Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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"Simplifier la conduite des cultures pour ne pas être esclave de son travail"
 
J'ai fait des choix pour simplifier la conduite de mes cultures. Avec le système mis en place, je gagne ma vie et j'ai du temps disponible pour ma famille et mes responsabilités professionnelles". Installé depuis 1999 après ses parents, Jean-René Menier cultive 152 ha de légumes industrie (dont 15 ha de pois et 19 ha de haricots) et de céréales (dont 58 ha de blé et 30 ha d'orge d'hiver) à Mauron (56).
L'agriculteur a augmenté les durées des rotations : il est passé de 4 à 5 ans sur l'ensemble des parcelles. "A un haricot par exemple succède un blé, puis une orge, un maïs (ou pomme de terre) et un autre blé avant de revenir à un haricot", explique-t-il en ajoutant : "Les surfaces consacrées à ce légume ont régressé de 5 ha, c'est pourtant la culture qui rapporte le plus. Mais c'est indispensable pour la pérennisation de l'outil". La pression des maladies a par ailleurs régressé.
Autre changement de pratiques : depuis 3 ans, Jean-René n'a pas utilisé sa charrue et n'est pas prêt de la ressortir. Le "sans labour" est arrivé par accident sur l'exploitation. La tête de charrue étant cassée, l'agriculteur s'était replié sur le canadien en secours. "Depuis, j'utilise uniquement le canadien, une rotative et un semoir à bottes pour tous les travaux".

Les adventices
se gèrent bien

"Les premières années, j'ai eu des problèmes d'adventices. La charrue, qui descend plus profond, les enterre. Désormais, ce n'est plus la même flore et je me suis adapté. Les pièces d'usure me reviennent à 1155 E sur 2 ans. 65 socs sont changés tous les ans pour travailler l'équivalent de 350 ha. Aujourd'hui, le matériel force moins car les terres deviennent plus souples".
Jean-René travaille aussi sur une modulation des passages en phytosanitaire et en azote, plutôt qu'une modulation des doses. "Une réduction des doses à l'extrême amène des contraintes de travail : on n'a pas le droit à l'erreur".
Situé en Zac où les couverts végétaux sont obligatoires, Jean-René choisit là encore la simplicité. "60 ha ont été implantés en avoine. Une plante qui permet de bien couper les rotations. Cette culture est facile à semer, s'enracine bien et facilite la reprise de travail du sol. Cette année, je teste l'avoine de printemps qui devrait être détruite par le gel", si les températures baissent au bon moment.
Tous ces choix techniques n'ont aucunement réduit les performances agronomiques de l'exploitation. Pour pouvoir partir 15 jours en vacances vers la mi-août, Jean-René évite les productions d'automne. Il prend également 8 jours de congés en hiver. "Simplifier permet de ne pas être esclave de son travail".

Agnès Cussonneau


Les légumes font le chiffre d'affaires

Plutôt que sur les grandes cultures, Jean-René Menier se concentre sur les légumes, prépondérants dans le chiffre d'affaires. Il s'oriente globalement vers plus de cultures alimentaires (blé panifiable), mieux valorisées. "L'image et la responsabilité sont plus importantes pour ce type de cultures". Avec 2,5 km de canalisations enterrées, le producteur irrigue 24-25 ha de légumes chaque année. "Je ne souhaite pas augmenter cette surface pour éviter une surcharge de travail. L'été dernier, j'ai bien traversé le coup de chaleur car j'étais disponible pour l'irrigation".


« Perdre quelques quintaux pour gagner en marge ».

"Plusieurs producteurs du secteur travaillent en groupe pour mettre en place des essais. Le but est d'accepter de perdre quelques quintaux pour gagner en marge et en temps. La saison dernière, les essais ont montré que le nombre de passages peut être réduit en phytosanitaires tout en obtenant une marge meilleure. Nous avons pour cela baissé les densités de semences. Il n'y a pas eu d'apport d'azote au premier passage et les variétés choisies répondaient bien en rendement et maladies. L'expérience va être renouvelée chez 3 producteurs".

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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Décembre 2003
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