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Le bassin Aven-Ster Goz n'est pas des plus chargés en nitrates. «On observe une stabilisation proche des 35 mg/l de nitrates», situe Pascal Nicol. Ce coordinateur de l'opération bassin versant pour la communauté de communes de Quimperlé invite toutefois à la prudence. «Il faut regarder à 10 ans», dit-il.
Il n'en demeure pas moins que lorsqu'il a été décidé d'améliorer la qualité de l'eau sur ce bassin versant, des agriculteurs ont répondu présent. «L'objectif est de descendre à 33 mg/l sachant que descendre de 2 mg est plus difficile quand on est déjà à ce niveau», déclare Gildas Conanec, président de la commission professionnelle agricole chargée de proposer des actions dans le cadre de l'opération bassin versant.
L'objectif des responsables est d'engager, d'ici 2004, «80 % des exploitations dans un engagement de progrès agronomique (EPA) ou un Contrat d'agriculture durable (CAD)». Pour l'heure, une première zone prioritaire «l'Aven Amont» a déjà engagé des actions concrètes.
Démarche volontaire
Denis Troalen, éleveur laitier à Tourc'h, exploite 55 ha sur ce secteur de l'Aven Amont. Il a adhéré à la démarche volontaire d'engagement individuel, proposée en 2002 sur cette première zone pilote. Un diagnostic et un projet de l'exploitation ont été réalisés, comme chez l'ensemble des 14 autres agriculteurs qui ont intégré la démarche.
«Le diagnostic d'exploitation, réalisé au cours d'une visite individuelle, consiste à faire le point sur nos pratiques agronomiques», explique cet agriculteur. «Ce diagnostic, réalisé par la Chambre d'agriculture, a permis de cerner ce qu'il y avait à faire et de définir les marges de progrès».
Ce premier bilan a débouché sur l'établissement d'un plan de fumure et un diagnostic des parcelles à risques. «Puis en juin, à l'issue d'une réunion de groupe, nous avons individuellement établi notre projet destiné à l'amélioration des pratiques. C'est ce que l'on appelle l'engagement de progrès agronomique».
Sur son exploitation, Denis Troalen s'est engagé à réduire la surface de ses sols nus en hiver. «Les autres années, 6-7 ha après maïs restaient nus jusqu'au printemps. Cette année, un seul sera dans ce cas», détaille-t-il.
Dans son assolement, cet agriculteur fait également attention au classement des parcelles à risque. «Ce classement tient compte du degré de pente du terrain et de la présence ou non de talus qui limitent le ruissellement», explique-t-il, précisant qu'en bordure de ruisseau, une bande enherbée joue le rôle de piège : «20 m d'herbe arrêtent plus de 80 % des molécules», précise Jean-François Bourhis, agriculteur sur ce même bassin versant. «Mais dans mon cas, souligne D. Troalen, ce sont essentiellement des prairies permanentes qui longent le ruisseau».
Moins d'azote minéral, moins de phytosanitaires
Un autre volet de l'EPA vise une meilleure gestion de l'azote. «Je mets une partie de ma surface à disposition d'un voisin, producteur de porcs. L'essentiel du lisier est épandu avant semis de maïs et après ensilage d'herbe pour faire du foin. De mon côté, j'épands du lisier de bovins sur les pâtures», indique D. Troalen. Et de souligner : «Cette année, je suis passé de 5,2 t d'azote minéral à 4 t». Une diminution qui est aussi à mettre partiellement au compte de l'année exceptionnellement sèche.
Cet éleveur s'est également engagé à améliorer ses pratiques de désherbage. «J'ai réalisé un diagnostic de mon pulvérisateur. Sachant que sur le plan économique aussi, un pulvérisateur bien réglé permet aussi de faire des économies. Par exemple, une exploitation comme la mienne a acheté pour 3 800 euros de produits phytosanitaires l'an dernier. Alors si on peut combiner environnement et économies, ce n'est que mieux», commente-t-il, indiquant qu'il envisage également de tester le désherbage mixte.
Didier Le Du
La lutte doit être collective
"Ce genre d'opération vise à agir à la source, c'est-à-dire réduire ce qui sort des exploitations : fertilisants, phytosanitaires.
En ce qui concerne les herbicides, nous avons noté de gros progrès. Notamment en Atrazine où les pics ont été divisés par 10", commente Pascal Nicol, coordinateur de l'opération Bassin versant.
"D'autre part, faut-il que l'agriculture n'est pas responsable de tout. Tout un travail, auprès des communes – Tourc'h s'est engagé dans la Charte communale -, auprès des particuliers est nécessaire pour parvenir à des résultats".
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