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Avec 25 porcelets sevrés par truie productive ou 22,4 par truie présente, Pierre-Yves Chenard, en Gaec avec sa mère à Montreuil-le-Gast au nord de Rennes, maîtrise le poste reproduction de l’élevage. En pratique, une somme de détails mis en application suite à des observations et des recommandations. Le Gaec travaille avec le groupement Arca basé à Saint-Armel (35).
Le sevrage a lieu le mercredi soir. « Cela ne me gêne pas d’avoir quelques inséminations à faire le dimanche. Comme cela, j’ai la certitude de ne pas avoir de mises bas le dimanche, elles sont terminées le vendredi soir ». Au sevrage, l’éleveur commence par sortir les truies de la maternité pour les conduire dans le bloc saillie, les porcelets restent en place. « C’est plus facile et moins bruyant pour les vacciner le jeudi lorsque les mères sont parties ».
Le sevrage aura été préparé précisément au niveau alimentaire : du mercredi au vendredi matin, pas de repas ni administration d’un produit de tarissement. Le vendredi soir, elles auront 4 kg d’aliment. « Je pratique un stress important suivi d’un flushing pour favoriser les retours et la fécondation ». Également pendant la semaine qui précède le sevrage, les truies bénéficient d’une cure d’oligo-éléments et de vitamines.
Deux inséminations profondes
Et ça marche. Le dimanche matin, 2 ou 3 truies sur un groupe d’environ 25 sont en chaleurs, autant le dimanche soir. Généralement, le lundi soir, toutes les truies ont été repérées par les verrats. La disposition du bâtiment (une ancienne étable à taurillons) est intéressante sur ce plan. Les truies sont par groupe de six, sur paille, avec un réfectoire individuel dans lequel elles peuvent être bloquées. Une case verrat est intercalée toutes les 12 places permettant ainsi une proximité.
Ce sont les verrats qui détectent les truies en chaleurs. Pour cela, ils sont introduits pendant une dizaine de minutes dans la case avec les truies sous la surveillance discrète de l’éleveur. Les truies à inséminer sont alors marquées. Quelques saillies sont assurées par les verrats pour s’assurer de leur collaboration future ! La première insémination a lieu 12 heures après la détection, suivie d’une deuxième décalée de 12 heures. Il n’y a pas de troisième insémination même à certaines périodes de l’année considérées comme plus difficiles.
Le Gaec se fournit en semence chez Cobiporc. « C’est plus simple que de pratiquer le prélèvement des verrats qui nécessiterait un équipement spécifique », estime l’éleveur. Les livraisons sont programmées à raison de quatre doses le vendredi soir et de 16 doses le lundi matin et autant le lundi soir. « S’il faut avoir les doses plus rapidement, j’ai la possibilité de me déplacer directement au centre de Saint-Gilles. Un avantage de la proximité ».
L’éleveur pratique depuis quelques mois l’insémination profonde qui consiste à déposer la semence dans les cornes utérines. « La technique est nouvelle, il faut se l’approprier et quelques mises au point me semblent encore nécessaires : modification du cathéter qui blesse parfois le col de l’utérus ». Pierre-Yves Chenard ne l’utilise pas sur cochettes. Et il est encore trop tôt pour savoir si cette technique a une influence sur le nombre de nés. Elle n’en a pas sur le taux de fertilité au regard des premiers résultats. Cependant l’éleveur considère que cette technique lui demande plus de temps.
Un taux de fertilité satisfaisant
L’insémination a lieu dans les réfectoires avec une truie bloquée. Avec un temps d’attente de 5 mn par truie, l’éleveur opère par groupe de trois truies (pour une bonne surveillance) en utilisant le Cobiclip qui serre le dos de la truie et maintient la dose en hauteur en suivant ses mouvements. Lors de la dernière semaine de saillies, le lundi soir, ce travail a pris une heure à deux personnes pour 17 truies. Un constat de l’éleveur : l’insémination se passe plutôt mieux si la truie est bloquée à proximité du verrat. Une question d’odeurs. Les truies resteront ensuite bloquées pendant trois jours pour éviter le chevauchement. Elles auront 4 kg d’aliment jusqu’au mardi soir, 3 kg ensuite ou un peu plus si elles ne sont pas en état.
L’ensemble de ces pratiques conduit à un taux de fertilité de 90 % tenant compte des températures élevées de l’été 2003 et des variations qui ont suivi. « Un bon résultat » pour Francis Ruel, technicien porc à Arca qui constate toujours un fléchissement entre les semaines 35 et 42.
Les retours existent, entre 0 et 2-3 truies par bande. Le technicien du groupement opère systématiquement une échographie à 4 semaines après l’insémination afin de ne pas laisser de truies vides, «l’œil ne suffit pas, surtout si les animaux sont sur paille ou en plein air». La réintroduction des truies vides dépend de leur carrière et elles peuvent être décalées du fait de l’arrivée de cochettes. L’objectif de l’élevage est d’avoir au moins 20 mises bas et 22 au plus compte tenu du nombre de places maternité. Il arrive que des truies pleines soient envoyées à l’abattoir.
Paul Chauvin
Une quarantaine de luxe
Huit cochettes d’une centaine de kilos (pas plus) arrivent sur l’élevage toutes les six semaines. Elles disposent d’un bâtiment sur paille. « On m’a dit que j’avais une quarantaine de luxe. En tout cas, l’adaptation se fait très bien », lance Pierre-Yves Chenard. Y compris sur le plan sanitaire, les truies de réforme sont utilisées pour transmettre le microbisme de l’élevage. L’éleveur prend soin de ses nouvelles femelles en allant les voir, les caresser, « elles sont l’avenir de l’élevage ». Pas question de les négliger.
Les cinq premières semaines sont consacrées aux vaccinations (Aujesky, parvovirus, rouget, antiparasites). Ensuite seulement, il pratiquera des hormones pour grouper les venues en chaleurs et aussi avoir de bonnes chaleurs. L’objectif (réalisé) est d’avoir la première mise-bas à un an. Et ainsi de continuer à avoir des animaux au top capables de bonnes performances.
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