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Les producteurs d’œufs bénéficient cette année d’une très nette amélioration de la conjoncture. Sur les 46 premières semaines de l’année, le prix moyen de vente se situe autour de 6,07 euros le cent contre 4,95 sur la même période de l’année 2002. La mise en place des nouvelles normes et surtout les conséquences de l’influenza aviaire aux Pays-Bas expliquent cette embellie. Combien de temps durera-t-elle ? « Nous espérons que l’année 2004 soit encore satisfaisante. Tout dépend du retour des hollandais sur le marché européen », confie Jean Quennemet, président d’Armor Œufs.
Pour Christophe Hamon, de Breizh-Europe, «le potentiel hollandais a été réduit de 35 à 37 % en 2003. Sur l’année 2004, ils devraient encore produire 9 à 10 % de moins qu’en année normale. Mais ils devraient retrouver leur capacité totale en fin 2004, s’il n’y a pas de désistement dans les producteurs ». (voir article de conjoncture ci-dessous).
La norme bien-être controversée
Malgré cette amélioration de la conjoncture, la profession doit faire face à d’autres contraintes, notamment celle du bien-être. « La nouvelle norme de 550 cm2 par poule va s’appliquer sans compensation financière malgré la demande de la profession. Les éleveurs ont dû changer les cages ou diminuer leur effectif de pondeuses, avec des conséquences sur les prix de revient », rappelle J. Quennemet.
Aujourd’hui, le consensus de la profession est clair : attendre les conclusions du rapport d’étape de 2005, c’est à dire refuser l’application des 750 cm2 en l’absence de preuve scientifique démontrant son intérêt. Pour le président d’Amor Œufs « Si nous ne voulons pas mettre en péril l’avenir de notre production, il nous faudra agir pour faire reconsidérer la norme de 750 cm2, avec le concours de toutes les organisations ».
C. Hamon pense qu’il ne faut pas attendre 2005 mais agir dès cette année. A l’initiative du CNPO, plusieurs rencontres ont eu lieu avec des producteurs d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne. Les avis sont controversés vis-à-vis des nouvelles normes, l’aménagement des cages pouvant entraîner des risques sanitaires plus importants en matière de salissure et de cassure des œufs. La demande d’un moratoire qui allongerait les délais serait envisagée d’autant plus que les Peco devront eux aussi respecter ces nouvelles normes techniques européennes.
Le marquage des œufs
Une autre réglementation européenne va rentrer en application au 1er janvier 2004, elle concerne le marquage des œufs. Cette échéance sera-t-elle respectée ou non ? Il semble que l’administration française ne soit pas prête pour cette date. « La réglementation prévoit qu’un certain nombre d’informations soit marquées sur les œufs et sur l’emballage, soit dans l’élevage, soit au 1er centre de conditionnement : code élevage, code poulailler, code pays (FR), le mode d’élevage (cage, sol, plein air), la date de ponte », déclare Armel Le Beller , directeur d’Armor Œufs. Les œufs destinés à la vente sur les marchés locaux sont concernés à partir du 1er juillet 2005.
Sous l’angle sanitaire, l’évolution de la directive «zoonoses » en 2006 avec le dépistage de «Salmonella Typhimurium» représentera la prochaine étape. La DGAL envisage de modifier et de durcir les modalités d’application des arrêtés « Salmonelles ». « Nous ne pouvons accepter de telles évolutions sans concertation avec la profession», déclare J. Quennemet.
Patrick Bégos
La France doit défendre ses atouts
Intervenant devant les adhérents d’Armor Œufs, l’économiste Christian Saint Etienne a brossé sa vision des 50 prochaines années. En 2050, la population mondiale totalisera 9 milliards d’habitants au lieu des 6,2 actuels. Sa croissance sera rapide jusqu’en 2025, date à laquelle nous serons 8 milliards. Qui va les nourrir ? Pour l’économiste, trois blocs ont des possibilités d’accroître leur capacité de production : les USA, le Brésil et la France.
« L’Europe n’a pas de vision stratégique pour sa production agricole, ce sont les petits pays qui n’ont pas de potentiel de production qui dictent leur choix. Il faut regarder vers 2020, se réapproprier une vision stratégique à long terme. L’agriculture n’est pas une activité du passé si elle s’ouvre à l’ensemble de la planète. C’est un support majeur de nouveau développement. La France a le potentiel pour nourrir 150 à 200 millions de personnes », estime C. Saint Etienne.
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