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Le département du Morbihan aurait un bon millier de détenteurs de moutons, dont beaucoup d'éleveurs du "dimanche". Mais, il y en a quand même plus de 200 à percevoir des primes ovines (pour environ 15 000 brebis). Et enfin, ils sont une quarantaine à élever plus de 100 brebis.
La dispersion dans de très petits élevages rend naturellement les contrôles difficiles, d'autant que l'identification, pourtant obligatoire, n'est pas toujours réalisée et que l'abattage "à la ferme" pour la consommation personnelle est encore tolérée.
Ce n'est pas pour le millier d'éleveurs que le GDS a mis en place récemment une section ovine. Mais celle-ci devrait concerner au moins les 200 éleveurs qui perçoivent des primes.
Des risques importants
Comme pour toutes les espèces, des risques sanitaires importants guettent les moutons. On se souvient bien encore du récent épisode de fièvre aphteuse qui avait été importée en France par des moutons.
Il reste également le problème de la brucellose qui actuellement fait relativement peu de dégâts mais pour laquelle la qualification n'existe pas encore dans la région et qui peut toujours revenir.
Il y a encore l'important problème de la "tremblante", cette cousine de l'ESB, qui existe aussi dans la région à l'état endémique et pour laquelle un plan d'éradication est proposé aux éleveurs. Cette maladie serait pourtant relativement simple à éliminer grâce à des génotypes (analyses de sang) qui permettent de réformer les béliers sensibles.
En plus de tous ces risques collectifs, les éleveurs sont aussi confrontés à bien d'autres problèmes sanitaires touchant au parasitisme, aux avortements, aux boiteries …
Pour pouvoir agir efficacement, il faudrait évidemment tout d'abord que les animaux soient bien identifiés et sur ce plan, on est encore loin de la perfection. Le système des boucles (uniques) est loin d'être totalement satisfaisant. Rappelons que celle-ci est du ressort de l'EDE.
Une cotisation faible pour des services essentiels
Si l'identification fiable est un préalable indispensable pour toute prophylaxie sanitaire, il faut aussi des démarches collectives pour pouvoir lutter efficacement sur nombre de maladies. C'est en ce sens que le GDS, comme dans les autres départements bretons, a mis sur pied à la demande d'éleveurs une section ovine. Une section qui bénéficie bien sûr du savoir faire du GDS acquis en particulier en bovin et qui a abouti à des résultats remarquables.
La structure départementale apporte aux éleveurs une organisation, reconnue par les pouvoirs publics (DSV) et dont les éleveurs conservent la responsabilité par leurs administrateurs. Elle met à la disposition des éleveurs des moyens techniques (équipes techniques, vétérinaire …), des formations spécialisées. Elle propose des plans de prévention et de lutte élaborés au niveau régional (parasitisme, avortements, aides au diagnostic …). Un plan régional de maîtrise de la tremblante a également été mis en place (élimination des béliers sensibles, avec une aide financière).
En cas de problèmes sanitaires, l'adhésion de l'éleveur permet des aides financières qui peuvent venir s'ajouter à celle des collectivités. Par exemple, si les frais lors d'un avortement (déclaration obligatoire) sont pris en charge par l'État, le GDS intervient pour la recherche des causes. Le Conseil général du Morbihan prend en charges les analyses brucellose permettant la qualification des troupeaux …
Pour adhérer à la section ovine, la cotisation annuelle est de 1 euro par brebis, avec un minimum de 15 euros par élevage. Une cotisation qui reste modique, pour des services qui peuvent s'avérer vitaux pour la survie de l'élevage. Et naturellement, plus les adhésions seront nombreuses plus les actions pourront être efficaces et plus les éleveurs pourront se faire entendre face à l'administration et aux consommateurs qui demandent de plus en plus une qualification des élevages et une traçabilité des produits. Et c'est aussi vrai pour le mouton que pour les autres viandes.
Jean Louis Le Rest
Pour en savoir plus
- Le président de la section ovine est Yannick Le Gargasson, éleveur de 300 brebis à Cléguérec. Les brebis sont des F1 Romanov et Inra 401, croisées ensuite avec des béliers Texel ou Charollais. Les agneaux sont élevés en bergerie.
- L'animateur de la section est Gilbert Louarn au GDS. Pour tout renseignement complémentaire, lui téléphoner au
02 97 63 09 09
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