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Les visages des femmes étaient graves au sortir de leur rencontre avec le préfet du Morbihan. Elles étaient une vingtaine à avoir rencontré une autre femme, Élisabeth Allaire, qui venait de les recevoir pendant une bonne heure à la préfecture. Une démarche tout à fait inhabituelle pour ces femmes, à l'initiative du syndicat des Jeunes Agriculteurs et de sa responsable du groupe porc, Valérie Passin
Rencontre tendue
"Nos maris ne sont pas entendus, alors nous avons voulu aller dire nous-même que notre situation financière est dramatique. Avec un porc à 0,85 euro, nous perdons 15 000 euros par mois pour un élevage de 200 truies. C'est nous qui tenons les trésoreries, qui faisons les courses, nous savons ce qu'il en est".
Toutes les femmes ont pu s'exprimer au cours de cette rencontre où elles ont été bien accueillies par le préfet. "Mais, au cours de la rencontre, la tension est montée et elle s'est déroulée dans un climat tendu".
Les agricultrices ont bien sûr parlé des cours dramatiques, mais aussi des conséquences pour leurs familles, leurs enfants : "Nous lui avons dit que nous gagnons bien moins que le RMI. Elle nous a dit que nous pouvions déposer des dossiers". Ce que certaines femmes auraient l'intention de faire "en oubliant notre fierté d'éleveur".
Dans leurs revendications, les femmes n'ont fait que rappeler ce que les hommes ont déjà réclamé depuis longtemps sans jamais être entendus : le dégagement du marché par des restitutions et du stockage privé, la nécessaire traçabilité des produits à la vente, une législation pour le logo "VPF" … "Le pire serait que nos porcs ne partent pas, qu'est ce que nous en ferions ? Le dégagement du marché est la priorité, on est dans l'urgence"
Comme d'habitude, Madame le Préfet a promis de transmettre les revendications. Elle se serait aussi engagée à réunir les maires du département pour établir une charte de la restauration collective, qui on le sait utilise les viandes d'importation les moins chères .
Toutes ces femmes, jeunes et moins jeunes espèrent bien sûr que leur démarche aura servi à quelque chose : "Nous avons essayé de montrer que dans quelques mois nous ne serons plus aussi nombreuses si la situation continue. Nous n'avons pas d'autre choix que d'espérer alors que nous avons fait tous les efforts nécessaires pour mettre les exploitations aux normes, pour faire de la qualité …Nous travaillons à perte, cela ne peut plus durer".
J L Le Rest
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