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Pour sa 57ème assemblée générale qui se tient aujourd'hui 19 mars à Bédée, la FDSEA d'Ille-et-Vilaine abordera dans un premier temps des thèmes d'actualité. Au sujet de la production porcine, les responsables craignent que l'amélioration actuelle ne tienne pas durablement : "la tendance des marchés est à la baisse malgré des paramètres favorables", remarque Jo Ménard, président de la FDSEA 35. Les syndicalistes optent pour orienter les soutiens vers les producteurs les plus touchés. "Accompagner les éleveurs qui décident de quitter le métier est également important".
Réfléchir sur la facture d'équarrissage
Jo Ménard donne son point de vue sur la taxe d'équarrissage : "Il est hors de question qu'elle soit une nouvelle charge pour les producteurs. Il faudrait aussi réfléchir sur le montant de la facture. N'a-t-on pas été trop loin en termes de destruction de certains produits?"
Sur le PMPOA 2 : "Nous ne devons pas nous précipiter. Les charges supplémentaires doivent être intégrées progressivement dans les petites et moyennes structures. Il nous faut mettre en place des solutions techniques adaptées et moins coûteuses". L'engagement dans le PMPOA 2 a été modéré dans le département. "Tout comme les départs du métier de jeunes (pourtant bien formés) et les demandes croissantes de pré-retraites, c'est un signal qui clignote à l'orange. Les agriculteurs ont des doutes sur leur place dans la société, sur l'évolution des marchés…", ajoute Gilles Guillomon.
En deuxième partie d'assemblée, les responsables de la FDSEA ont choisi le thème de la réforme de la Pac et la libéralisation des échanges. Alors que l'heure est à la mondialisation et à l'ouverture de l'Europe aux pays de l'Est, le budget de la CE pour l'agriculture demeure stable. "Pourtant, souligne la FDSEA, notre secteur a besoin de soutien ou d'organisation publique du fait des inconnues liées aux terres, au climat, mais aussi parce que c'est un secteur stratégique sur le plan de l'alimentation de la population et de l'aménagement du territoire".
Gilles Guillomon rappelle que la production laitière (les 2/3 des agriculteurs en Ille-et-Vilaine) est la plus touchée par la réforme de la Pac. "Selon les études économiques réalisées par différentes OPA, une baisse des prix de 20% amènerait à une chute de revenu de 25 à 30% pour les producteurs de lait".
La Bretagne présente par ailleurs quelques faiblesses car elle s'adresse plutôt à un marché de masse qui capte moins la valeur ajoutée. "Cette orientation est davantage due à la transformation qu'à la production, qui fournit à l'Ouest une matière première de qualité en quantité. Les coûts de production sont très bien placés par rapport aux autres bassins européens".
La FDSEA souhaite que le système encadré propre à la production laitière soit certes "toiletté", mais conservé car il évite les "à coups" liés à un trop fort libéralisme. "Les acteurs devront avoir la capacité de s'organiser pour gérer les marchés. Les accords de 97, rendus caduques par l'évolution de la Pac, devront être remplacés par un système de prix permettant la péréquation. Des ressources internes à la profession viendront remplacer l'intervention publique à l'exportation aujourd'hui abandonnée".
Agnès Cussonneau
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