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Le paiement des livraisons de lait de janvier a été regardé de près en début de semaine. Les baisses de prix par rapport au même mois de 2003 sont fortes. Et de plus, elles divergent fortement d’une laiterie à l’autre. En Ille-et-Vilaine, la chute va de 9 euros pour 1000 litres à 15,6 euros selon les informations collectées par la FDSEA. Plusieurs entreprises ont appliqué 10,7 euros. Certaines ont laissé sous-entendre que des ajustements seraient possibles ultérieurement. C’est la conséquence de l’absence d’accord nouveau entre les transformateurs et les producteurs.
À l’appel de la FDSEA et de JA, les blocages des entrées d’usines ont repris. Les accès ont été fermés aux camions en provenance des élevages et également à ceux qui sont chargés d’effectuer les livraisons vers les distributeurs et ce, pendant plus d’une journée. Mardi dernier, les éleveurs étaient à Saint-Méen avec l’intention d’aller rendre visite à d’autres entreprises tout au long de la semaine.
Le besoin de se rencontrer à nouveau
Ils reprochent aux transformateurs l’anticipation des baisses des restitutions (montant et tonnages concernés) qui n’interviendront qu’en juillet prochain et également la perception de la nouvelle prime laitière par les producteurs. Ils se considèrent aussi comme les victimes de la non-recherche de marchés plus porteurs que la poudre et le beurre, voire de produits basiques comme le lait UHT ou l’emmental. Ce à quoi les responsables des laiteries répondent que la réforme de la Pac est engagée depuis deux ans avec l’objectif de faire baisser les prix. « Il faut voir la réalité économique des transformateurs avec la baisse des produits industriels qui font 40 % des volumes en Bretagne. Ou encore la situation des marchés des produits laitiers, explique M. Wecxsteen directeur de la production à Saint-Méen. Des adaptations, on en fait actuellement sur le site de Montauban avec le fromage ». Son souhait pour sortir de l’impasse actuelle est d’échanger entre producteurs et transformateurs, « il y a trop de jours qu’on ne se parle plus ».
Chacun espère que le dialogue va se renouer. La situation est difficilement tenable tant pour les éleveurs que pour les transformateurs car il y a besoin d’un minimum de règles pour fonctionner sereinement. Les négociateurs auront plus d’un problème à résoudre : péréquation entre entreprises, restructuration de l’industrie de transformation pour maintenir les valorisations sur le marché intérieur, politique stricte de quota, nouvel accord interprofessionnel pour remplacer celui de 1997. C’est la position de la Fédération nationale des producteurs de lait.
Paul Chauvin
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