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En organisant une journée aviculture, la Chambre d'agriculture souhaitait faire le point sur plusieurs points. D’abord les résultats constatés dans l’enquête avicole Grand Ouest : on se reportera à la publication qui en a été faite dans Paysan Breton du 19 au 26 décembre page 11.
L’actualité plus proche, ce sont les conséquences de la canicule de l’été dernier. Alors que les pertes en poulet standard étaient de 3,5 % en 2002, elles ont grimpé à plus de 7 % en août. Avec un peu de décalage, le taux de pertes en dindes médium est passé en septembre de 5,5 % à près de 9 %. «La dinde a souffert de la canicule, mais pas uniquement : la qualité de l’aliment a également baissé», précise Christian Delabrosse, conseiller avicole dans le Morbihan.
Pour pallier la baisse de revenu, la Région s’est engagée à fournir des aides. 17 éleveurs de poulets pour 26 279 euros et 15 éleveurs de dindes (32 989 euros) en bénéficieront en Ille-et-Vilaine. Par ailleurs, le département dispose d’une enveloppe de 160 000 euros au titre du Fonds d’allègement des charges (FAC). En plus du taux de perte à justifier sur la période du 4 au 22 août, les éleveurs doivent s’engager à souscrire une assurance couvrant la mortalité par «coup de chaud». Les dossiers sont à retourner au plus tard le 16 janvier. Le Conseil général et la procédure calamité agricole devraient également intervenir.
Plutôt prévenir
Comment éviter des pertes lorsque les températures grimpent ? «La première chose est de consulter la météo pour ne pas se faire surprendre», explique Laurence Müller conseillère avicole à la Chambre d'agriculture. Cela permettra de mettre en application des techniques qui, au niveau du bâtiment, assurent un débit d’air suffisant (turbines en ventilation statique…). Il faut aussi veiller aux circuits d’air (trappes, cheminées…).
La température peut être abaissée par la ventilation et aussi par la brumisation. L’arrosage extérieur permet de gagner 1 à 2°C, une brumisation extérieure basse pression : 3 à 4°C. Dans des conditions optimales, la brumisation intérieure haute pression arrive à une baisse de la température de 10°C. Cette solution est la plus onéreuse, de l’ordre de 6 à 9000 euros pour 1000 m2.
En remontant les chaînes d’alimentation pendant le moment chaud de la journée, la production de calories par les volailles est moindre. Il est également possible d’utiliser des sels, des tonicardiaques et aussi d’acclimater les volailles à la chaleur pour accroître leur résistance. Autant de techniques qui limitent les pertes.
Paul Chauvin
L’Ille-et-Vilaine dispose de quelques atouts en aviculture
En matière d’aviculture, l’Ille-et-Vilaine ne ressemble pas aux autres départements bretons. D’abord par le nombre d’élevages : la DDAF en a recensé 934 en 2000. Et ensuite par leur taille : 7 sur 10 ont moins de 1200 m2. Le poulet de Janzé contribue largement à cette situation, comme dans la répartition géographique avec une densité plus forte au sud-est du département.
Par ailleurs, on ne compte qu’un quart d’éleveurs spécialisés, pour les autres, il s’agit d’une production complémentaire à du lait le plus souvent. Les surfaces exploitées sont alors très différentes : 16 et 47 ha. Il en découle que ces derniers sont beaucoup moins vulnérables au regard de la production d’azote (seuil des 170 kg).
Les atouts de l’Ille-et-Vilaine sont liés à une proximité plus grande des lieux d’approvisionnement et de consommation que ses voisins bretons. Ils sont aussi à rechercher avec plus de production label ou certifiées (Janzé, Agrial, Cana, Terres d’Émeraude) vendues sur le marché intérieur et non à l’export, un parc de bâtiments relativement récent, des marges légèrement supérieures à la moyenne (en référence à l’enquête avicole annuelle). Principale faiblesse : aucun outil de l’aval n’est implanté dans le département.
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