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Jusqu’en troisième, je n’étais pas un élève passionné », reconnaît Fabrice Guérin originaire du nord-est de l’Ille-et-Vilaine. En revanche, il se sent bien avec les vaches et les porcs de la ferme familiale. Alors un BEPA ? Oui, mais pas dans un lycée où il aurait retrouvé le mode de fonctionnement du collège. Il choisira la Maison familiale rurale de Fougères, option polyculture-élevage. L’alternance lui convient, « j’étais dans mon élément et donc motivé ». Mais tout en restant très sélectif dans les domaines qui l’intéressaient.
BEPA en poche, il enchaîne avec un bac pro « Conduite et gestion de l’exploitation agricole ». Toujours à la Maison familiale. Celle-ci demande d’aller en stage hors région dès la rentrée. Pour le dépaysement et se détacher du quotidien, Fabrice met le cap sur la Gironde dans une exploitation viticole. Puis en fin de première, il passera quatre semaine au nord des Pays-Bas dans une exploitation laitière intensive (48 ha et 750 000 litres). « Je voulais voir du lait ailleurs et avec des modes de production différents de ceux qui sont étudiés en formation ».
La motivation pour un BTS est arrivé après
Malgré les sollicitations, poursuivre en BTS ne l’intéresse pas. « Un bac pro suffit pour s’installer, mon souhait est de travailler pour acquérir une expérience de terrain », se dit-il à l’époque. Une association locale de remplacement lui propose un travail. « Autant dire qu’on est mis rapidement à l’épreuve. Un bon test pour savoir si l’on est capable d’assumer. Mais les difficultés rendent le travail plus intéressant ». Il est amené à s’occuper d’une exploitation qui cumule plusieurs handicaps. Il lui est même proposé de la reprendre. Il ne donnera pas suite.
Et pourtant, il réalise le stage avant installation. Il choisit un Gaec pour connaître de l’intérieur le fonctionnement, s’il devait un jour s’installer en société. Fabrice s’aperçoit alors qu’il manque de bases techniques solides en lait. Un certificat de spécialisation (CS) à Canappeville dans l’Eure lui permet cet approfondissement théorique et pratique. Et surtout lui redonne le goût de la formation. « Je me sentais prêt à aborder un BTS pour mieux valoriser mon CS ». Il passe des tests au CFTA de Montfort et y entre début juillet 2002, « quand la plupart des gens pensent aux vacances ». Il choisit ce centre pour son ouverture, son écoute de ce qui se fait, son emplacement au cœur de la Bretagne.
Avec un BTS en formation adulte, en une année, il faut assimiler le programme habituellement réparti sur deux ans. « C’est intensif, il faut prendre le train tout de suite », prévient Fabrice. Dans le groupe (une vingtaine de personnes de 22 à 48 ans, dont la moitié de femmes), les parcours sont très différents. Les stagiaires sont amenés à s’entraider. Et aussi à confronter leurs opinions. « Pas facile tous les jours, mais c’est intéressant pour bien connaître les gens ». Un voyage de 9 jours en Bulgarie, dans un cadre différent, a fortement contribué à tisser des liens différents.
Plus d’ouverture et de recul
Aujourd’hui à 24 ans, Fabrice travaille dans une association d’aide aux agriculteurs. Il a donc besoin d’arriver à comprendre très vite comme fonctionne l’exploitation qu’il visite. L’approche globale et détaillée réalisée sur de nombreux cas concrets pendant l’année de BTS lui est maintenant très utile. Le BTS Analyse et conduite des systèmes d’exploitation complète une formation réalisée au travers d’un parcours atypique fait d’aller et retour entre formation et travail sur le terrain.
Fabrice Guérin ne regrette pas son parcours, « je n’aurais pas aujourd’hui la même ouverture et le même recul. Alors si l’on n’est pas motivé pour un BTS, autant aller travailler pour redécouvrir ensuite l’intérêt de compléter sa formation. Et puis un BTS en formation adulte me paraît un bon tremplin pour relancer une vie professionnelle ». Ses collègues ont trouvé des postes de techniciens, certains sont ou vont devenir agriculteurs, d’autres poursuivent des études. L’idée de s’installer un jour le taraude toujours, « un BTS n’est pas un luxe dans un contexte qui tire toujours vers le haut ». Une raison de plus de se former. Et ensuite de continuer à le faire.
Paul Chauvin
Un BTS Acse en formation adulte à Montfort-sur-Meu
Le CFTA de Montfort-sur-Meu propose un BTS Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (Acse) en formation pour adultes. La formation s’étale entre 800 et 1400 heures suivant les diplômes et les acquis professionnels. Les parcours étant différents, le groupe est hétérogène, « c’est un avantage pour la richesse de la formation grâce au brassage et une difficulté car le BTS est le même que dans un circuit classique », explique le responsable, Olivier Lafficher.
Les formateurs ont mis au point une pédagogie adaptée avec beaucoup de cas concrets car les stagiaires sont plus motivés, plus exigeants et aussi plus inquiets. Un bilan de compétences avant d’entrer, un projet professionnel, l’envie de s’investir personnellement permettent d’aborder sereinement la formation.
Contact : CFTA L’Abbaye BP 56252 – 35162 Montfort-sur-Meu. Tél : 02 99 09 02 33. E-mail : cfta.montfort@mfr.asso.fr
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