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A la Cuma du Golf située à Plourhan dans les Côtes d'Armor, la précision dans l'épandage des engrais organiques est source d'intérêt depuis une décennie. «Quand je suis arrivé dans la Cuma en 1994, beaucoup d'adhérents résonnaient le contenu de leur épandeur par rapport à la charge utile de la machine», se rappelle Pascal Hervy, chauffeur de la Cuma du Golf. Cela amenait souvent à des sous-dosages en fumier de bovin ou à des surdosages en fumier de volaille. «La quantité réellement épandue sur la parcelle était méconnue».
Pendant plusieurs années, le chauffeur a ponctuellement effectué des pesées d'épandeurs, «en allant à la coopérative ou sur une carrière». Des pesées à la vidange de bâtiments avaient aussi été opérées. Mais Pascal Hervy ne bénéficiait d'aucune information sur l'évolution de masse du fumier au champ.
Perte de masse de 23 %
Il décide donc de mener une expérience l'hiver dernier. «J'ai pesé le fumier chez un producteur en sortie de stabulation (43,7 tonnes sur 3 remorques) et je l'ai isolé au bout d'un champ». En contactant par la suite la FDCuma et les responsables du bassin versant, le chauffeur apprend que ces derniers mènent une opération de pesage d'épandeurs. Des pesées sont alors effectuées sur le fumier stocké (pendant 70 jours) et concluent à une perte de masse de 23%.
Les essais mettent aussi en exergue les difficultés liées à l'hétérogénéité du fumier. «Sur cinq pesées au total et même en essayant de remplir l'épandeur de manière homogène, nous avons quantifié une différence de 1,5 tonne entre les deux pesées extrêmes (avec un épandeur de 7,5 t de charge utile)».
De même, des comparaisons ont été faites auprès de deux producteurs travaillant selon les mêmes méthodes, sur du fumier vidé le même jour. «Après deux mois de stockage, les contenus d'épandeurs pesaient en moyenne 7,1 t pour un producteur et 7,8 t pour l'autre». Par ailleurs, chez le premier producteur, le même fumier pesait en moyenne 10,5 t au bout de 8 mois de stockage pour un volume identique dans l'épandeur.
Homogénéité dans le chargement de l'épandeur
Le chauffeur considère que l'homogénéité du produit dans l'épandeur est très importante. «Quand on vide un bâtiment, certaines zones sont plus pailleuses que d'autres. Au moment où je charge l'épandeur au champ, j'essaie de disposer les différents types de fumiers par couches». D'autre part, il répartit le fumier à la même hauteur sans dépasser le haut du hérisson. «Il ne faut pas que la sortie du fumier soit freinée».
L'an dernier, les adhérents de la Cuma ont investi dans un épandeur d'occasion à caisse étroite et hérissons verticaux. «Même si cet appareil est davantage adapté au fumier de bovins, j'essaie de l'utiliser au mieux en fonction du produit épandu. Je préfère qu'il n'y ait pas trop de vent lors de l'épandage. A la Cuma, nous nous étions renseignés pour éventuellement acquérir une hotte, mais c'était trop coûteux». Le chauffeur compte en moyenne 170 épandeurs par an.
Il ajoute : «plus denses, les fumiers mûris ou les composts s'épandent plus facilement. Certains membres de la Cuma ont opté pour le compostage». Aujourd'hui chez les adhérents, le fumier frais de fin mars - début avril n'est épandu que l'année d'après la vidange, sinon «la dégradation n'est pas suffisante». Une pratique qui permet aussi de réduire le temps des travaux d'épandage.
Des repères pour mieux répartir les engrais organiques
Riche de son expérience, Pascal Hervy s'est construit ses propres références pour l'épandage des déjections animales. "Je pratique une largeur de travail de 6 - 7 m pour un fumier de bovin mûr. Pour un fumier de poule, je prévois plutôt 4,5 m". Le chauffeur a aussi réalisé un petit tableau qui lui donne le nombre d'épandeurs par ha en fonction de la largeur de travail, de la position de la molette, et de la vitesse d'avancement.
Les tracteurs sont équipés de calculateurs de bord qui permettent au salarié de connaître la surface déjà épandue à chaque instant. "C'est un outil d'ajustement rapide, d'autant plus important que les fumiers sont riches en éléments fertilisants". Selon lui, l'appréciation visuelle est très importante dans la qualité d'épandage. Pour obtenir une bonne répartition longitudinale, le chauffeur fait varier le débit de l'épandeur et la vitesse du tracteur.
- La Cuma du golf compte 11 adhérents dans un rayon de 7 km autour de Plourhan (Côtes d'Armor) et gère les travaux d'épandage (fumier, compost, lisier) et de cultures (sauf récolte) avec notamment 3 tracteurs.
Agnès Cussonneau
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