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En Bretagne, une prairie à base de ray-grass anglais seul ou associé à du trèfle blanc reste la base de la plupart des prairies. Le rendement, la qualité de l’herbe, la durée de la prairie plaident pour cette solution. Cependant dans toutes les exploitations, on trouve des parcelles non accessibles aux vaches, des parcelles sèches ou humides ou froides ou à potentiel réduit. Y a-t-il d’autres espèces que l’on pourrait associer pour un meilleur résultat ?
Des solutions pour des situations variées
La réponse est affirmative. « Un mélange d’espèces sera réussi s’il dure dans le temps, s’il reste homogène (pour éviter le tri par les animaux) et si l’équilibre entre les espèces est maintenu », explique Françoise Guillois (Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine). Le type de sol, la biologie de chaque espèce (pousse printanière ou estivale, évolution au fil des années, plus ou moins grande agressivité des variétés) jouent sur l’équilibre. Le mode d’exploitation intervient : fauche ou pâturage, pression de pâturage, niveau de fertilisation. Suivant les animaux utilisateurs (vaches laitières, allaitantes ou génisses), les solutions peuvent être différentes.
Ainsi une parcelle froide au printemps pourra être implantée avec un RGA demi-tardif, une fétuque et un trèfle blanc. Elle pourra être pâturée ou fauchée. Si elle est séchante, le dactyle remplacera la fétuque. Ensilage et foin seront de bonnes utilisations avec un pâturage pour les génisses. Une parcelle humide et portante au printemps pourra être semée avec une fétuque élevée et un trèfle blanc pour du foin et un pâturage estival.
Dans une parcelle correcte mais non accessible aux animaux, un ray-grass hybride et du trèfle violet sont adaptés à la fauche. On pourra utiliser un dactyle, une luzerne, un brome et un trèfle violet en situation séchante. Avec un petit potentiel, pour des génisses, une flore variée complexe peut s’avérer une bonne formule.
Limiter la quantité de RGA au semis
Le choix des variétés dans chaque espèce n’est pas neutre. Ainsi on préfèrera un RGA diploïde à un tétraploïde car il résiste mieux en conditions difficiles. Une variété demi-tardive aura plus de production au printemps dans des conditions de sols froids, séchants ou de faible potentiel. S’il s’agit surtout de pâturage dans des sols corrects, des variétés tardives constitueront les bons choix. Pour les fétuques, il faut retenir les variétés à feuilles souples et choisir des variétés agressives (grandes feuilles) pour les trèfles blancs. Le choix se portera sur des variétés tardives pour le dactyle.
Le semis de fin août ou début septembre après une céréale constitue une bonne solution. Au printemps (avant le 15 avril), le risque de sécheresse est à prendre en compte. La préparation du sol reste capitale : sur un sol bien appuyé, le semis sera fait en surface. On évitera un semis en ligne pour une meilleure répartition des graines.
Quant aux doses, Françoise Guillois rappelle qu’il est impératif de limiter le RGA à 5-6 kg/ha. C’est le moyen de permettre au dactyle et à la fétuque à l’implantation lente de prendre place et d’éviter de faire des touffes (dactyle) et des refus. L’animal ne doit pas choisir. En revanche, il ne faut pas réduire les quantités de trèfle, 3-4 kg sont nécessaires. Autre précision : le total des semences ne doit pas dépasser 30 kg/ha. D’ailleurs les préconisations des Chambres d'agriculture indiquent des mélanges autour de 25-27 kg.
Malgré la réduction de dose, le ray-grass anglais sera largement prédominant la première année. L’équilibre à rechercher est d’avoir environ un tiers de chaque espèce vers 2 à 3 ans. Les conditions d’exploitation vont alors intervenir pour atteindre cet objectif. Françoise Guillois considère que « dans des conditions normales, il est souhaitable de rester dans des mélanges assez simples avec 3 ou 4 espèces ».
Paul Chauvin
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