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À Pluméliau (près de Pontivy), les conditions pédo-climatiques sont assez favorables, aussi bien pour l'herbe que pour le maïs et ce n'est donc pas cela qui détermine l'orientation d'un système fourrrager.
Pas de conserve d'herbe
Au Gaec du Lys (du prénom des 3 associés, Laurent, Yannick, Serge), le choix a été fait d'un système plutôt intensif, mais basé sur les fourrages. La production est de 10 000 kg de lait standard (70‰) par vache pour un troupeau de 75 laitières. Les niveaux de concentrés sont très raisonnables avec 1 265 kg par vache et le chargement plutôt élevé (1,95 UGB/ha).
En plus de cette orientation, plusieurs éléments plaidaient en faveur d'une part de maïs assez importante dans la ration : "La régularité de rendement du maïs a fait qu'il a gagné sa place, même si l'on a aussi d'assez bons rendements en herbe (sauf sur des surfaces "extensives" en bordure de cours d'eau). Mais, nous avons surtout fait le choix de ne pas aller vers de l'herbe conservée, que ce soit de l'ensilage ou du foin. Nous ne faisons pas du tout d'ensilage ni d'enrubannage et pratiquement pas de foin pour lequel nous ne sommes pas équipés. Nous n'avons ainsi pas de souci de météo en juin et pas de pointe de travail. À l'inverse, le maïs ce n'est que quelques jours de travail pour un an de consommation", plaide Serge Le Toquin, le responsable de l'élevage bovin.
Ce choix permet une bonne utilisation de l'herbe : "Notre but est d'utiliser l'herbe par le pâturage, ce qui est la solution la plus économique. En plus, le maïs est très complémentaire de l'herbe pâturée au printemps et à l'automne".
Une autre raison encore plaidait en faveur du maïs : "Les parcelles facilement accessibles aux vaches sont un peu limitées (20 ha), sauf à traverser des routes, ce qui n'est pas simple avec un troupeau de près de 80 vaches".
Du maïs toute l'année et des betteraves à l'automne
Avec ce système fourrager, le silo n'est jamais fermé. Les éleveurs ont choisi la ration complète, distribuée par une désileuse mélangeuse pailleuse : "Nous sommes en ration complète depuis 2 ans alors qu'auparavant nous avions une ration semi-complète avec une distribution de concentrés au Dac. L'alimentation nous demande environ une demi-heure par jour pour un coût de distribution calculé de 3 centimes de franc par litre de lait (machine et tracteur, sans la main-d'œuvre). L'important est que ce que nous mettons dans la machine soit équilibré et après nous gérons en fonction des restes à l'auge".
La ration d'hiver (qui doit couvrir 28 à 30 kg de lait) est distribuée en général de début décembre à mi-février. Elle est constituée de 14 kg de MS de maïs, 700 g de paille, 1,5 kg de maïs grain, 3,5 de correcteur azoté et 1 kg de luzerne déshydratée.
En dehors de cette période, le maïs reste présent toute l'année, en quantité variable en fonction de la pousse de l'herbe. Le minimum est de l'ordre de 3 à 4 kg de MS lorsque l'herbe est abondante. Cette herbe (essentiellement du RGA + trèfle blanc) est pâturée selon un système intermédiaire entre le paddock et le pâturage continu ("du full grass en grands paddocks").
Le système fourrager a par ailleurs une originalité avec des betteraves qui sont "paturées" par les vaches laitières : "Nous faisons autour de 3 ha de betteraves depuis 3 ans. Elles sont pâturées directement au fil pendant environ 3 mois, à partir de fin août à fin novembre. Elles en consomment une trentaine de kg par jour soit 4 kg de matière sèche. Cela nous permet de diminuer le maïs et le concentré et de varier le menu avec un fourrage appétent et riche, à un moment où les dérobées ne produisent pas encore. Cela permet également d'avoir des taux plus élevés, de l'ordre de 2 points. Il n'y a aucun problème de butyriques, aucun accident depuis 3 ans et pas de gaspillages".
Du maïs "propre" et pas cher
Situé sur le Bassin Versant du Frémeur (bassin de démonstration), avec des ruisseaux et des parcelles à risques, l'exploitation du Gaec a beaucoup fait pour réduire les risques liés au système fourrager, mais sans diminuer le maïs. "Pour cela, les berges ont été enherbées (4 km de linéaires de cours d'eau protégés), le parcellaire réaménagé avec des échanges de parcelles et implantation de talus (1 300 m) et de haies (1 300 m également). Ainsi, une soixantaine d'hectares sont passés du classement risque fort à risque moyen ou faible. La mise en place du non labour contribue également à limiter le ruissellement et les molécules sont utilisées en fonction des risques parcellaires", rappelle Laurent Moréac, le responsable des cultures.
La fertilisation a été entièrement revue. Les capacités de stockage sont importantes et permettent d'utiliser au mieux les diverses déjections (bovins, porcs, volailles) sur un maximum de surface. Les lisiers, qui allaient initialement surtout sur le maïs, sont maintenant utilisés sur céréales et sur l'herbe. Ainsi, le maïs ne reçoit plus que 115 unités efficaces d'azote organique et les pâtures n'ont plus de fertilisation minérale, sauf les surfaces qui ne sont pas épandables. Les quantités d'engrais minéraux utilisés ont diminué de 23 tonnes par an.
L'adaptation de la fertilisation et des traitements permettent en plus des coûts relativement faibles pour le maïs grâce à une fertilisation et un désherbage raisonnés (voir tableau). Cela fait le kg de matière sèche rendu silo autour de 0,035 euros en moyenne (23 centimes de franc) pour 14 tonnes de MS.
Tout ceci montre qu'avec un système fourrager où le maïs tient une place prépondérante, il est tout à fait possible d'œuvrer pour une protection de l'environnement, tant pour les pesticides que pour l'azote, tout en ayant un système performant.
Jean Louis Le Rest
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