|
L'année 2003 aura été particulièrement faste pour Groupama. Passons sur la victoire dans la Transat Jacques Vabre. Elle restera comme celle de la réorganisation des différents sites dans le cadre de la fusion des quatre départements bretons avec les deux départements des Pays de la Loire (Loire-Atlantique et Maine et Loire). Et, c'est aussi l'année du grand plongeon dans l'activité bancaire. En plus, ce sera aussi une année plutôt bonne au niveau des résultats.
Vannes site de production
La mise en oeuvre de la fusion pour créer Groupama Loire Bretagne a tout naturellement entraîné une réorganisation importante, pour une efficacité encore meilleure du groupe. Avec des contraintes fixées par le «cahier des charges» qui imposait de pérenniser les différents sites départementaux et un maintien des emplois pour les 2 000 collaborateurs dont la moitié est concernée par la réorganisation, avec mobilité professionnelle ou géographique. Sur ce plan , le lancement de l'activité bancaire a bien sûr été un apport intéressant.
La réflexion interne, et validée par les administrateurs, a abouti à une spécialisation des différents sites. Trois seront des sites de production (Vannes, St Brieuc et Angers) et les trois autres (Landerneau, Nantes et Rennes) seront spécialisés dans le traitement des sinistres. Ceci devrait permettre des procédures plus standardisées et homogènes et des équipes plus importantes pour une meilleure répartition des charges de travail, d'autant qu'il pourra y avoir une mutualisation entre les sites. Dans le même temps, des plate-formes d'accueil clients ont été mise en place ce qui permet d'avoir en permanence un interlocuteur compétent.
En plus de son activité de «production», le site de Vannes (une centaine de personnes) assumera quelques autres tâches particulières. C'est ainsi qu'il gérera l'ensemble du portefeuille des artisans et commerçants pour l'ensemble des 6 départements du groupe, ainsi que les sinistres «construction» (garantie décennale, RC des artisans du bâtiment …). Il aura également la gestion de l'activité «Vie» pour le Morbihan, l'Ille et Vilaine et la Loire-Atlantique. Toute cette réorganisation devrait être effective dès avril prochain.
Assureur et banquier
Si l'objectif de Groupama est de rester avant tout assureur, l'intrusion des banquiers dans l'assurance (déjà ancienne pour certains) a contraint Groupama à répliquer en créant également une activité bancaire. Groupama Banque a ainsi été créée avec la Société Générale et propose une offre complète, du compte courant à l'épargne (qu'elle avait déjà en partie avec l'assurance vie), en passant par le crédit aux particuliers.
Lancée depuis un an dans certaines régions, cette activité bancaire est effective sur l'ensemble de la région depuis mai 2003. La gestion de cette activité est basée à Beaucouzé (près d'Angers). La structure centralisée est légère mais le groupe peut compter sur l'ensemble de son réseau de proximité et déjà 700 commerciaux ont été formés à cette nouvelle activité.
Il est bien sûr trop tôt pour en tirer un premier bilan, mais pour le président Jean Luc Baucherel et le directeur général, Patrice Chéreau, les premiers résultats sont plus qu'encourageants : «Notre offre plaît et le prévisionnel est tenu. Notre concept de banque directe (intéressante en terme de frais de gestion) avec l'appui d'un réseau de proximité existant fonctionne bien. D'autant que nous proposons des formules souples, simples et souvent innovantes».
De plus, l'activité bancaire étant limitée aux sociétaires, la prise de risque est limitée. Mais l'ambition ne l'est pas : «Groupama s'est donné pour ambition de devenir le banquier principal de ses sociétaires».
Garder la proximité
Les fusions successives, d'abord avec les autres départements bretons puis avec les Pays de la Loire pouvaient comporter le risque de «centralisation» au détriment de la proximité existante qui a fait la force du réseau mutualiste.
C'est pour cette raison que les départements ont voulu garder une structure importante avec une «Fédération» départementale (auparavant Udama). Pour le président morbihannais, Hervé Le Cam, «cette instance a un rôle uniquement politique mais c'est la charnière indispensable entre l'entreprise régionale et les caisses locales et leurs sociétaires. Nous sommes à l'écoute des besoins des sociétaires et le relais, dans les deux sens, avec l'entreprise».
C'est aussi en ce sens que dans chaque département a été créée une «Commission risques et prévention», chargée en particulier d'étudier les dossiers qui ne peuvent «techniquement» être pris en charge. Elle est chargée également du suivi d'actions de prévention, qui ont toujours été l'un des points forts de Groupama.
REPÈRES
Au niveau national, la "Caisse Centrale" va disparaître au profit de 3 entités avec une Fédération nationale, une "Holding" et Groupama SA, le tout contrôlé par les caisses régionales, dont 13,5% pour Groupama Loire Bretagne
Le chiffre d'affaires de Groupama Loire Bretagne est, pour 2003, en progression de 7% en IARD et de 20% en Assurance Vie. L'activité "agricole" n'est plus que de 28% contre 47% pour les particuliers, 12% pour les entreprises et 13 % pour les commerçants-artisans.
Les résultats 2003 devraient être bons, malgré 2 gros sinistres (un abattoir pour 17 millions d'euros et une exploitation pour 7 millions) et une détérioration sensible en complémentaire santé. Les risques en industries agroalimentaires sont très importants et les conditions vont être revues.
Les tarifs 2004 ne devraient augmenter que de l'inflation en IARD, mais de l'ordre de 10% en complémentaire santé (comme l'ensemble des assureurs).
L'assurance "coup de chaleurs" devrait renaître en aviculture. Des discussions sont en cours avec les groupements et intégrateurs avicoles. Groupama pourrait jouer le rôle de "réassureur" auprès des groupements et intégrateurs qui eux aussi s'impliqueraient.
La charte jeunes agriculteurs (appelée Terre Entreprise) a été renouvelée avec (en plus des réductions de cotisations et diagnostic prévention) une garantie des fermages impayés et des garanties en cas de maladie ou accident.
Jean Louis Le Rest
|
|