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Tous les techniciens et éleveurs spécialisés s’accordent sur l’importance du nettoyage et de la désinfection des salles en production porcine. Bien réalisés ils limitent les facteurs de risques des différentes pathologie digestives ou respiratoires et constituent donc un des outils de la prévention des maladies. Ces opérations de nettoyage-désinfection doivent d’une part respecter un protocole rigoureux et une bonne utilisation de produits adaptés (détergents ou désinfectants). Il est évident que pour un même résultat, plusieurs facteurs tels que la conception des locaux, les matériaux utilisés peuvent influer.
Protocole à respecter
Première étape, le respect du protocole de nettoyage désinfection. Il démarre par la préparation de la salle, c’est-à-dire la sortie du petit matériel (maternité et post-sevrage) lavé et désinfecté à l’extérieur, le raclage des grosses salissures, le dépoussiérage des parties hautes, la vidange des pré-fosses. Il s’agit en fait d’éliminer les risques de recontamination immédiate. Vient ensuite le trempage pour ramollir les souillures et donc faciliter la pénétration du détergent et faciliter le décapage. Une étape importante, dans la mesure où elle permet de gagner ensuite du temps et limite la consommation d’eau. Il est conseillé de réaliser cette opération dans les 3-4 heures qui suivent la sortie des animaux. Les murs, plafonds et équipement ne doivent pas être oubliés.
Deuxième phase, l’application du détergent sur l’ensemble des parois à nettoyer, de préférence sous forme de mousse et en respectant les doses préconisées par le fabricant. Après une durée de contact d’au minimum 30 minutes, la pompe haute pression entre en action pour un décapage. Là aussi, il convient de laver toutes les surfaces du sol au plafond (du haut vers le bas). Les débits conseillés sont de 150 à 160 bars au minimum à 20-25 bars. L’utilisation de l’eau chaude assure un nettoyage plus efficace, mais a aussi un coût. Le rinçage s’effectue à faible pression.
La désinfection constitue la troisième phase du protocole. En prenant soin de l’appliquer sur des murs humides, non ruisselants, elle peut être effectuée par pulvérisation, mais est considérée plus efficace sous forme de mousse. Cette désinfection peut être complétée, notamment dans les ateliers à haut niveau sanitaire, par une nébulisation ou une thermonébulisation. Il est enfin conseillé d’assurer un séchage rapide des locaux nettoyés et désinfectés avec des radiants ou des aérothermes.
Des facteurs d’influence
Ce protocole étant respecté d’autres éléments influencent le nettoyage et la désinfection. Outre le fait que les opérations doivent être réalisées par un personnel compétent (de l’élevage ou extérieur), la conception des locaux facilite ou non les opérations : hauteur de plafond, présence de fissures, types de caillebotis et d’équipements. Ainsi, les interfaces arrondies entre murs et sols ou plafonds arrondis faciliteront le nettoyage. Même constat en ce qui concerne les matériaux qui s’encrassent d’autant plus qu’ils sont rugueux et sont plus faciles à nettoyer lorsqu’ils sont lisses. Les caillebotis fil se nettoient plus facilement que les plastiques … Sans oublier que les équipements vieillissent plus ou moins bien. Il faudrait donc adapter la nature des solutions de détergents aux différents types de matériaux. Pas toujours évident.
La qualité des produits de nettoyage et de désinfection ainsi que la mise en application (nature de l’eau, température, temps de contact, respect des doses) jouent également un rôle important (voir tableau). Le choix est par conséquent primordial. Il est conseillé d’utiliser des détergents alcalins pour s’attaquer aux souillures de type organique, auxquels il convient d’ajouter des inhibiteurs de corrosion et des produits anti-tartre. Les produits de désinfection doivent être sélectionnés en fonction de leur large spectre d’action (bactiricide, fongicide, virucide), sans présenter de risques toxiques pour les manipulateurs ou pour le cheptel. Par contre il est déconseillé d’associer plusieurs produits. De même dans le cadre d’une désinsectisation, il convient de vérifier la compatibilité avec les autres produits.
Conclusion une bonne opération de nettoyage nécessite donc de la méthode et de la rigueur. Les différentes étapes interfèrent sur les autres. Par conséquent, il faut une bonne pratique, des intervenants formés à ces tâches, un matériel et des produits adaptés et utilisés conformément aux prescriptions.
Pierre Dénès
D’après documents de l’ITP
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