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Ille et Vilaine (35)
Un forum pour montrer l'intérêt des métiers du salariat agricole
 
Le manque de salariés en production agricole, les structures professionnelles en parlent depuis déjà une décennie au moins. Mais malgré les efforts faits par les employeurs, le problème reste d'actualité, surtout dans le secteur porcin qui recherche des personnels formés. "Les jeunes se désintéressent du salariat en production agricole".

350 salariés recrutés tous les ans en Ille-et-Vilaine

Lors d'un "Forum-emploi" organisé par l'AEF 35 (Association emploi formation), la Chambre d'agriculture et la FDSEA le 20 novembre, les professionnels agricoles ont voulu montrer les intérêts de ces emplois. En Ille-et-Vilaine, on recrute chaque année environ 350 salariés. Un phénomène qui devrait s'accentuer avec l'agriculture en association et la volonté de davantage de temps libre de la part des chefs d'exploitation.

Venus assister au forum, quelque 270 élèves se sont forgé une idée plus réaliste du salariat notamment au travers d'une table ronde enrichie de témoignages. Employé dans la production porcine depuis 1987, Patrick a mis en avant les enjeux techniques de son travail dans une maternité collective de 700 truies avec trois autres salariés. "Nous avons un salaire fixe avec des primes liées aux résultats. C'est plus motivant".

Initialement, le jeune homme avait obtenu un CAP et un BEP. Il juge toutefois nécessaire de se remettre en question en permanence et participe régulièrement à des réunions de travail avec d'autres élevages, des sortes de Ceta entre salariés. Son travail présente aussi un autre intérêt : le temps libre qu'il peut consacrer à son hobby. "L'organisation mise en place permet à chaque salarié de ne pas travailler une semaine par mois".

Responsable d'atelier dans une Cuma, Dominique met l'accent sur l'importance d'avoir des diplômes. "Cela permet de s'adapter plus vite et d'obtenir de meilleurs salaires au départ. Comme je m'étais arrêté au niveau CAP, il m'a fallu 20 ans pour avoir le statut cadre". Pour les plus réfractaires aux études, le salarié conseille d'autres types de formation comme l'alternance, les stages…

Raymond, "jeune retraité", voit l'intérêt de la formation continue avec 40 ans de recul. "Je me suis adapté aux évolutions du monde agricole en lisant des revues spécialisées, en essayant tout le temps de progresser. Au début, je passais mon temps à étaler le fumier au champ. En fin de carrière, j'étais responsable d'exploitation. Le métier de salarié agricole est aussi noble que n'importe quel autre métier".

"Le dialogue est primordial"

Lors du forum, des chefs d'exploitation ont aussi donné leur vision de la relation employeur-salarié. Pour l'une d'entre eux, "le dialogue est primordial. L'employeur doit bien définir le poste et transmettre son savoir au salarié qui doit, de son côté, donner son avis", pense-t-elle, en ajoutant que la confiance doit s'instaurer.

Chez un autre, chacun des deux salariés de l'exploitation est responsable d'une partie de l'élevage de porc. Pour l'éleveur, le fait qu'un salarié soit issu ou non du monde agricole n'a aucune importance. "Ceux qui ne connaissent pas l'élevage sont quelquefois plus motivés pour apprendre".

Conscient de l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête, il se dit heureux d'avoir toujours trouvé des salariés jusqu'à présent. Il fait appel aux services de l'AEF et fait aussi marcher le bouche à oreille. "J'en parle autour de moi, aux coopératives, aux fournisseurs".

L'agriculteur rappelle l'évolution des conditions de travail qui a marqué la production porcine. "C'est un métier "propre". Sur mon élevage, les tâches les moins intéressantes comme le nettoyage sont partagées". Il précise aussi que ce métier est plus diversifié qu'un travail d'ouvrier en usine.

"C'est par ailleurs sympa de travailler dans une plus petite structure. Pour ceux qui ont des projets d'installation, le salariat permet de découvrir différentes méthodes". Sans compter que plusieurs années d'expérience permettent de mûrir son projet et d'avoir plus de poids face au banquier.

Agnès Cussonneau


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Novembre au 5 Décembre 2003
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