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Sur le bassin versant du Meu, à Breteil chez Jean-Luc Berthelot avec la Chambre d'agriculture, Bretagne Eau Pure et la FD Cuma, quatre couverts végétaux différents ont été mis en place en fin d’été 2003, les 25 et 26 août. Il s’agit de moutarde (8 kg/ha pour 14 euros) avec deux passages (cultivateur + centrifuge et vibroculteur + rouleau), de phacélie (9 kg/ha pour 27 euros) également avec deux passages. L’avoine (80 kg/ha pour 30 euros) et le ray-grass d’Italie (20 kg/ha pour 33 euros) ont été semés en un seul passage (combiné herse rotative et semoir à céréales). Une parcelle témoin sans culture a permis de faire des comparaisons.
Des mesures de reliquats d’azote ont été réalisées régulièrement. Sur le sol nu, à la récolte des céréales, les stocks étaient très faibles : 25 kg/ha. Ils ont grimpé à 95 kg à la fin septembre avec la minéralisation due aux pluies (la courbe suit la hauteur des précipitations), pour culminer à 110 kg début décembre. À partir de cette période, le lessivage a fait chuter les stocks à 68 kg début janvier et 30 kg début février.
Des prélèvements plus ou moins importants
Quel a été le comportement des différents couverts sur le plan de l’azote ? La phacélie malgré un développement apparent limité a absorbé 80 kg d’azote et seulement 7 kg d’azote ont été lessivés début janvier. Les quelque 20 kg restant se situent principalement dans l’horizon 0-30 cm. La moutarde a un peu moins prélevé d’azote (60 kg) en en laissant s’échapper 18 kg et en conservant 35 kg en stocks (dont la moitié en profondeur).
Le comportement de l’avoine est intéressant avec 80 kg prélevés, 15 lessivés et 20 kg en stocks. Le ray-grass d’Italie est plus décevant avec 40 kg d’azote utilisé et 58 kg lessivé. Son développement a été relativement limité. À noter que la mise en place de ces couverts s’est effectué dans un sol très sec. Les comparaisons entre espèces ne peuvent être considérées comme définitives.
Le fait que les couverts puissent utiliser entre 50 et 100 kg d’azote provoque un blocage de celui-ci, limitant ainsi le lessivage. L’azote ainsi fixé sera minéralisé à hauteur de 25 à 30 % (10 à 30 kg) et disponible pour la culture suivante (rotation maïs-blé dans la parcelle de démonstration). Le reste sera réorganisé et enrichira la matière organique du sol.
Effets agronomiques
Lors de la visite des essais et des démonstrations de destruction de couverts (dans un prochain article), Céline Duley, conseillère agronomie à la Chambre d'agriculture, a montré les effets de chaque couvert sur la structure du sol : plus en surface avec la phacélie et sur toute la profondeur avec l’avoine ou encore le seigle. Le ray-grass italien est aussi intéressant sur ce plan. À cet avantage sur la structure du sol, il faut aussi ajouter la lutte contre l’érosion, le salissement de la parcelle. « L’intérêt agronomique des couverts est un aspect qu’il ne faut pas oublier », faisait remarquer un agriculteur.
Quant au choix de l’espèce, d’autres critères doivent intervenir. C’est la place du couvert dans la rotation sur la parcelle, le nombre de passages pour l’implantation, la dépense engagée ou encore la méthode de destruction.
Paul Chauvin
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