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Quelque 5600 éleveurs ont envoyé à la DDAF, il y a presque un an, une déclaration d’intention par laquelle ils souhaitaient pouvoir bénéficier du PMPOA2 pour réaliser la mise aux normes de leurs exploitations. Un document spécial (Élevage Avenir) leur avait été distribué, ils ont pu aussi s’informer au Space et maintenant les portes ouvertes sont autant de cas grandeur nature. « Nous avons souhaité montrer des choses simples réalisées à partir de l’existant ou du neuf réalisé de manière économe (conception, choix des matériaux…) », explique Jean-Luc Fossé, président de l’EDE.
Mais avant de parler de volume de fosse, réaliser un prédiagnostic pour savoir s’il faut ou non rentrer dans la procédure est intéressant. Sur une centaine de cas étudiés (pas nécessairement représentatifs de l’ensemble des exploitations), 20 à 30 % n’ont pas de travaux à faire ou très peu. Quelques-unes n’ont pas la capacité financière pour investir. Peut-être que le prédiagnostic va pouvoir se développer, le ministère de l’Agriculture apparaît d’accord pour le financer. Les questions à se poser sont à la fois économiques, réglementaires et techniques (voir ci-dessous). Il faut aussi souligner que la seule obligation est de respecter les différents volets de la directive nitrates, le PMPOA n’est qu’un moyen pour y parvenir.
Les techniciens de la Chambre ont insisté sur la maîtrise de l’évolution des charges. Ils recommandent de ne pas dépasser durablement plus de 60 euros d’annuités pour 1000 litres de lait. Si l’excédent brut d’exploitation est nettement au-dessus de la moyenne, la marge de manœuvre est plus grande. Mais il ne faut pas oublier les évolutions de la conjoncture et la rémunération de la main-d’œuvre.
Être cohérent dans la démarche
Dans tous les cas, la démarche d’analyse d’une situation part du parcellaire de l’exploitation. Il introduit des contraintes comme à l’Earl Anneix à Combourg qui fait partie des 12 fermes ouvertes sur le sujet : la moitié des 50 ha se trouve de l’autre côté d’une route fréquentée. Ce seul aspect entraîne une répartition des cultures spécifique avec l’herbe à proximité des bâtiments, les céréales et le maïs sur l’autre partie. Il en découle des conséquences sur le mode d’alimentation des animaux (20 à 25 ares d’herbe par vache) et sur les effectifs.
Suivant le type de bâtiment retenu, il faudra prévoir des stockages des déjections (types et volumes). Elles devront pouvoir être valorisées sur les cultures. Retour au parcellaire. Il s’agit donc d’une démarche globale.
Concernant l’Earl Anneix, la mise aux normes a été pour l’essentiel réalisée avec l’aide du Conseil général. La stabulation pour les vaches comprend une aire paillée produisant du fumier compact (stockage au champ) et une aire d’exercice avec du fumier mou stocké. Le tout est valorisé sur une quinzaine d’hectares de maïs. Les visiteurs auront noté l’utilisation de la pente naturelle du sol pour le stockage du fumier mou sur fumière.
Traitement des eaux souillées
Malgré tout, le stockage des eaux souillées reste insuffisant. Le projet dans le cadre de la mise aux normes va être la création d’un filtre à roseaux. Il permettra dans le cas présent de gagner 200 m3 de fosse. Et également de régler l’assainissement de la maison d’habitation.
La Chambre d'agriculture a fait le point devant les visiteurs sur le traitement des eaux blanches et vertes du bloc traite (filtres plantés de roseaux, fossés lagunants) et sur les eaux brunes. Ces dernières nécessitent un traitement primaire (filtre à paille ou bassin tampon de sédimentation). Elles seront épandues par asperseur ou simple tuyau perforé. Elles peuvent aussi être traités par lagunage. Ces deux derniers dispositifs restent soumis à validation. Ces solutions peuvent être utilisées pour conserver des systèmes libre-service existants. Et ainsi limiter les investissements.
Paul Chauvin
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