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Morbihan (56)
Les adhérents du CER très pessimistes sur la Pac
 
Mieux connaître pour mieux décider», tel était l'objectif du CER 56 lors de ses assemblées d'agences. Et à ce niveau, la réforme de la Pac est évidemment le sujet essentiel d'inquiétude des agriculteurs. Une inquiétude d'autant plus grande qu'il reste encore beaucoup d'inconnues pour les modalités françaises d'application.

Beaucoup de craintes

Nous ne reviendrons pas sur les grandes lignes de la réforme européenne (voir Paysan Breton de la semaine passée). Rappelons simplement qu'elle touche au marché (et surtout en lait avec compensation partielle), au découplage des aides qui seraient versées sous forme d'une prime unique à l'hectare en fonction de références historiques.
Toutefois, la Communauté a laissé une grande liberté aux États pour les modalités avec certaines possibilités de recouplage des aides (sauf en lait), de régionalisation, de date de mise en application, de mutualisation … Tout cela n'est pas connu pour l'instant et ne le sera peut-être pas avant quelques mois.
Un des intérêts des réunions du CER était de donner la parole aux adhérents, sous forme de boîtiers électroniques qui leur permettaient de donner leurs avis. Et, sur cette réforme de la Pac (il est vrai avant toute explication complémentaire), le moins qu'on puisse dire est que le pessimisme l'emporte très largement.
Ce que craignent le plus les agriculteurs, c'est d'abord une baisse des prix et revenus, avec de plus un travail administratif supplémentaire, plus de contrôles et de sanctions.

Une hypothèse probable

Pour mieux faire comprendre à ses adhérents le nouveau système de calcul des primes, il fallait bien sûr faire une hypothèse des choix d'application qui seront faits en France, en particulier pour le découplage des aides. Le découplage signifiant que les aides seraient perçues même si l'on ne produit pas, alors que les aides couplées sont liées à l'acte de production.
Le choix fait par le CER est celui que beaucoup estiment le plus probable, sans que rien ne soit certain en ce domaine. En lait, c'est bien sûr le découplage total obligatoire. Par contre en viande bovine une partie serait recouplée, soit 100% en vaches allaitantes, 40% en primes à l'abattage et 0% en engraissement de jeunes bovins. Pour les céréales, oléagineux et protéagineux, le recouplage se ferait à 25%. Il n'y aurait pas de régionalisation ni de mutualisation, c'est à dire que chacun percevrait les aides en fonction de ses propres références historique (2000 à 2002).
Partant de ces hypothèses, les participants ont pu suivre le calcul pour une exploitation type qu'ils choisissaient eux-mêmes. Un calcul qui n'est en fait pas excessivement compliqué.

À chacun sa stratégie

Après explication sur le nouveau système de calcul, une large majorité des agriculteurs présents continue à percevoir négativement ce nouveau système d'aides et surtout à se poser beaucoup de questions sur la stratégie à adopter sur sa propre exploitation.
Il est vrai qu'un calcul de primes n'est pas un calcul de revenu. Et si l'on sait par exemple que ces primes seront découplées en lait, on ne sait pas ce que sera le prix de marché et en final, c'est bien celui-ci qui sera un élément déterminant de l'évolution des revenus.
Pour certains, le découplage pose aussi très clairement la question de l'arrêt ou pas de la production, même si globalement un plus grand nombre pense que ce nouveau système ne devrait pas entraîner de changement de stratégie sur leur exploitation.
Point positif pour les centres de gestion eux-mêmes, beaucoup d'agriculteurs vont être demandeurs de diagnostics personnalisés et d'études de stratégies possibles sur leur exploitation.

Encore 2 assemblées d'agences

Le CER a déjà réalisé 6 réunions d'agences. Il en reste encore deux (à partir de 10 h 10)

- Le mardi 3 février à la salle Émeraude à Locoal-Mendon pour l'agence Caudan-Auray

- Le vendredi 6 février à la salle des Fêtes du Faouët pour l'agence du Faouët

En plus de la réforme de la Pac,sont à l'ordre du jour la Pac graphique, le Contrat d'Agriculture Durable et la Loi d'initiative économique.

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 30 Janvier au 6 Février 2004
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