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L'an dernier, les agriculteurs biologiques, sauf ceux qui font de la vente directe, n'ont pas été à l'abri des turbulences sur les marchés et cela pratiquement dans toutes les productions (lait, viande bovine, porc …).
Stabilité des fermes bio
Avant les années 2000, le nombre de conversions à la bio ne cessait de progresser. De 90 en 1997, elles étaient près de 200 en 2000. Depuis, le nombre s'est stabilisé autour de 210 sur le Morbihan.
Les explications à ce coup de frein brutal sont simples. Il y a bien sûr l'arrêt des CTE et donc l'arrêt des aides à la reconversion. Mais, ce sont d'abord les difficultés de commercialisation qui en sont responsables : «En lait c'est la nébuleuse la plus complète, en porc c'était la catastrophe l'an dernier et en viande bovine il y a aussi eu des problèmes», affirme le président du Groupement des Agriculteurs Biologiques (GAB), Jean Noël Le Quintrec. «En fait, toutes les productions qui passent par la transformation ont connu de grosses difficultés».
Pour le président, ce brutal coup de frein à la bio devrait permettre de mettre la production en adéquation avec le marché, d'autant que la reprise des installations ou reconversion en bio ne sera sans doute pas pour tout de suite, malgré la mise en place des CAD (Contrats d'Agriculture durable) qui vont remplacer les anciens CTE : «Pour cette année, on ne s'attend pas à plus de 2 ou 3 dossiers nouveaux, car de toutes façons les procédures sont longues et il y aura plus d'un an avant un redémarrage».
Repenser la transformation
et la commercialisation
Les difficultés de marché pour les différentes productions amènent à réfléchir à de nouvelles formes de transformation et de commercialisation : «Les transformateurs actuels font surtout du conventionnel et ne s'investissent que peu dans le bio. Nous devons réfléchir à d'autres structures car la vente directe a aussi ses limites pour les volumes. Il faudra peut-être redécouvrir les vertus des petites coopératives avec des structures légères de transformation. Elles seraient sans doute plus adaptées à la taille de nos exploitations et aux marchés que nous pouvons avoir. Cela va être l'un des axes de réflexion du Gab cette année». Et peut-être aussi au niveau régional où «après quelques divergences de vue, on retrouve une certaine unité de la profession bio en Bretagne».
Les agriculteurs biologiques se félicitent également de l'ordonnance de la Cour de justice européenne qui leur est favorable face au Cerafel Bretagne. Elle a considéré que la situation des agriculteurs biologiques était "objectivement différente" de celle des producteurs conventionnels.
Pour cette année, en plus des réflexions sur la transformation, le Gab va bien sûr poursuivre ses activités habituelles et en particulier participer au «Printemps de la Bio» et à l'organisation de portes ouvertes pour les agriculteurs et le grand public.
REPÈRES
Le nombre d'exploitations bio en Morbihan est stable depuis 3 ans avec un peu plus de 200 fermes et un peu moins de 8 000 hectares. C'est à peu près 2% de la SAU.
Toutes les productions sont représentées mais c'est le lait qui est nettement majoritaire, suivi des fermes de polyculture et des légumes.
Le Gab regroupe les deux tiers des exploitations biologiques du département, ce qui constitue un excellent niveau d'adhésions.
Différents groupes d'échanges fonctionnent au sein du Gab (lait, porc, maraîchage …) pour permettre aux agriculteurs de progresser.
La restauration collective bio se développe progressivement . L'an dernier, 117 000 repas bio auraient été servis sur le département. De nouvelles communes s'investissent chaque année dans cette voie
Jean Louis Le Rest
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