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Comme d’autres organisations de services, Bovins Croissance adapte ses prestations pour répondre aux attentes des adhérents. Les crises bovines des années passées avaient touché les producteurs de viande, les turbulences affectent maintenant les éleveurs laitiers. Or, une bonne partie des adhérents de Bovins Croissance est constituée de producteurs de lait qui lui confient la pesée et l’appui technique pour leurs génisses.
4500 allaitantes,
3800 génisses laitières
En Ille-et-Vilaine, l’activité de Bovins Croissance est plus importante en génisses laitières (224 adhérents) qu’en viande bovine (107 ateliers). C’est d’ailleurs le premier département français pour le suivi des génisses laitières au contrôle de croissance. L’activité d’engraissement de bovins concerne 58 élevages. L’année 2003 confirme les tendances enregistrées les années précédentes avec un léger glissement des adhésions du service complet vers un seul service : pesée ou appui technique.
En troupeaux allaitants, le nombre d’ateliers se stabilise, mais le nombre de vaches progresse de façon significative : 4 500 vaches allaitantes dont la production est contrôlée fin 2003 soit 19 % des vaches de type race à viande du département. La prestation comprend généralement la pesée des produits et l’appui technique pour la conduite d’élevage, l’alimentation ainsi que la filiation des veaux. Le suivi génétique montre la prédominance de la race limousine (50 %).
L’activité génisses laitières (plus de 3 800 génisses contrôlées) a diminué, principalement en fin 2003. Près de 86 % des adhérents ont choisi la pesée et le conseil technique et 12 % uniquement la pesée. Le nombre moyen de génisses (17 par élevage) varie peu d’une année à l’autre. Le contrôle de croissance de jeunes bovins reste stable depuis 3 ans, le nombre de mises en place est de 2118. Il s’agit surtout d’animaux engraissés issus du troupeau viande.
85 % d’éleveurs satisfaits
Pour mieux coller aux besoins, une enquête a été réalisée auprès de 90 éleveurs bretons. Le taux de satisfaction des adhérents est globalement bon : 85 % des éleveurs se disent satisfaits des services apportés par Bovins Croissance, surtout en vaches allaitantes, un peu moins en génisses. Ils considèrent que la structure est proche d’eux et à leur écoute. Ils notent toutefois un manque de réactivité de la structure.
Quels changements sont attendus à court terme ? 20 % souhaitent une amélioration du conseil alimentation (vaches allaitantes) et l’appui technique de groupe en génisses laitières. 10 % souhaitent un approfondissement de l’analyse technico-économique et du système « pesée par éleveur ». Le maintien du revenu des éleveurs est l’une des principales préoccupations du moment. 45 % des éleveurs de vaches allaitantes et 65 % des éleveurs de génisses pensent que Bovins Croissance peut jouer un rôle en aidant les éleveurs à optimiser leurs techniques d’élevage.
Faut-il séparer la pesée de l’appui technique ? 28 % des éleveurs seraient favorables à ce découplage mais 67 % ne le souhaitent pas. Les premiers sont demandeurs de plus de conseils et estiment être plus disponibles à un autre moment, les seconds pensent au contraire que le conseil doit se faire pendant et juste après la pesée.
Les voies d’adaptation
Après avoir analysé les conséquences de la réforme de la Pac sur la rentabilité des élevages bovins, Michel Grasset, responsable filière Lait-viande à la Chambre d’Agriculture 35, a détaillé les voies d’adaptation possibles. Elles concernent par exemple la maîtrise des coûts.
L’objectif de coût alimentaire est de 45 euros par 1000 L. de lait et de 200 euros par génisse élevée. En vaches allaitantes N-E, le niveau se situerait autour de 45 euros par 1000 kg de poids vif produit. Dans beaucoup d’exploitations, ces objectifs ne sont pas atteints et des ajustements sont encore nécessaires tant en fourrages qu’en concentrés. Les charges de mécanisation et de bâtiment nécessitent également une réflexion globale.
Le Grand Ouest a des atouts : son savoir-faire, ses surfaces, la diversité de ses systèmes. Il a aussi des faiblesses : ses coûts de production, parfois le manque de cohérence des systèmes et surtout la faible présence sur certains marchés plus rémunérateurs. Pour Michel Grasset : aujourd’hui, on raisonne aides à la production, il faut aussi avoir en tête que demain c’est le marché donnera les orientations»
Patrick Bégos
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