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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°3387 |
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Temps de travail : De gros écarts entre élevages
 
Et si les 35 heures de travail hebdomadaire étaient une réalité pour certains éleveurs de porcs ? Une enquête (1), menée auprès de 67 naisseurs-engraisseurs de Bretagne-Pays de la Loire et pilotée conjointement par les EDE-Chambre d'agriculture et l'ITP, montre que certains éleveurs ont une parfaite maîtrise de l'organisation du travail. Détail de l'enquête avec Laëtitia Le Moan, conseiller porc à l'EDE-Chambre d'agriculture du Finistère.

20 % de temps gagné en 10 ans

"La précédente étude régionale sur le sujet datait de 1994. Celle que nous venons de terminer nous a permis de requantifier les temps de travaux et de repérer les marges de progrès", situe-t-elle.
Et qu'observe-t-on exactement ? "Que globalement, le naisseur-engraisseur a amélioré sa productivité du travail de l'ordre de 20 % depuis 1994. Que le tiers des éleveurs les plus efficients consacre 16 heures/truie/an contre 28h32 pour le 1/3 inférieur (21h45 en moyenne). C'est également ce tiers supérieur qui, ramené à l'UTH (100 truies/UTH), travaille 30h54 par semaine en moyenne en élevage contre 54h53 pour le 1/3 inférieur (41h52 en moyenne)."
Mais où se creuse cet écart dans le temps de travail ? "Essentiellement au niveau des activités quotidiennes", fait remarquer la responsable de l'étude, signalant que "ces tâches représentent 40 % du temps de travail dans un élevage". Et d'énumérer quelques facteurs qui créent la différence : "61 % des éleveurs les plus rapides (1/3 supérieur) ont l'alimentation automatisée contre seulement 39 % dans le tiers inférieur. À noter aussi que l'automatisation de l'abreuvement qui s'est généralisé depuis 1994 contribue à ce gain de temps". L'automatisation est donc la première marge de progrès…et il est certain qu'une meilleure conjoncture accélérerait l'équipement.
Cette enquête met également en évidence le rôle du caillebotis intégral dans le gain de temps : chez les "plus rapides", ce type de sol est présent chez 86 % d'entre eux. "Globalement, avec la paille, on passe plus de temps sauf à avoir un système fortement mécanisé", observe la conseiller porc qui évoque aussi tous ces "petits plus "qui participent à creuser la différence : "Comme placer le balai et la pelle toujours au même endroit ; en disposer à plusieurs endroits pour éviter de faire des allers-retours inutiles, etc."

L'effet taille d'atelier

Sur le temps de lavage, les enquêteurs ont également décelé des différences significatives. "À taux de pertes équivalent, le 1/3 supérieur consacre 1h21 par truie/an à cette opération pendant que le 1/3 inférieur passe 2 h 03 h/truie/an (moyenne : 1,42 h/ truie)", cite L. Le Moan qui incite les éleveurs à chercher les explications du côté de la capacité de la pompe, de l'équipement ou non en rampes de trempage, en poste fixe – l'idéal serait d'en avoir au moins en maternité (et mieux en post-sevrage et engraissement) où le lavage revient souvent – . "L'utilisation de détergents permet également de gagner du temps, dit-elle. Notamment en post-sevrage où c'est généralement plus crassé." Rappelons que le lavage représente 17 % du temps passé sur la partie sevrage-vente.
Enfin, l'augmentation de la taille des ateliers participe à l'amélioration de l'efficacité. "À condition d'avoir un outil rationnel", note toutefois la conseillère porc de l'EDE qui cite les chiffres suivants : "Dans un élevage de moins de 150 truies, le temps par truie est évalué à 22h37 h/an (45h37/semaine) ; de 200 à 300 truies, c'est 20h48/an (40 h/semaine) et au-delà de 400 truies, le temps passe à 16h48/an (32h19/semaine)".
Les transferts d'animaux ont également fait l'objet de mesures : la moyenne est établie à 1h43/truie. Avec, là encore, des différences significatives : 1h21 pour le 1/3 supérieur et 2h09 pour le tiers inférieur. "L'organisation – panneaux, barrières pleines, couloirs dégagés – permet d'aller plus vite et de réduire la pénibilité". Les transferts représentent tout de même 16 % du temps de travail pour la partie sevrage-vente. "Il est d'autant plus important quand l'éleveur pratique de l'élevage à façon".

"Vite fait" peut être "bien fait"

Cette grande dispersion du temps de travail ne met pas en jeu les résultats techniques. Le 1/3 supérieur qui élève 273 truies en moyenne a un IC de 3,03 et produit 20,7 porcs/truie. Le 1/3 inférieur (125 truies) a un IC de 3,07 et produit 21,1 porcs/truie. "Les résultats sont sensiblement équivalents", poursuit la responsable de l'enquête qui résume : "On touche là à la notion d'efficacité dans le travail". Autrement dit, vite fait peut être bien fait…
L'analyse plus fine des résultats montre par ailleurs, qu'entre le "1/3 supérieur" et le "1/3 inférieur", il y a une répartition homogène du travail au niveau des tâches. "Le poste "reproduction" au sens large représente 50 % du temps de travail dans un élevage, indépendamment du temps total consacré aux animaux. Ce poste englobe la partie naissage, la vaccination, la mise à la reproduction les transferts d'animaux, le suivi des mises bas, le lavage, etc. En fait tout ce qui va de la quarantaine au sevrage". La partie sevrage-vente absorbe quant à elle 30 % du volume d'heures. Il reste donc 20 % pour les postes restants : 3,5 h/truie et par an pour l'entretien, les réparations, la gestion, la commercialisation et la gestion des déjections.


Didier Le Du


Fiche d'identité de l'élevage enquêté

L'élevage naisseur-engraisseur moyen c'est :
- 204 truies (écart-type : 130 truies)
- 57 % de main-d'œuvre familiale
- IC : 3,04
- Porc charcutier produit/truie : 21
- Kg porc produit/truie : 2 328 kg
- Taux de perte sevrage-vente : 7,2 %

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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Décembre 2003
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