Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ille et Vilaine (35)
Mille emplois supprimés dans l'aviculture en 2003
 
L'année 2003 s'inscrira nettement en baisse pour la production de volailles en Bretagne. Sur la base du premier semestre, les abattages ont diminué de 5,8% en Bretagne, soit plus que la moyenne française (4,1%). Une baisse due en quasi totalité à la dinde (-11%).
Pour les exportations, c'est encore pire puisqu'elles ont baissé de 11% en volume, contre "seulement" - 5,3% pour la France. Sur l'Union européenne, la diminution vers l'Allemagne et le Royaume-Uni est particulièrement sensible. Quant aux Pays Tiers, c'est la dégringolade avec -25 000 tonnes sur la Russie et – 7 900 sur le Moyen et Proche Orient. Tous ces chiffres ne font que confirmer une tendance lourde depuis quelques années.
La consommation française elle-même est en diminution sensible avec – 3,1% venant après une baisse équivalente l'année précédente. Toutes ces chutes de production se retrouvent chez la quasi-totalité des leaders de la production avicole.
On constate également une évolution dans les types de produits consommés. C'est ainsi que la volaille entière va poursuivre sa diminution sur les prochaines années (2010), de 10 à 15% en France, plutôt 20% pour l'export sur l'Union européenne et l'on prévoyait même – 80% sur pays tiers. Cette baisse importante sera, au moins en partie, compensée par des augmentations de produits plus élaborés et en particulier des charcuteries de volailles et des plats cuisinés. Reste à savoir qui les produira.

18 000 personnes en Bretagne

La chute de production a tout naturellement des conséquences directes sur l'emploi. De 1997 à 2002, la filière avicole n'a perdu que 2% de ses emplois.
Elle fait travailler actuellement un peu plus de 18 000 personnes en Bretagne.
Les pertes d'emploi se retrouvent aussi bien au niveau de la production que des industries agroalimentaires. Assurant près des deux tiers des emplois, c'est évidemment ce secteur industriel qui est le plus touché.
C'est fort logiquement que le département le plus sinistré sera le Morbihan qui détient plus de 50% des emplois en Bretagne. Il représente aussi 45% des surfaces de poulaillers qui vont disparaître au titre du plan d'aide à la cessation d'activité cette année.
Les 266 000 m2 retenus en Bretagne vont supprimer 200 emplois directs, mais surtout, ils représentent un atelier d'abattage - découpe de 350 000 poulets par semaine, un atelier de découpe de 50 000 dindes et une usine d'aliments de 120 000 tonnes par an. Et, on peut s'attendre à des m2 supplémentaires cette année. Globalement, une diminution de 1 million de m2 supprimerait 2 500 emplois.

Changer de cap

Pour les responsables syndicaux de l'agroalimentaire "la filière n'est pas foutue, mais il faut évoluer vers davantage de valeur ajoutée et améliorer la formation professionnelle des salariés". Pour cela, ils veulent mobiliser tous les acteurs de la filière et aussi interpeller les hommes politiques.
En attendant d'anticiper sur les prochaines crises, il faut gérer les divers plans sociaux actuels et travailler à la reconversion. À titre d'exemple, une formation va être mise en place avec les bouchers, qui sont une profession qui manque de bras (comme aussi le bâtiment). Mais, il faut savoir que la main-d'œuvre qui va perdre son emploi est essentiellement féminine et relativement peu mobile.

REPERES

• Quatre groupes détiennent 70% des emplois industriels avicoles en Bretagne, dont 3 600 pour Doux (10 sites), 2 200 pour Unicopa (6 sites), 1 300 pour la Cam (5 sites) et 1 250 pour Glon-Houdebine (6 sites).

• Les règles de l'OMC pourraient faire perdre l'équivalent de 1 million de m2 de poulaillers (650 emplois), 2 abattoirs (1 400 salariés), 1 usine d'aliment de 460 000 tonnes (200 salariés) et 250 autres emplois directs, soit un total de 2500.

• Le Morbihan compte 6 000 emplois industriels (abattage – transformation). C'est près de 60 % des emplois de ce type en Bretagne. Ces emplois seront d'autant plus en danger que le département représente aussi 45% des cessations d'activité prévues en Bretagne.

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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 30 Janvier 2004
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