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La réglementation actuelle française impose que la distribution des semences se fasse en variétés pures et conditionnées en emballages individuels. Les sur-emballages sont tolérés mais pas les mélanges tout préparés (d'espèces et de variétés différentes comme cela se fait déjà pour les gazons) et les quelques distributeurs qui le font malgré tout sont en faute par rapport à cette réglementation.
Ils ont en fait tort d'avoir raison trop tôt car l'an prochain cette pratique sera autorisée en France comme elle l'est déjà dans beaucoup de pays européens. C'est une directive européenne qui est venue obliger la France à accepter ce type de commercialisation.
Des risques
Cette décision pourrait modifier la physionomie du marché français des semences fourragères et la plupart des organismes concernés (Gnis, Institut du Végétal, EDE …) ont émis de nombreuses réserves.
Ces organismes y voyaient en particulier un risque de "nivellement par le bas" du marché, avec une réduction du choix variétal, une dépréciation de la recherche génétique, une moindre valorisation des performances produit … Et aussi un risque de fraudes car les contrôles deviendraient quasi impossibles (traçabilité et contrôles variétaux).
Des négociations sont actuellement en cours au niveau européen pour définir les modalités de contrôles, mais quelles que soient ces modalités, ils seront difficiles et limités.
Ces mélanges pourront avoir des noms commerciaux, mais sous un même nom, la composition devrait théoriquement rester la même en permanence. Ne risque t'on pas alors de voir fleurir énormément de noms commerciaux en fonction de l'évolution des prix et des disponibilités sur le marché des semences ? Une jungle où l'éleveur serait perdu et ferait en fait confiance au distributeur ?
L'éleveur choisira
En Bretagne en particulier, les éleveurs avaient l'habitude de choisir réellement une espèce, une variété, une précocité, une résistance aux rouilles… Et éventuellement d'adapter aussi l'espèce et la variété de légumineuse à semer en association.
Ce que l'on peut craindre pour les mélanges, c'est un nivellement par le bas pour avoir des prix compétitifs. Mais on peut aussi espérer que des semenciers et des distributeurs seront sérieux et proposeront aux éleveurs quelques mélanges d'espèces et de variétés de qualité confirmée et adaptées aux besoins réels des éleveurs et de leurs animaux.
Les éleveurs peuvent de toutes façons être rassurés, ils auront toujours la possibilité de travailler comme avant, car si les ventes de mélanges seront autorisées, celle des variétés pures continuera aussi, au moins si la demande existe. Ce sont en fait les éleveurs qui feront évoluer le marché en fonction de leurs exigences.
Les professionnels des semences semblent maintenant plus sereins qu'il y a quelques mois car des enquêtes ont montré que les éleveurs, en particulier en Bretagne, restent très attachés à la notion d'espèce et de variété et à la valeur génétique qui s'y rattache.
Pour informer les éleveurs sur ces nouvelles règles de commercialisation (qui pourraient être applicables en juillet 2004), le Groupement National Interprofessionnel des Semences (GNIS) prépare une vaste campagne d'information.
Jean Louis Le Rest
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