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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°3370 |
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Les coopératives poursuivent leur développement
 
Mercredi 3 décembre : sous la houlette de son président Philippe Mangin, l’assemblée générale extraordinaire de la CFCA (Confédération française de la coopération agricole) devait porter le projet de « Maison commune » sur les fonts baptismaux. Un projet ambitieux, même s’il ne se construira que progressivement, qui constitue peut être le premier exemple de regroupement majeur dans les organisations agricoles. Des rapprochements souvent évoqués mais rarement réalisés. Un projet qui se situe aussi dans un contexte difficile pour le monde coopératif. Les filières porcs, volailles, grandes cultures sont durement touchées par la conjoncture et les coopératives, obligées d’un côté à des efforts de rentabilité, sont parfois remises en causes par les agriculteurs eux-mêmes. A cela s’ajoute la réforme de la Pac qui va remettre en cause des organisations de marché. « La situation est difficile sur le terrain », affirme Philippe Mangin, on doit savoir se remettre en cause et s’adapter ».

Un solde positif de 234 millions d’euros

La plupart des secteurs d’activité de la coopération agricole se situent dans un contexte difficile et les résultats sont en général mitigés. Certains poids lourds ont engagé des plans de restructuration ou même ont cessé leur activité. Pourtant, les coopératives ont continué à accroître leur part de marché en prenant le contrôle de sociétés non coopératives. Selon la CFCA, le solde des acquisitions d’entreprises, déduites des cessions au privé, représente un « plus » de chiffre d’affaires estimé à 234 millions d’euros.
Nangica-Colhem (3e opérateur national pour les pommes de terre) qui arrête son activité, Yoplait qui perd 20 millions d’euros en 2002/2003, Unicopa volailles qui envisage une restructuration industrielle, Maïsadour qui doit restructurer sa filiale Delpeyrat (foie gras)… les temps sont difficiles pour la coopération agricole comme pour les autres types d’entreprises dans l’agroalimentaire. En ce qui concerne l’activité d’approvisionnement agricole, la récente assemblée de la Ffcat (Fédération des coopératives d’appro et de collecte) a montré que l’heure était à la recherche d’économies de gestion, même si la structure financière des coop reste saine. Ses indicateurs montraient que le taux de résultat net était tombé à 0,2% du chiffre d’affaires en 2002 contre 0,8% dix ans avant. La part de l’activité approvisionnement s’accroît au dépend de celle de collecte.

Toutes les filières touchées

Tous les secteurs sont touchés par les difficultés de marché. En volailles, les coopératives subissent les effets de la crise et la branche volailles d’Unicopa prépare un plan de restructuration. La sitiuation est également difficile dans l’abattage porcin. Dans la filière pommes de terre, en plein mois d’août, Nangica-Colhem provoquait la surprise en annonçant sa cessation d’activité. Dans l’alimentation animale, les coopératives sont prises en étau, entre l’augmentation du prix des matières premières et la stagnation des débouchés du fait d’un élevage - le hors sol surtout, gros consommateur d’aliments industriels - qui stagne. La pression économique n’empêche pas, la plupart du temps, les structures de bilan de rester saines. Mais elle implique des efforts considérables pour faire des économies de gestion.

Les opérations entre coopératives sont majoritaires

Elle n’empêche pas, non plus, les coopératives d’être actives en matière d’acquisition de sociétés à capitaux privés. L’acquisition de Saipol-Lesieur après celui de Béghin Say et Grands Moulins de Paris, l’achat de Transgrain par Epis Centre, celui de Calvet par une filiale d’Unicoop (vins de Bordeaux), l’acquisition de la cidrerie Volcler par Val de Vire sont autant d’exemples de ces acquisitions. Cependant, selon les relevés de la CFCA, en 2003 (sur les onze premiers mois), la part des opérations de rapprochement entre coopératives elles-même ont constitué les 4/5 de l’ensemble des opérations alors que dans les années précédentes, elles n’en représentaient que la moitié. Ces rapprochements ont concerné le secteur céréalier (25%) d’abord, suivi par la viande (19%) et le vin (12%).


67 milliards d’euros, 406 000 adhérents, 150 000 emplois

Selon les derniers chiffres de la CFCA, le monde de la coopération agricole représente 67 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2002 ; il se compose de 3 500 entreprises industrielles et commerciales ainsi que 13 300 CUMA. ces entreprises nt plus de 1 500 filiales de type SA, SARL ou SAS. L’ensemble emploie 150 000 salariés permanents et regroupe 406 000 exploitations adhérentes soit neuf sur dix. Il s’agit d’un secteur en voie de concentration dont déjà les trois quarts du chiffres d’affaires sont réalisés par 10% des entreprises. Le premier secteur d’acitivité est celui des céréales et de la nutrition animale (36% du CA des coop), suivi par la viande (21%) et des produits laitiers (18%). En nombre d’entreprises, le pôle le plus important est le vin avec plus de 800 caves coopératives (38% du nombre de coopératives).

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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Décembre 2003
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