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Producteur de porcs naisseur-engraisseur à Elliant dans le Finistère, Daniel Le Mercier a réfléchi rationnellement l'organisation de son élevage dès son installation en 1998. Avec sa femme Annie, travaillant à mi-temps sur l'exploitation, il a retenu un fonctionnement en 5 bandes avec sevrage à 21 jours.
"L'élevage a été conçu pour que 260 porcs soient engraissés par bande avec les places correspondantes en post-sevrage, pré-engraissement et engraissement. Comptant sur une portée moyenne de 11 porcelets sevrés par truie, 24 places ont été prévues en maternité", chiffre l'éleveur.
Mais rapidement, le nombre de porcelets sevrés par la truie et par portée augmente et chaque bande approche une production de 300 porcelets. L'éleveur se pose alors la question du devenir de ces animaux en plus. Il calcule le coût d'un porcelet supplémentaire en sortie de maternité sur son élevage : 16,10 euros. "Sur 2002, les laitons étaient vendus en moyenne 18,30 euros à 8 kg, la semaine suivant le sevrage. Fin 2002, j'ai donc préféré réduire le nombre de truies en réformant un peu plus à 4 semaines de gestation (après l'échographie)".
22 truies en mise bas par bande
Désormais, chaque bande compte 22 truies en mise bas. Pour éviter les "petits chats", l'éleveur attache une attention particulière à la qualité de l'aliment gestante. L'aliment allaitante est aussi de haute valeur énergétique.
L'agriculteur explique pourquoi il a choisi de respecter son choix initial de chargement du post-sevrage à l'engraissement. "C'est le système qui me permet d'obtenir les meilleures performances. Des porcs supplémentaires induiraient une augmentation de l'indice de consommation ou/et une baisse de la croissance".
Aux yeux de l'éleveur, le coût alimentaire du kg de croît fait partie des données primordiales et ça se voit sur ses résultats : ce critère se situe à 0,476 euro en post-sevrage, à 0,475 euro en engraissement et à 0,521 euro globalement sur l'élevage. L'indice de consommation global ne dépasse pas 2,80.
Daniel Le Mercier vérifie les performances d'alimentation en effectuant de nombreuses pesées à différents stades : au sevrage, en fin de transition entre les aliments 1er âge et 2ème âge, en sortie post-sevrage et bien sûr au départ pour l'abattoir. "Au sevrage, la pesée portée par portée permet d'évaluer la performance laitière de chaque truie et donc de mieux gérer l'adoption des plus petits porcelets".
Chaque truie présente produit en moyenne 2255 kilos de carcasse par an
"Ce qui compte, c'est le nombre de kilos de carcasse qui sortent de l'élevage, pas le nombre de truies ou le nombre de porcs présents", poursuit Daniel Le Mercier. Chaque truie présente lui permet d'obtenir 2 255 kg par an en moyenne. L'éleveur voit cependant une limite dans son système : "le volant de sécurité réduit en cas de problème ou d'accident sanitaire car il y a moins de truies présentes".
Toutefois, du fait du respect de son chargement, l'éleveur maintient un statut sanitaire très acceptable. Les dépenses de santé sont limitées : 6,30 euros pour 100 kg de carcasse et le taux de pertes et saisies se situe à 4,9% entre le sevrage et la vente.
La conduite elle-même favorise aussi la maîtrise sanitaire car les bandes ne sont jamais croisées. "4 semaines séparent chaque bande : l'écart est trop important pour que je sois tenté de mélanger les porcs entre bandes, pour avoir des lots homogènes par exemple. La conduite se fait strictement en bandes, la marche en avant est respectée".
Outre le sanitaire, les éleveurs ont préféré la conduite en 5 bandes plutôt qu'en 7 bandes avec sevrage à 28 jours car l'investissement était plus faible en places de maternité : "C'est ce qui coûte le plus cher. En 7 bandes, nous aurions dû prévoir 2 salles de maternité, à 16 places chacune, avec éventuellement des tampons".
Par ailleurs, la conduite en 5 bandes correspont bien à l'organisation de travail souhaitée par le couple. "Annie travaille 15 jours par mois en informatique à distance (à partir de l'exploitation) et les 15 autres jours, elle est salariée sur l'élevage", explique Daniel Le Mercier. "Avec la conduite en 5 bandes, le travail est équivalent tous les mois. Annie est présente en maternité (mises bas, soins aux porcelets, sevrage…), quand le travail est le plus important".
Daniel Le Mercier, adhérent du groupement Porfimad, utilise la souche Naïma sur l'élevage. Dès le départ, il a acquis un verrat souffleur. Il effectue uniquement des inséminations artificielles et toutes les cochettes sont achetées. Le nombre de portées sevrées par truie réformée dépasse 6,5. "Je choisis les réformes systématiquement après échographie, en me basant aussi sur l'historique de chaque truie". Pour mieux se repérer, l'éleveur utilise le logiciel Ediporc pour sa G3T et sa GTE. "Il m'est indispensable de savoir rapidement où j'en suis". A la clé : plus de réactivité devenue essentielle aujourd'hui.
Agnès Cussonneau
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