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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°3397 |
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Le changement de génétique pour concilier productivité et travail
 
Dans cet élevage de 260 truies en alimentation Faf sur 70 ha de maïs-blé, Eric Laot et ses deux salariés – Andrée Le Goff (poste reproduction) et Eric Chivot (poste nursery, post-sevrage et engraissement) – délivrent une appréciation commune sur la truie Naïma, commercialisée par Pen Ar Lan. "Elles sont géniales", dit même Andrée. "Les chaleurs s'expriment bien et elles font leurs petits toutes seules. Le jour des naissances, j'en fais moins qu'avant. Au plus, sur une bande de 38, nous fouillons une truie". Quant à la légendaire "vitalité" de cette truie, sur cet élevage, elle est plus considérée comme un atout que comme un inconvénient. "Au moins quand il s'agit de leur changer de place, elles avancent", résume Eric Chivot qui signale aussi la tonicité des porcelets.
Un plan d'alimentation adapté

Ceci ne doit pas occulter les raisons premières du choix de cette génétique sino-européenne par Eric Laot : "C'est la productivité", dit-il. "La rentabilité démarre par là. Le taux de perte est un faux problème. L'essentiel est de sevrer du porcelet en nombre et de qualité". Un objectif atteint sur cet élevage qui sèvre 12 porcelets/truie pour un poids de 7,8 kg au sevrage .

Pour parvenir aux objectifs fixés, la génétique est une chose. La façon de la mener en est une autre. En passant à la Naïma qui n'est pas un gros gabarit, cet élevage a dû adapter sa conduite."Au début, j'avais tendance à trop les nourrir, d'autant plus que j'ai du maïs dans la ration. Aujourd'hui, je limite à 2,6 kg maxi en gestation pour les multipares et à 2,1 kg pour les cochettes".

Ce plan d'alimentation en gestante s'inscrit dans une globalité qui tient compte du cycle de la truie. "Les truies ont un bon appétit en maternité (Plafond de 7,5 kg pour les primipares et de 8,5 kg pour les multipares à 15 jours). En conséquence, même avec un sevrage à 28 jours, elles ne fondent pas", observe l'éleveur faisant remarquer que, même durant la canicule, ses truies ont bien consommé. Il ajoute : "En règle générale, sur 38 truies par bande, 5 ont besoin d'être retapées. Elles reçoivent alors 130 % de la ration pendant un mois à compter du sevrage".
L'élevage en groupe profitable à la tonicité

Après l'échographie, les truies au-dessus du rang de portée n°2 sont mises sur paille par lot de 15 avec alimentation en soupe. Les cochettes et primipares sont en liberté sur caillebotis (auge de 4) ; les truies un peu justes en état sont en stalles individuelles (auge de 5). Pour l'éleveur, cette phase d'élevage influe sur le bon déroulement de la maternité à venir. "L'élevage en liberté favorise la tonicité des truies. Elles mettent bas facilement comme le dit Andrée. Chez le porcelet qui n'est généralement pas trop gros à la naissance, on constate également cette bonne tonicité", explique l'éleveur qui parle aussi de la diminution des problèmes de pattes avec ce système.

Influence de la génétique, influence des méthodes d'élevage, sur l'EARL Laot, on mesure réellement une meilleure longévité des truies depuis l'introduction de la Naïma (6,7 portées sevrées par truie réformée). "Avant, nous avions des difficultés à parvenir à des carrières de 7 portées. Aujourd'hui, nous n'avons plus de syndrome de 2e portée et nous observons un plateau de prolificité jusqu'à la 7e portée", indique l'éleveur, soulignant que le renouvellement est de 37 %. "Nous introduisons 6 cochettes par bande".

Sur cet élevage, l'amélioration de la conduite en quarantaine participe aussi à l'atteinte des objectifs. "Le protocole prévoit une quarantaine de 6 semaines. Les trois premières semaines, on ne fait rien sauf les vaccinations", détaille E. Laot. Il poursuit : "En 4e semaine, on introduit une truie adulte bloquée dans une stalle. Les 4e, 5e et 6e, on introduit des déjections et des délivres. Puis la moitié du lot (6 cochettes sur 12) sont mises au Régumate à proximité de multipares qu'elles peuvent toucher au travers de barreaux. Le premier lot est donc inséminé au bout de 9 semaines et le second à 12 semaines". Depuis la mise en place de ce protocole, l'éleveur et ses salariés disent enregistrer "une nette amélioration en ce qui concerne la venue en chaleur et la taille des portées".

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Décembre 2003
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