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Bien répartir pendant la vidange de l'épandeur
 
La distribution du fumier sur une parcelle doit être la plus homogène possible avec des répartitions longitudinales et transversales constantes. Depuis 2000, des essais sur la répartition du fumier de volaille sont menés à la station d'agro-machinisme de Saint-Aubin-du-Cormier. D'autres expérimentations sur compost et fumier de bovins débutent en cette fin d'année.
Pour juger de la qualité de la répartition longitudinale, des mesures du débit tout au long du déchargement sont effectuées. «Ce débit doit être constant du début à la fin», précise Pierre Havard, responsable de la station des Cormiers.

Une réglette pour calculer la vitesse de fond mouvant

Avant de commencer à vider son épandeur, il est important de calculer la vitesse de fond mouvant à utiliser (pour un contenu de la machine connu). Une réglette mise au point par la station des Cormiers au printemps permet de connaître la longueur d'épandage d'une vidange en fonction de la dose à apporter et de la largeur entre passages.

En affichant ensuite la longueur utile de caisse et la vitesse d'avancement du tracteur, on obtient la vitesse de fond mouvant à appliquer. Ces réglettes, très intéressantes pour épandre correctement, pourraient être offertes par les constructeurs : «à chaque matériel correspondrait une réglette».

Une fois que la vitesse du fond mouvant est déterminée, une nouvelle incertitude apparaît : la mise au point souvent difficile de cette vitesse. Les molettes de réglage graduées ne permettent pas d'obtenir de bons résultats, même avec un étalonnage de l'appareil. «Plusieurs constructeurs ont toutefois travaillé sur ce point et proposent un indicateur digital de la vitesse du fond mouvant. Ça limite les incertitudes».

Un autre phénomène génère des aléas : les débits sont plus bas en début et fin de vidange. «Il faut que les hérissons s'amorcent et prennent en charge le fumier au début. A la fin, ils sont moins bien alimentés». La vitesse du tracteur pourra être diminuée ou celle du tapis augmentée à ces moments. Notons que la puissance de traction doit être suffisante pour ne pas fléchir dans les montées et les passages difficiles.

Un chargement plat ne dépassant pas la traverse du cadre

Des précautions peuvent être prises pour travailler un maximum de temps à débit constant. «Des vitesses de fond mouvant relativement lentes devront être préférées. Bien plat, le chargement de l'épandeur ne dépassera pas la traverse du cadre de hérissons, au risque de bloquer la matière à épandre. On croit gagner du temps et de l'argent en surchargeant, ce n'est en fait pas le cas».
Depuis quelques années, les achats s'orientent nettement en direction des épandeurs à caisse étroite qui peuvent être équipés de grandes roues. «Ils permettent de meilleurs débits de chantiers que les «caisses larges», qui se distinguent de leur côté par une meilleure répartition. Les «caisses étroites», plus hautes, favorisent les éboulements du fumier qui occasionnent plus de variabilité de débit».
Les constructeurs réfléchissent aussi sur l'accélération/décélération du fond mouvant en fonction du débit. La pesée en continu fait partie des champs d'investigation, mais présente un coût important. Un constructeur travaille sur une option moins onéreuse : la mesure de l'effort fourni par les hérissons démêleurs. Une autre solution, plus simple mais pas forcément moins chère, pourrait être généralisée : un panneau avant qui se déplace est proposé par les constructeurs d’épandeurs à turbine (montagne...).

Des difficultés subsistent pour la répartition transversale

Pour obtenir une répartition transversale homogène, il est essentiel de respecter une largeur de travail (distance entre deux passages) adaptée au système utilisé et au type de produit. La zone de recouvrement est à intégrer dans le calcul. «Actuellement, aucune documentation ne renseigne sur les largeurs optimales».

Généralement, les agriculteurs ou salariés fonctionnent en observant ce qu'ils épandent. Ils se créent peu à peu des repères. En fumier de bovins, travailler visuellement est plus facile. Par contre, avec des doses plus faibles ou des granulométries fines, c'est beaucoup plus délicat. L'agriculteur peut toutefois contrôler son épandage en plaçant transversalement des bacs qui sont ensuite pesés. Les masses doivent être similaires.

Agnès Cussonneau

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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Novembre 2003
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