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L'intérêt des associations de graminées et légumineuses ne se discute plus, tant pour la valeur alimentaire du fourrage que pour l'économie azotée. C'est évidemment vrai pour le ray grass anglais et trèfle blanc, mais aussi pour d'autres espèces moins utilisées en Bretagne.
Il y a plus de 10 ans, les échecs étaient le plus souvent dus à l'insuffisance de présence du trèfle. C'était parfois dû à l'excès de fumure azotée ou à des raisons agronomiques, mais surtout au fait que les variétés de trèfles n'étaient pas adaptées à celles des graminées. Actuellement, c'est parfois l'inverse avec des prairies où le trèfle devient trop abondant par rapport à la graminée. Le plus souvent encore parce que les variétés associées ne sont pas adaptées l'une à l'autre.
Pour un ray grass anglais, l'objectif est d'avoir autour de 30% de trèfle au printemps et 50% en été. Au dessous de ces taux, la fourniture d'azote est insuffisante et au dessus, les risques métaboliques sur les animaux augmentent.
Les ray grass anglais ont des résistances différentes
En général, ce sera la variété de trèfle que l'on adaptera à celle du ray grass anglais et non l'inverse. Le plus souvent en Bretagne, l'essentiel des semis de ray grass anglais se fait en variétés tardives, un choix justifié en particulier par la souplesse d'exploitation. Dans une même gamme de précocité, l'éleveur choisit ensuite une ploïdie, en fonction de l'usage (pâturage exclusif ou pas) et de la pérennité qu'il souhaite. Ou bien, certains encore font le choix de mélanger les deux pour essayer de concilier l'appétence du tétraploïde et la meilleure pérennité du diploïde.
Il faut savoir que les diploïdes tallent davantage et sont ainsi plus gazonnants. Ceci leur confère en particulier une meilleure résistance au piétinement des animaux, mais aussi une meilleure résistance à l'envahissement par le trèfle. À l'inverse, les tétraploïdes ont l'avantage d'être un peu plus appétents mais sont plus sensibles aux dégradations, en particulier en sols humides. Ils sont aussi moins résistants à l'agressivité du trèfle.
Trois types de trèfles blancs
Pour simplifier, les trèfles blancs ont été classés en trois catégories, dont les limites ne sont pas toujours nettes (voir tableau)
Les trèfles à petites feuilles (qui étaient pratiquement les seuls il y a 15 – 20 ans) ont besoin de lumière et ne peuvent donc s'adapter qu'à un pâturage assez ras et à des variétés de ray grass pas trop étouffantes.
Les trèfles à grandes feuilles n'ont pas les mêmes difficultés pour l'accès à la lumière. Ils résistent également relativement bien au piétinement et peuvent arriver à étouffer un ray grass si les conditions leur sont favorables.
Enfin, entre les deux, les trèfles à feuilles moyennes, appelés encore intermédiaires et qui peuvent convenir dans une majorité de situations.
Compte tenu des caractéristiques réciproques des ray grass et trèfles blancs, il convient de bien les marier. Dans les terres peu favorables au trèfle, sensibles au piétinement, on préférera des trèfles agressifs (à grandes feuilles) avec des ray grass diploïdes. À l'inverse, dans des sols très favorables au trèfle, et surtout si l'on utilise des ray grass tétraploÏdes tardifs à très tardifs, on préférera des trèfles à petites feuilles. Et dans une majorité des situations (sols sains), les trèfles intermédiaires seront les plus adaptés, surtout avec des ray grass tétraploïdes.
Si, dès l'année prochaine vous souhaitez acheter des mélanges tout faits (voir article à ce sujet), vérifiez bien que les variétés en mélange sont adaptées à votre type de sol et à vos souhaits.
Quant aux doses de trèfle à semer, 4 kg /ha sont en général suffisants, une dose supérieure ne se justifiant que si le sol est difficile ou le semis un peu tardif.
Jean Louis Le Rest
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