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Notre objectif, c’est que toutes les tâches de l’élevage soient réalisées le matin ». Pascal et Eric Dondel, associés dans le Gaec du Chêne Harel à Melesse (au nord de Rennes), s’y tiennent. Et pour cela la journée commence vers 6h30 – 7h suivant les contraintes familiales (leurs épouses travaillent à l’extérieur avec des horaires variables). Le soir, au plus tard à 18h30, tout le travail de l’exploitation doit être terminé.
Chacun s’occupe d’une partie de l’élevage, la verraterie et les gestantes pour Pascal avec le poste insémination (prélèvement à la ferme), les maternités et le sevrage pour Eric. Quant à l’engraissement, seul le repas de 11h est surveillé, les deux associés alternent. Certaines tâches se font cependant à deux : les mises bas les jours de pointe, le sevrage, les déplacements d’animaux.
« Nous appliquons le principe de la marche en avant, explique Eric. Concrètement tout le travail qui doit être fait, par exemple en maternité, est réalisé avant de passer à un autre bâtiment. Cela permet de se concentrer sur les interventions et d’éviter les allers-retours ». La formule a aussi des avantages sur le plan sanitaire en terminant par les animaux les plus âgés. L’engraissement marque la fin du travail de l’élevage.
Tenir compte des autres personnes
Limiter le temps de travail passe aussi par l’optimisation du travail des autres. Exemple avec le lavage effectué par une entreprise extérieure. Tout est trempé à l’avance, la tenue est prête, chaque bâtiment possède une lance haute pression rangée à un endroit précis. Un planning sur un an est établi. «Nous ne payons que du temps effectif de lavage ». Les associés traduisent cet aspect de l’organisation du travail par une formule : « Le bon objet, au bon endroit, au bon moment ». Sûrement un gain de temps et d’énervement.
Chaque fois qu’il est possible d’automatiser une tâche, les éleveurs le font. C’est le cas avec l’alimentation. Une machine à soupe alimente tout l’élevage à l’exception des porcelets 1er âge. « Nous gagnons en précision, pas nécessairement en temps car il est utilisé pour accroître la surveillance. C’est de l’efficacité en plus ». Pour la rénovation à venir de la maternité, la facilité et l’efficacité du lavage seront davantage prises en compte.
Limiter ce qui perturbe l’élevage
À 175 jours, dernier délai, les derniers porcs quel que soit leur poids sont expédiés à l’abattoir. Il n’est pas question de perturber le déroulement des bandes ou de limiter le vide sanitaire.
Les éleveurs reconnaissent que la distance est longue entre l’engraissement et le local d’embarquement (une ancienne porcherie). Il faut du temps pour déplacer les animaux et ensuite laver le quai. La configuration des bâtiments ne se prête pas facilement à une autre organisation. L’organisation est plus rationnelle lorsqu’il s’agit de peser les porcelets à la sortie de maternité et du post-sevrage : la bascule se trouve sur le circuit.
Les imprévus existent. Il y a des moyens pour les limiter. Ainsi les associés ne reçoivent personne sans un rendez-vous préalable afin de rester concentrés sur leur travail en cours. Quant aux pannes, il est souvent possible de devancer ce qui va lâcher : exemple hors élevage, la charrue est prête pour les labours des prochains maïs. Les systèmes de sécurité (compresseur…) font l’objet d’une vérification hebdomadaire. Restent les incidents sur la machine à soupe, ce sont les plus gênants. Sauf à disposer d’un service après-vente efficace.
Prendre du recul
Le fait de regrouper tous les travaux de l’élevage le matin autorise les associés à réaliser d’autres tâches l’après-midi : cultures, épandage, gestion technique, entretien pour Pascal. Entretien aussi pour Eric, auquel s’ajoutent les aspects administratifs et les relations avec l’extérieur. « Cela prend de plus en plus de temps et nous met de la pression. Heureusement que l’élevage est en bonne santé ».
Les associés se sont organisés pour limiter à 3 heures le samedi matin. Ensuite, c’est à tour de rôle pour la surveillance et les travaux du dimanche matin (3 heures). En choisissant les bonnes semaines, ils s’accordent deux fois une semaine de vacances avec l’idée de passer à trois semaines. Ils ont aussi pour projet de pouvoir se libérer une demi-journée en cours de semaine. « Il faudra savoir se l’imposer à un moment donné », affirment-ils.
Pascal et Eric ne s’estiment pas être des perfectionnistes dans leur élevage. Ils considèrent qu’il faut « prendre du recul pour être positif et réactif. L’ouverture vers l’extérieur est vitale pour ne pas être trop décalés (35 heures). À nous de rendre le travail passionnant, pour garder l’envie ». C’est le cas.
Paul Chauvin
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