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À chaque fois qu’il y a une réunion concernant l’environnement, on ne parle que de réglementations, jamais de l’agronomie. Alors nous avons décidé pour notre assemblée générale de présenter un mémorandum sur l’environnement avec des propositions des Jeunes Agriculteurs», annonce David Buan, le nouveau président des JA d’Ille-et-Vilaine. Le rapport se veut sans concession et il aborde des aspects sensibles, sujets à débat.
La résorption des excédents d’azote
Compte tenu des volumes et des valeurs des déjections animales de la ferme Ille-et-Vilaine, les calculs donnent une quantité à l’hectare d’azote de 176 kg si on épand sur 70 % de la surface agricole utile, 143 kg sur 85 % de la SAU et 123 kg sur toute la surface. En face les plantes ont des besoins voisins des 200 kg, voire plus avec les prairies. Face à ce constat, les JA disent qu’il faut travailler les fumures des cultures, s’intéresser à l’alimentation des animaux, procéder à des échanges de déjections entre agriculteurs, exporter vers d’autres régions, composter… Tout cela bien avant le recours aux stations de traitement coûteuses. «Il faut que tout cela soit revu dans la nouvelle version de la directive nitrates», demande Olivier Auffray.
Le mémorandum aborde la question des nitrates et de la santé. Pour le consommateur, nitrate est synonyme de danger. Plusieurs publications scientifiques infirment cette version. «Il faut aussi le rappeler». Même chose avec les conséquences sur le milieu aquatique : les algues vertes se développent s’il y a à la fois de l’azote et du phosphore en rejet direct, «les responsabilités sont partagées».
Le rapport n’exclut pas la question du phosphore, des produits phytosanitaires. Sur ce dernier point, les JA considèrent que les agriculteurs sont en première ligne avec l’image du pulvérisateur. Encore faut-il ne pas oublier la responsa-
bilité des fabricants, des pouvoirs publics, des prescripteurs pour finir avec celle des utilisateurs : la moitié des pollutions sont accidentelles, elles sont dues à des erreurs de manipulation.
Trop de réglementations
Le syndicalisme jeune refuse la taxation des achats d’engrais et d’aliment pour parti-
ciper au financement des agences de l’eau. Pour plusieurs raisons : «Nous n’avons aucun moyen de la répercuter sur nos prix de vente. Les éleveurs (porc notamment) ont fait des efforts pour diminuer les rejets et l’on propose de les taxer dès le premier kilo. L’important, c’est l’équilibre sur l’exploitation entre les entrées et les sorties». En pratique, le respect du principe pollueur-payeur.
Concernant la réglementation, c’est l’empilement des textes, personne ou presque ne s’y retrouve. «Ce qu’il faut, c’est une directive agronomique qui remette le sol au premier plan», demande Olivier Auffray. Les JA font des propositions pour que les agriculteurs redécouvrent le sol. Ils citent quelques pistes avec le renforcement des couverts végétaux (aux effets agronomiques largement supérieurs à la seule fonction de pièges à nitrates selon la dénomination administrative). C’est encore les techniques simplifiées. Tout cela pour limiter l’érosion (fuites de phosphore et de produits phytosanitaires) et préserver la qualité de l’eau. L’objectif reste bien «une agriculture économiquement durable».
Paul Chauvin
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