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Dans le Morbihan en 2000, 35% des actifs agricoles sont des femmes. Une part qui descend à 27% pour les chefs d'exploitation/coexploitants et à 23% pour les salariés permanents. Initiée par la Chambre d'agriculture et l'UDGVDA du Morbihan, la rencontre sur le thème "l'installation et le maintien des femmes en agriculture" a donné l'occasion aux participantes (et participants) de procéder à un état des lieux issu d'une enquête réalisée en 2003 par les GVA.
Sur les 30 cantons (sur 32) recensés par les GVA, 3427 femmes travaillent sur les exploitations. Par ailleurs, seulement 24% de ces femmes ont moins de 40 ans et 38% dépassent 50 ans. Par ailleurs, une moyenne sur 8 cantons montre que presque 5 femmes sur 10 travaillant à l'extérieur ont moins de 40 ans.
Les données de l'Adasea concluent par ailleurs que le nombre d'installations concernant les femmes est en baisse et leur part dans les installations se réduit aussi. "En 2000, elles atteignaient presque 30%, en 2002, elles dépassent tout juste 19%", chiffre Maryvonne Héluard de l'UDGVDA. Selon les chiffres de la MSA, les femmes de plus de 50 ans sont nombreuses à bénéficier du statut chef d'exploitation. Ces chiffres dissimulent en fait les reprises d'exploitations par les conjointes quand leur mari part en retraite.
Trop peu de chiffres sur la place des femmes
Brigitte Biche, sociologue, a contribué à une étude demandée par le ministère pour faire face à cette chute du nombre de femmes en agriculture. "Après des recherches variées, nous avons constaté que trop peu de chiffres ou statistiques sexués existent dans ce domaine. Or pour engager des changements, il faut savoir de quoi on parle".
En menant une approche qualitative, la sociologue a mis en exergue une situation peu optimiste. "Découlant du modèle traditionnel de l'exploitation familiale, la place de la femme dans l'agriculture est défavorable. De plus, les métiers du secteur se masculinisent".
Selon elle, plusieurs solutions existent pour enrayer la tendance et s'orienter vers de nouvelles formes d'entreprises. "Il faut proposer aux femmes un statut respectueux de la parité. Le statut de conjointe collaboratrice n'est déjà pas formidable, mais il faut en plus l'autorisation du mari pour l'obtenir ! Les femmes doivent être assurées dans les mêmes conditions que les hommes. Les conseillers (ères) doivent aussi bien connaître les formes statutaires pour bien orienter les agricultrices".
Développement des diversifications et de la multifonctionnalité
Par ailleurs, "l'entrée des femmes dans l'agriculture devra être facilitée : par le développement des diversifications et de la multifonctionnalité mais aussi en freinant l'agrandissement abusif. La sociologue évoque également l'importance d'enrichir les formations : pour prendre en compte les besoins respectifs des hommes, des femmes et des couples. "Dans chaque exploitation, une réflexion sur l'organisation du travail doit être menée en intégrant la répartition des tâches liées à la famille".
Des services pour la petite enfance en milieu rural ou encore des solutions facilitant la mobilité et l'ouverture vers l'extérieur contribuent aussi au retour des femmes en agriculture. "Le revenu demeure toutefois la condition la plus importante", rappelle les syndicats.
Agnès Cussonneau
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