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Dans une exploitation traditionnelle, le "patron" n'est généralement pas aux 35 heures. Bien souvent, c'est lui qui fait la soudure en rallongeant ses journées par les deux bouts. À la station de Kerafic, qui est aussi un lieu de formation, il n'y a que des salariés. Il faut donc boucler le travail avec un quota d'heures fixe.
Préparer en avance
"À part le mercredi – journée des mises bas où nous sommes 3 –, nous ne sommes en permanence que deux sur l'exploitation. Ainsi, nous récupérons les RTT, les récupérations (permanence 1 week-end sur 3) et les congés ", explique Dominique Quéouron, responsable d'élevage. À noter qu'un salarié supplémentaire intervient un jour par semaine pour les réparations et la maintenance. "À vrai dire, avec la durée actuelle du travail, pour ne pas être trop tendu, il faudrait 3,5 salariés pour cet élevage compte tenu aussi du temps consacré à la formation des éleveurs qui, pour notre groupement, est d'un grand intérêt", ajoute Pascal Rouxel, responsable technique du groupement et chargé de la gestion de la station.
L'organisation du travail s'avère donc la parade pour boucler l'ensemble des tâches dans un temps défini. "Le jeudi étant une journée moins chargée, nous en profitons pour ranger les papiers, nettoyer les seringues et le petit matériel, etc. Nous préparons aussi la salle de mise en bas en prévision des naissances de la semaine suivante (conduite à la semaine) : chariot pour les soins, tapis, lampes arrière, etc., tout est prêt. Ainsi le jour J, nous n'avons pas besoin de courir dans tous les sens. Nous pouvons nous consacrer pleinement aux mises bas", indique Irène Caer.
"La surveillance des mises bas démarre le mardi soir. Chez les truies susceptibles de mettre bas la nuit, nous mettons jusqu'à 5 lampes", explique Dominique. "Le lendemain nous sommes présents dès 6 h du matin. Pour le soir, l'ensemble des mises bas a eu lieu".
Le groupage des chaleurs détermine le groupage des mises bas
Pour ces éleveurs, la concentration des naissances sur un temps court se prépare dès le cycle précédent. "Nous prenons systématiquement la température des truies après mise bas. Ça permet d'intervenir rapidement en cas de problème".
Les truies reçoivent une injection de vitamines AD3E le jour du sevrage (mercredi) pour compléter une cure vitaminique entamée 5 jours plus tôt. Puis, c'est la douche. "Le verrat est systématiquement passé devant les truies dès le jeudi. La détection commençant le dimanche", détaillent les éleveurs, estimant que le groupage des chaleurs détermine le groupage des mises bas. "Ici, 80 % des truies sont en chaleur le lundi et 95 % pour le mardi soir. Les 5 % restantes sont essentiellement des retours". À noter que sur cet élevage qui pratique le prélèvement, 70 doses sont préparées tous les lundis matin (verrat Piétrain).
Travail en binôme
Dès le week-end (vendredi, samedi et dimanche), les truies avancées en mamelle reçoivent du Régumate pour retarder la mise bas au mardi ou mieux au mercredi. Puis, à 112 jours, les autres sont systématiquement "Planatées".
De l'avis d'Irène et de Dominique, "ce regroupement des naissances permet indéniablement de gagner du temps". Et d'ajouter : "Nous sommes toujours deux en maternité. Par exemple, pendant qu'un s'affaire au raclage, l'autre est devant à l'alimentation. Ça permet d'avoir une vue d'ensemble sur la case. Avec cette technique, un porcelet à problème est vite repéré".
Le mercredi, la présence est constante en maternité. "Nous travaillons avec de l'Adénia qui est une truie calme ce qui limite les écrasements. Elle a de bonnes qualités maternelles et laitières. Pour les porcelets, nous aidons les plus faibles à téter, mais n'utilisons pas de gavage. Il peut nous arriver de rester 10 mn auprès d'une truie pour mettre les porcelets à la tétine. Enfin nous pratiquons des adoptions très précoces : un porcelet peut faire trois mères dans sa journée".
En parallèle de ce suivi intense qui contribue à placer la station de Kerafic en 4e position en termes de productivité sur 255 élevages du groupement suivis en GTTT, Irène et Dominique considèrent que le sevrage à 21 jours permet également de gagner du temps. "Globalement, la surveillance demande moins de temps en post-sevrage qu'en maternité", observent-ils.
Enfin, toujours dans ce souci d'organisation, tous les vaccins sont réalisés le même jour (quarantaine, gestante, maternité). "Ainsi, le suivi est réduit". Quand ils peuvent aussi, Dominique et Irène travaillent en binôme pour les autres tâches : "Je ne déplace jamais une truie toute seule. A deux on gagne beaucoup de temps et on est nettement moins fatigué", commente Irène Caer.
Didier Le Du
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