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Finistère (29)
Des solutions à la matière organique en zone légumière
 
De 4 % en 1985, le taux moyen de matière organique est passé 3,5 % en 2000 sur la zone légumière», a chiffré Daniel Hanocq, conseiller agronomie à la Chambre d'agriculture, précisant toutefois qu'il n'y a pas que le stock qui compte. «C'est la matière organique de surface qui est essentielle. L'activité biologique est également importante pour l'amélioration du statut d'un sol».

Deux portes d'entrée

Pour améliorer les sols, il existe deux portes d'entrée : la rotation des cultures et l'apport de matière organique.
L'introduction de céréales dans l'assolement est une voie retenue par certains légumiers. Comme sur Cléder où l'association Arcad a incité les agriculteurs à revoir leur assolement dans le cadre de mesures agro-environnementales. «Mais l'avenir, c'est aussi de faire venir de la matière organique d'ailleurs», souligne André Méar, agriculteur à Cléder et président de l'Arcad. «Je suis personnellement en passe de signer un accord avec un éleveur de Lannilis».
Le fumier de bovin a généralement la faveur des légumiers. «On y revient toujours», dit A. Méar, parlant d'un coût de 15 à 17,50 euros/m3 rendu sur place. Comme pour tout amendement, c'est ensuite la conjoncture qui détermine les volumes achetés. Et c'est logique : en année difficile, un légumier achète moins de matière organique.
Si le fumier de bovin séduit et reste une valeur sûre, le compost a également ses atouts. «Comme le fumier mûr, le compost entretient le stock de matière organique mieux que certains autres apports qui ont plus un effet engrais», a expliqué D. Hanocq, estimant par ailleurs «qu'il n'y a pas d'intérêt majeur à composter du fumier de bovin seul».

Des intérêts partagés

Le compostage se montre intéressant quand il conduit à augmenter les apports par introduction de matière organique supplémentaire. Comme cela se fait sur Tréflez, où la Cuma s'est équipée d'un retourneur d'andains pour composter un mélange de fumier de volaille et de déchets verts. «Les déchets verts sont livrés gratuitement par la communauté de communes», détaille Goulven Julien, membre de cette Cuma. Et d'ajouter : «Le problème ce sont les plastiques, les gros morceaux de bois et la ferraille».

En Vendée, l'exemple Valdepi reprend le même concept, mais à une autre dimension puisque les déchets verts sont apportés par 15 communes. «Les déchets sont centralisés sur une plate-forme pour y être triés et broyés par la Cuma», explique Michel Seznec, animateur de la FDCuma 85. «Ensuite, ce broyat est mis en caisson de transport pour être dirigé directement sur les exploitations agricoles où il est mélangé à du fumier», indique l'animateur, estimant que «cette solution reproductible, qui divise par deux le coût de traitement supporté par la collectivité, est durable car économiquement acceptable».
Enfin, dans le département, le compostage de lisier de porc s'avance aussi comme une solution d'intérêts réciproques pour les éleveurs et les légumiers, dans la mesure où les échanges sont tolérés par l'administration. Les premiers trouvant là un débouché pour leurs excédents ; les seconds ayant accès à un gisement de matière organique de qualité. «La méthode Guernévez permet de traiter 15 m3 de lisier de porc par tonne de paille», a indiqué Jean Callarec, responsable de la station porcine. «Sachant qu'entre un lisier frais et un compost très mûr, il y a toute une gamme de produits».

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 13 Février 2004
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