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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°3391 |
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témoignage : Une automatisation progressive de l'alimentation
 
A son installation à Guiclan (29) en 1981, Maurice Derrien, producteur de porcs alors uniquement naisseur, gérait l'alimentation et l'abreuvement de son cheptel manuellement. "Les truies étaient nourries avec un aliment unique à l'époque", raconte-t-il. Enrichie de bâtiments et matériels nouveaux, l'exploitation compte aujourd'hui 140 truies avec un engraissement entièrement effectué sur l'élevage. Une conduite en 7 bandes avec un sevrage à 28 jours a été choisie par l'éleveur. Une conduite alternative (type 4 ou 5 bandes) lui avait été proposée mais n'avait pas été retenue.
Concernant l'alimentation et l'abreuvement, une première étape avait été franchie en 1989 avec le passage en automatique pour l'engraissement et les truies gestantes (machine à soupe). Cette amélioration avait coûté 60 000 F HT (9 150 euros). Aujourd'hui, Maurice Derrien prévoit d'investir dans un nouvel automate car celui-ci commence à montrer des dysfonctionnements de temps en temps. "Ce qui est normal compte tenu de l'âge de la machine".

Un automate remplace le tuyau d'eau amené à la main

En 2001, un autre palier est atteint avec l'installation de doseurs ainsi qu'un automate pour l'eau en maternité (coût global environ 13 000 euros HT, soit 85 000 F). Un "multiphase" est aussi acquis pour l'atelier post-sevrage. Le montant d'achat atteint 20 580 euros HT, soit 135 000 F. L'éleveur a aussi revu le stockage de la nourriture : «Deux silos ont été rajoutés (3 660 euros d'investissement), dont un pour l'aliment 1er âge. Jusqu'alors, cet aliment était acheté en sacs. Le vrac amène à une économie de 5,34 euros pour 100 kg (35 cts de F par kg).»
Désormais, seul l'aliment starter sous les truies est distribué à la main.
Grâce à d'autres investissements effectués en 2001, Maurice Derrien réalise aussi des économies : de temps grâce au poste fixe pour le nettoyage, d'eau grâce à des abreuvoirs "anti-gaspi" (plus profonds) en post-sevrage.
Avant la nouvelle installation, l'éleveur passait 1 heure par jour en maternité et le même temps en post-sevrage pour effectuer l'alimentation et l'abreuvement. "Je nourrissais les porcelets en post-sevrage avec un chariot et un seau : 150 tonnes d'aliment par an". Aujourd'hui, le poste alimentation pour l'ensemble de l'élevage ne dépasse pas 2 heures par jour. "Le travail est aussi beaucoup moins pénible", ajoute Hubert Lastennet, technicien Cofiporc, groupement auquel adhére l’éleveur.
"Pour l'engraissement et les gestantes, je regarde tous les jours si les animaux consomment bien, si la machine fonctionne normalement… Les porcs en engraissement reçoivent trois repas par jour et les gestantes deux repas", poursuit l'éleveur. "En maternité, je règle les doseurs individuellement selon l'état de la truie et le nombre de porcelets. Les truies entrent dans les cases 8 jours avant la mise bas et reçoivent 2 repas quotidiennement".
Pour des raisons de praticité, toutes les truies en maternité reçoivent l'aliment allaitant. Le surcoût est compensé par les bons résultats techniques. Les vannes d'arrivée d'eau peuvent être fermées dans les cases sans truies. Le système évite de se déplacer avec son tuyau.

Trois repas en post-sevrage pour stimuler l'appétit avec un aliment frais

En post-sevrage, l'éleveur a préféré scinder l'alimentation en trois repas. "Frais, l'aliment est plus appéteant et le bruit stimule les porcs". Pesant à 100 g près, le multiphase permet à l'éleveur d'optimiser la transition entre les aliments 1er, 2ème et 3ème âge. En cas de problème, il est possible de passer en distribution manuelle. Le choix de la farine pour le multiphase a aussi généré un gain de 61 cts d'euros/100 kg (4 cts de F/kg).
Gagnant globalement un temps important sur le poste alimentation, l'agriculteur s'est recentré sur l'observation et l'anticipation, primordiales pour la maîtrise de la conduite. Accompagné par les techniciens, il passe plus de temps à l'analyse de la G3T et la GTE. "Les performances sont validées par des pesées intermédiaires".

Souhaitant obtenir la meilleure marge sur le coût alimentaire, l'éleveur accorde une attention particulière au coût du kg de croît : 0,46 euro en engraissement et 0,53 euro globalement sur l'élevage. Le nombre de porcs vendus par truie et par an est de 24,7. Côté reproduction, le nombre de porcelets sevrés/truie/an se place à 27,2 et 11,2 porcelets sont sevrés par portée. La perte sur les "nés vivants" est de 9,5%.
Pour consacrer tout son temps à l'élevage, Maurice Derrien confie la gestion des 30 ha de maïs de son exploitation à une entreprise de travaux agricoles, de la préparation du sol au broyage des céréales, qui sont consommées par les porcs charcutiers. "La rentabilité est tout aussi intéressante".
En 2004, il n'y aura plus de passage en nursery

En 2004, Maurice Derrien projette d'enlever le stade nursery (où les porcelets passent 18 jours après les 28 jours en maternité) et reviendra à une conduite avec trois post-sevrages. Il souhaite ainsi poursuivre son gain de temps et de performances : un lavage en moins et un déplacement en moins des porcs, donc moins de stress. Une partie du post-sevrage, situé à quelques centaines de mètres du site principal, devrait aussi être rapatriée.
Le système pris dans son ensemble permet donc à l'agriculteur de gérer seul son troupeau de 140 truies NE, à l'heure où les salariés sont difficiles à recruter, dans le secteur porcin notamment. "Je fais appel au service de remplacement une journée toutes les 3 semaines pour le sevrage. Et cette année, je suis parti 10 jours en vacances", souligne l'éleveur, satisfait de ses nouvelles conditions de vie.

Agnès Cussonneau


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Décembre 2003
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