes, sans être exceptionnelles (voir tableau), sur toute la période. Pour cela, il faut se rappeler en particulier de deux poids, celui de 400 kg (ou un peu plus) à l'insémination autour de 16 mois et celui de 630 kg au vêlage vers 25 mois.
Pour cela, selon les périodes, il faut des croissances comprises entre 700 et 900 g par jour. Des croissances qui sont normalement largement accessibles, que ce soit à l'herbe ou à l'étable.
En général, la période jusqu'à 6 mois est relativement bien maîtrisée par les éleveurs et il serait même souvent possible de limiter un peu plus la période lactée. Les croissances hivernales sont déjà plus hétérogènes et surtout, il faut viser de la croissance et non de l'engraissement. Ce qui veut en particulier dire de limiter le maïs.
Mais, c'est encore à l'herbe que les croissances sont les plus irrégulières entre les éleveurs. Certes, les conditions climatiques ne sont pas tout à fait les mêmes pour tous, mais les variations essentielles ne viennent pas de là, mais plutôt de la conduite du pâturage pour ces animaux qui ne doivent pas être les sous-produits des vaches laitières. Il faut commencer par ne pas les sur-alimenter au maïs avant la mise à l'herbe pour avoir une croissance correcte et ensuite avoir de l'herbe de qualité, avec éventuellement en plus une complémentation à certaines périodes.
Une croissance régulière, sans à-coups importants aura aussi une incidence sur la fertilité de ces génisses. C'est avec une note d'état de 3 à 3.5 que les résultats seront les meilleurs.

Des différences de coûts alimentaires

Normalement, l'herbe doit assurer plus de 60% des fourrages d'une génisse. Et, comme pour les vaches, c'est le fourrage le moins cher.
Les besoins théoriques pour produire une génisse (sans le lait) sont de 4 500 kg de matière sèche de fourrage, dont 3 180 en herbe pâturée et 1 320 en fourrages conservé, et 325 kg de concentré, dont 93 kg de soja. Soit un coût estimé de l'ordre de 206 euros.
En pratique, on constate entre éleveurs des différences relativement importantes sur le poste alimentaire. Les écarts de coût alimentaires peuvent varier de plus de 40% entre le quart supérieur et le quart inférieur. Alors que pour les autres postes de charges opérationnelles il y a relativement peu de différences.

Peser à l'œil c'est se tromper

Si dans beaucoup d'élevages, les croissances sont insuffisantes ou irrégulières, c'est aussi parce qu'il est très difficile d'estimer à l'oeil le poids des génisses. Un petit exercice pratique lors des portes ouvertes a montré que les estimations par cette méthode sont très aléatoires. Une même génisse varie ainsi parfois de plus de 100 kg dans les appréciations des éleveurs. Difficile dans ces conditions de savoir quand on peut inséminer par exemple.
La seule solution pour cela est la bascule qui peut être individuelle ou collective ou encore celle du Contrôle de croissance, qui peut apporter le service complet (pesée et conseils) ou seulement le conseil pour ceux qui pèsent eux-mêmes. À noter aussi que maintenant les techniciens mesurent les génisses.
De plus, le Contrôle de croissance dispose actuellement d'un nouveau logiciel qui permet de suivre l'animal du poids de naissance au poids de carcasse. Comme précédemment, il donne bien sûr les résultats de pesées et le valorisé mais aussi tout ce qui touche à la reproduction des génisses, le bilan par taureau, les événements sanitaires, les coûts opérationnels…


L'exemple du Gaec des Chênes Rouges

Avec ses deux associés, le Gaec des Chênes Rouges à Languidic exploite 95 ha SAU avec un troupeau laitier de 65 vaches en moyenne et autant de génisses présentes. Depuis 1996, il est en suivi génisses par le Contrôle de croissance.
Avec un objectif de vêlage à 26 mois, les associés arrivent largement aux poids souhaitables à âge type. Ainsi à 6 mois les génisses sont autour de 200 kg (avec il est vrai une période lactée un peu élevée). À 12 mois, elles dépassent 320 kg, à 18 mois plus de 450 kg et à 24 mois plus de 620 kg.
Les associés apportent une attention particulière au pâturage avec des pâtures qui sont réservées aux génisses et en première comme en deuxième année, c'est pâturage à volonté avec en plus foin ou paille à disposition en permanence.



Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 26 Mars 2004
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