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Gain de temps et meilleur suivi grâce à l'informatique.
 
Dans un contexte de marché qui ne s'améliore pas, la recherche de compétitivité technique préoccupe toujours plus les éleveurs. Certains outils proposés aujourd'hui permettent plus de réactivité face aux résultats technico-économiques. Ils limitent aussi le temps passé à la saisie des différentes informations.

Première installation informatique en 1995

A l'EARL de Kervez (Quimper), Gildas et Christiane Sizorn gèrent leur élevage de 100 truies et 700 places en engraissement avec l'aide de matériels et logiciels informatiques. "En 1995, nous avons acquis un ordinateur, une imprimante et le logiciel Isaporc conçu par Isagri. Nous ne connaissions strictement rien à l'informatique. Les enfants aussi souhaitaient utiliser l'outil", retracent les éleveurs. L'investissement se situait autour de 4 600 euros (30 000 F), sans compter les frais de maintenance Isagri (suivi, mise à jour).
Après quelque temps passé à se former, les éleveurs ont rapidement trouvé un intérêt à travailler avec Isaporc. "Nous pouvons avoir nos résultats techniques sous les yeux à l'instant t. Cela permet de réagir beaucoup plus rapidement en cas de problème. La G3T nous donne les performances en reproduction et la GTE aide pour la gestion technico-économique du sevrage à l'engraissement", explique Gildas Sizorn.

En 2001, le matériel informatique est renouvelé (ordinateur, imprimante) et les éleveurs réalisent de nouvelles acquisitions : un scanner, un appareil photo numérique (davantage pour les loisirs), mais aussi un "Agripocket" (outil de saisie informatique qui tient dans la main) et le logiciel Isaculture. Le coût total est similaire à celui de 1995 : 4 600 euros. Sur l'élevage, les frais de maintenance s'élèvent à 532 euros HT en 2003.

Saisie informatique directement dans l'élevage

L'Agripocket constitue une petite révolution sur l'élevage. Plus de papiers à traîner un peu partout au moment des mises bas et des inséminations. Gildas Sizorn enregistre les données directement dans l'élevage : entrée des cochettes, réformes, nés totaux, nés vivants, jour de la saillie, observations… Autant d'informations qui seront plus tard synthétisées dans une fiche de carrière pour chaque truie.
Les travaux réalisés sur les cultures sont aussi saisis : semis, engrais, phytosanitaires... "Même si je n'emmène pas systématiquement l'Agripocket sur le terrain, il me permet de ne pas allumer l'ordinateur à chaque fois que j'ai une donnée à enregistrer". Le soir, l'agriculteur place l'assistant informatique sur un support et les données sont transférées automatiquement sur l'ordinateur qui effectue une synchronisation. "Cela permet d'éviter les doubles saisies".
Pour le moment, seule la GTE n'est pas disponible sur l'assistant informatique. Elle permet à l'éleveur d'obtenir des informations notamment sur l'alimentation, les indices de consommation, les GMQ… "Je sors les résultats technico-économiques mensuellement, le suivi des performances est donc amélioré". Preuve en est par les chiffres : 463 de GMQ en post-sevrage (7-25 jours) et 809 en engraissement (25-105 jours).
L'EARL de Kervez se démarque aussi en reproduction avec un nombre de porcelets sevrés par truie productive et par an de 31. Il n'est pas rare de voir ce critère atteindre 34 sur l'élevage. Le taux de fécondation en saillie première se place à 96,5%. En moyenne, 13,8 porcelets naissent par portée, 13,3 sont vivants et 12,6 sont sevrés. Pour le choix des réformes, Gildas Sizorn regarde les synthèses des performances des truies sur son logiciel.

Uniquement des cochettes provenant de l'élevage

Le haut niveau productif des truies de l'élevage permet à l'éleveur d'auto-renouveler toutes ses cochettes, ce qui représente un gain conséquent d'argent. L'amélioration génétique se fait donc uniquement par voie mâle (croisement alternatif). Les deux verrats de l'exploitation (dont un auto-renouvelé) sont davantage utilisés comme souffleurs. "Nous pratiquons entre 90 et 95% d'insémination artificielle".
Par ailleurs, Gildas et Christiane Sizorn ont choisi un renouvellement faible des truies : 30% d'apport de cochettes. "Nous obtenons en moyenne 8 portées sevrées par truie réformée". Le sanitaire est excellent sur l'élevage : les frais vétérinaires ne dépassent pas 75 euros par truie annuellement. "Le microbisme est réduit notamment du fait de l'auto-renouvellement".
Depuis 1 an, les éleveurs gèrent aussi la traçabilité par informatique. Une tâche ingrate qui était faite à la main jusqu'alors. Il existe notamment un fichier pour les interventions sanitaires précisant la posologie, la durée de traitement, le délai d'attente, la date d'abattage minimale, le numéro d'ordonnance… Les mouvements d'animaux peuvent aussi être contrôlés. La traçabilité sur les cultures est par ailleurs garantie.

Des informations saisies une fois servent pour la réalisation de nombreux documents qui peuvent être conservés, imprimés, envoyés à l'administration… Isaculture permet de réaliser facilement le plan prévisionnel de fumure et le cahier d'épandage. Même chose pour la déclaration Pac. Pour Gildas et Christiane Sizorn, l'intérêt de leur installation informatique se résume par le triptyque : gain de temps, meilleur suivi, réduction des risques d'erreur. "Et en cas de contrôle, tout est clair".

Agnès Cussonneau


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Décembre 2003
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