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En 2003, la Normande avait organisé son concours national à Paris. Cette année, retour à une présentation plus modeste avec une cinquantaine d’animaux. Mais pas n’importe lesquels : 200 ont été proposés par leurs propriétaires toujours fascinés par la présentation d’un animal au Salon de l’agriculture. La sélection a été forte bien avant le concours. Les femelles présentes ne pouvaient être que de qualité, «seuls quelques détails ont souvent fait la différence», ont souligné les juges Eric Delahaye (Seine-Maritime), Patrick Demeslay (Mayenne) et Pierrick Martin (Manche).
Dans cette compétition, Lignée venant de l’élevage d’Alain Levée dans la Manche a emporté le titre de championne après avoir été consacrée meilleure laitière. Cette fille de Bunuelo sur Newgate va avoir 9 ans et sa meilleure lactation est la cinquième : 9005 kg brut avec un taux butyreux de 43,2 et un taux azoté de 35,4. Elle affiche par ailleurs un Isu de 109. Les juges ont mis en évidence sa mamelle, son développement, sa profondeur et ses aplombs. Des qualités qu’ils recherchent pour leurs propres animaux. À noter que dans sa section avec 14 vaches, la moyenne des meilleures lactations était à 9036 kg brut pour un TB à 44,3 et un TA de 37,1.
Rebelle championne jeune
Le règlement du concours à Paris impose que l’animal adulte soit la grande championne. Rebelle ne s’est donc pas mesurée à Lignée. Comme l’année dernière, elle est championne jeune. Comme elle l’avait été lors du dernier Space. Elle conserve ses qualités d’aplombs, de bassin, de taille et surtout de mamelle. Rebelle vient du Gaec Texier-Mellet d’Essé en Ille-et-Vilaine. C’est une fille de Indiscute sur Diamètre, un taureau nettement moins représenté dans la sélection parisienne que Girophare, père de deux premiers prix de section (2ème et 4ème). Rebelle affiche pour sa première lactation 6430 kg avec des taux de 46,8 et 39,5. Son Isu est de 130.
Rebelle est la seule des représentantes bretonnes à obtenir un prix de championnat. Six éleveurs et huit animaux composaient la délégation. Il n’y a pas eu de podium, ce qui n’enlève rien à leur qualité compte tenu de la présélection.
Est-ce parce que Poitou-Charentes était la région invitée du Salon, quelques éleveurs de ces départements ont fait le déplacement. La Creuse, la Somme étaient présentes. Mais au final, une majorité de prix est revenue au berceau de la race à l’image du meilleur lot régional remporté par la Basse-Normandie.
Actualités normandes
Les qualités de la Normande en termes de lait, de fromageabilité, de viande sont bien connues. Michel Hamel, le président de l’Upra souhaiterait aller plus loin. «Il me paraît souhaitable qu’à terme de 10 à 15 ans, les camemberts avec une AOC soient produits avec du lait de Normandes. Cela suppose une révision du cahier des charges. Mais c’est possible, nous avons le potentiel». Cela est déjà en cours pour d’autres fromages comme le livarot, le Pont l’Evêque, le Neufchâtel. «Une AOC doit être liée à une race, sinon il n’est pas sûr qu’elle puisse se maintenir face aux exigences de certains pays européens. Cette proposition n’est pas dirigée contre les autres races, ajoute-t-il. Quand on peut obtenir de meilleurs prix avec un produit, l’ensemble est tiré vers le haut».
L’autre souci Michel Hamel en qualité de président de FQRN (Filière Qualité Race Normande) concerne la cotation des animaux. Les références des marchés retenus pour fixer les prix des Normandes sont au-dessous des pratiques commerciales. « Les discussions sont donc difficiles avec le distributeur. Elles jouent sur des chiffres allant de 12 à 16 centimes d’euro ».
Par ailleurs, l’Upra, qui fédère les éleveurs et les organismes qui s’occupent de la race normande, entend harmoniser les actions concernant la race en évitant les doublons. «Le projet racial tel qu’il a été défini sera poursuivi, notamment en réalisant des économies dans une situation de restrictions des subventions et de difficultés pour les éleveurs».
Depuis quelques semaines, l’Upra normande a une directrice en la personne de Ilona Jankovich.
Paul Chauvin
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