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Le moral des producteurs de lait n’est pas au beau fixe. «Je voudrais savoir où l’on va », a demandé l’un d’eux aux responsables laitiers lors de la journée lait organisée par la FDSEA. Les réponses ne sont pas aisées en cette période de grande incertitude sur le prix du lait.
Jusqu’à fin 2003, le prix suivait la valorisation des produits laitiers. Or les marchés du beurre et de la poudre sont au plus bas et probablement pour une durée longue du fait de la réduction programmée des restitutions (aides à l’exportation) sur ces produits. Les transformateurs ont dénoncé l’accord qui les liait aux producteurs. Il n’y a plus de base pour trouver un accord. « Et pourtant les producteurs avaient accepté en 1997 que les prix suivent les marchés et non leurs charges », souligne Henri Brichart le président de la Fédération nationale des producteurs de lait.
La réaction des industriels (beurre et poudre) est d’aller vers des fabrications de lait UHT ou d’emmenthal, déséquilibrant ainsi des marchés déjà fragiles avec à la clé une baisse des prix. « L’équité entre producteurs implique un même prix quelles que soient les fabrications des laiteries. Il faut une péréquation. Et puis, on ne peut accepter une forte baisse sous prétexte que les prix d’intervention du beurre et de la poudre (30 % des volumes) vont baisser au 1er juillet prochain. C’est de la provocation. Une baisse profiterait à la grande distribution, laquelle augmenterait ses marges », poursuit le responsable national.
Comment avancer ? Quelques pistes ont été données. C’est le renforcement de la maîtrise de l’offre (moins de redistribution de références), la fabrication des produits industriels lorsque les coûts sont bas (printemps), l’utilisation de fonds interprofessionnel, du stockage, de la promotion collective. C’est aussi mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités, préserver le marché intérieur… et aboutir à un nouvel accord sur le prix. Un élément essentiel pour le revenu du producteur.
La rencontre nationale n’ayant pas abouti, les négociations auront lieu au niveau régional. « Il faudra être prêt à agir », a demandé Marcel Denieul. Tout en sachant que les négociations seront longues car elles ne portent pas que sur les prix du premier trimestre 2004.
Référence historique et découplage
Bien entendu, il a été question de la Pac pendant cette journée. « Mauvaise, inutile et coûteuse », pour le président national. Il a aussi souligné que la réforme peut encore voir des modifications avant 2013. « Il ne faut pas se focaliser sur les compensations, mais plutôt sur les prix ». Or la réduction prévue des restitutions par la réforme est l’une des raisons de la baisse des prix.
Ceci étant, les aides à la production laitière sont déjà découplées de la production. Avec une mutualisation des aides sur toute la surface, les producteurs de lait seraient perdants. « Nous devons garder le potentiel de primes dans la région », a précisé Joseph Ménard. Le choix de la FDSEA va à la référence historique avec un découplage total compte tenu qu’au maximum 25 % des aides cultures peuvent être recouplées. Il va aussi à une mise en application dès 2005 pour éviter les spéculations et donner un peu plus de lisibilité. Lisibilité qu’aimeraient avoir au plus vite les éleveurs pour régler des questions urgentes comme la mise aux normes.
Paul Chauvin
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