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Les fêtes de fin d’année approchent. Dans la famille Kerouanton à Loc Eguiner, la trêve des confiseurs attendra la Saint-Sylvestre. D’ici là, Eliane et son mari Jean-Jacques font feu de tout bois. Aviculteurs en volailles de chair, ils sont aussi producteurs de sapins de Noël, depuis près de 25 ans. «On a commencé dès notre installation. La taille de notre élevage était insuffisante pour deux». L’idée de se diversifier dans l’arboriculture a germé au contact d’un voisin pépiniériste. «J’allais souvent l’aider. Quand il a passé la main, je me suis décidé. J’ai toujours eu le goût des arbres. C’est beau. C’est vivant» raconte Jean-Jacques. Il note que «contrairement aux idées reçues, la Bretagne est idéale pour ce genre de culture. Notre climat est tempéré. Le gel est rare. Il pleut suffisamment. Et puis, nos terres acides conviennent bien aux résineux.»
Dans les bois toute l’année
Pour autant, un beau sapin de Noël, ça se mérite. «Selon la variété choisie et la taille voulue, il faut compter entre 5 et 8 ans de culture.» Entre temps, pas question de se tourner les pouces. «Toute l’année, je vais dans mes bois» explique Jean-Jacques qui aime vivre au rythme des saisons. L’automne est consacré au marquage des arbres qui seront récoltés pour les fêtes. Parallèlement, les jeunes pousses sont à planter. «A condition que le terrain ait été bien préparé et entretenu régulièrement.» A la fin de l’hiver, vient le temps de la taille : «Un travail de patience.» Le printemps et l’été sont mis à profit pour défricher les sols vierges, nettoyer et traiter les plantations ; «sans quoi, ça devient la forêt vierge.»
Et lorsque décembre arrive, il faut être prêt pour la récolte. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, les Kerouanton sont à pied d’œuvre. En trois semaines, 12.000 sapins doivent être coupés, conditionnés et livrés à bon port. Jean-Jacques pilote la coupe. Eliane gère les commandes et se charge des livraisons. «Heureusement, toute la famille nous prête main forte».
Le choix de la qualité
La production est commercialisée dans des grandes surfaces, des jardineries et des fleuristes du Nord Finistère. «Nous avons choisi un marché local. Nos clients nous connaissent bien. Ils nous font confiance parce qu’ils savent comment on travaille. La proximité des points de vente nous permet de livrer tous les jours des sapins frais» expliquent Eliane et Jean-Jacques qui privilégient la qualité. Un créneau plutôt rentable. «Au départ, l’activité forestière était marginale sur notre exploitation. C’est devenue une activité professionnelle à part entière qui équivaut à un emploi à plein temps» explique le couple dont la pépinière compte aujourd’hui 100.000 plants répartis sur 10 hectares. Néanmoins, rien n’est acquis. «Nous ne sommes pas à l’abri des aléas climatiques. De plus le marché est une vraie jungle.» Face aux gros producteurs du Nord et de l’Est, Eliane et Jean-Jacques Kerouanton savent qu’ils sont attendus au coin du bois.
CER 29
CER Bretagne
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