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Toute seule, je n'aurais jamais fait ma prévision. Psychologiquement, quand ça ne va pas, on a encore moins envie de se mettre dans ses propres chiffres. J'avais peur, la réalité était trop dure, je vivais cette période comme une catastrophe". La femme qui s'exprime ainsi a pourtant eu le courage de participer à une session de formation à la trésorerie il y a quelques années et elle ne le regrette pas : "Le fait d'avoir la maîtrise de nos chiffres nous a aidé à relever la tête".
Prévoir pour agir
Quand les temps sont difficiles comme actuellement, il est plus indispensable encore pour chaque exploitation et la famille de faire ses prévisions de trésorerie. Chacun l'imagine dans sa tête, mais trop peu mettent sur papier (ou sur informatique) les prévisions de recettes et de dépenses. Le plus souvent faute de savoir s'y prendre.
C'est pour aider les agricultrices à faire ces prévisions que la section féminine de l'Union des Gva va proposer des sessions de formation. Avec pour objectif de devenir autonome dans la gestion des finances en réalisant sa propre prévision de trésorerie qui leur permettra d'avoir une vision d'ensemble pour les prochains mois, voire l'année.
Le document qu'elles établiront leur permettra de discuter avec le conjoint et éventuellement de mieux négocier avec les banquiers et créanciers. L'intérêt ne se limite évidemment pas aux cas à trésorerie trop serrée mais permet à tous de faire le point, d'analyser ensuite les écarts prévisions-réalisation et d'envisager les solutions.
Le travail en session se fait bien sûr en groupes (ce qui est plus motivant et rassurant) et avec l'aide des conseillères, mais les chiffres de chacun restent évidemment confidentiels. Le travail de session se fait sur papier, mais il est ensuite possible bien sûr de le faire par informatique, avec un simple tableur.
Ne pas attendre d'être dans le rouge
Ce n'est pas si difficile de tenir une trésorerie prévisionnelle. Des agricultrices le font déjà et témoignent.
Marie Odile, productrice de lait à Ruffiac a suivi une session il y a 10 ans. Déjà auparavant elle "tenait ses comptes" et avait aussi enregistré son budget familial, ce qui lui a facilité les choses car elle avait ainsi des bases de références. Jusqu'à présent elle prévoit sa trésorerie sur papier, mais elle va le faire maintenant sur informatique : "Après la session, pendant 5 ans j'ai fait de la prévision annuelle, maintenant je la fais au mois. Je garde toujours une petite marge de sécurité. Si ça ne passe pas, je vais voir le fournisseur où la banque et cela ne pose jamais de problèmes car on peut se baser sur des chiffres. Il faut aussi bien tenir compte des prélèvements privés qui sont souvent sous-estimés. Il ne faut jamais attendre d'être dans le rouge pour agir".
Annie, productrice de porcs, est un peu dans la même situation. Elle avoue aimer les chiffres et consacrer du temps à la trésorerie prévisionnelle (sur ordinateur maintenant), qui est évidemment un peu plus complexe en porc qu'en lait : "J'ai toujours sous les yeux un an de prévisions. Quand 6 mois sont passés, je le fais pour les 6 mois suivants. Pour les prévisions de rentrées mensuelles, je prends le total annuel divisé par 12. Cette année j'ai calculé avec 1 euro (cadran) pour le prix. La prévision est toujours un peu plus régulière que la réalisation. Les banquiers et les fournisseurs sont surpris quand on leur montre que l'on a prévu nos dépenses sur l'année. C'est un bon moyen de négociation car pour eux c'est rassurant. Pour moi c'est une tranquillité d'esprit car il faut savoir pour anticiper et maîtriser pour ne pas subir".
Jean Louis Le Rest
Deux sessions cette année
Prévoir et calculer pour agir, c'est ainsi que la section féminine de l'Union des Gva résume les deux sessions de 4 jours (en journées espacées) proposées cette année aux agricultrices. Au cours de ces journées les agricultrices feront leurs propres prévisions ce qui leur permettra de poursuivre seules les années suivantes. Les chiffres de chacune restent évidemment confidentiels.
- Une session est programmée en mars-avril pour les Gva de la région de Ploërmel-Malestroit : contacter Gabrielle Moiso au 02 97 74 00 60.
- La deuxième session est prévue en mai-juin à St jean Brévelay pour les Gva de la région de Pontivy-Locminé. Contacter Sophie Beausire au 02 97 28 31 39.
D'autres sessions seront programmées pour la saison suivante.
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